29 septembre 2014

La fille qui ne croyait pas aux miracles

Couverture La fille qui ne croyait pas aux miraclesLa fille qui ne croyait pas aux miracles

Titre : La fille qui ne croyait pas aux miracles
Auteure : Wendy Wunder
Editions : Hachette (Black Moon)
Année de parution : 2012
Pages : 376 pages
Prix : 16 €

Résumé :

Cam ne croit pas aux miracles. Ni au paradis, ni en Dieu. Mais pas à la magie non plus. Elle sait qu'elle est malade. Condamnée. Fin du débat. Elle établit alors la liste des choses qu'elle veut faire avant de mourir :

- Perdre ma virginité pendant une fête de lycéens bien arrosée.
- Me faire briser le coeur par un sale type.
- Me morfondre misérablement, pleurer, bouder et dormir durant un samedi entier.
- Faire tomber une vache qui dort debout.
- Détruire les rêves de ma petite soeur.
- Commettre des vols à l'étalage minables.

Il paraît que le simple fait d'avoir écrit ces voeux les déclenchera. Seulement Cam n'est pas du genre à attendre que le destin se décide. Elle préfère le bousculer et se débrouiller toute seule pour les réaliser. En aura-t-elle le temps ?

Mon opinion personnelle :

Je remercie d'abord Matéïa Markov et les  éditions Hachette pour ce superbe envoi !

Dès que ce livre est sorti, j'avais eu hyper envie de le lire. Mais voilà, le temps passe et je n'avais jamais eu l'occasion de le faire. Lorsque je l'ai découvert sur le programme des parutions Le Livre de Poche, j'étais ravie. Je l'ai commencé avec appréhension et envie, et j'ai carrément adoré.

J'ai trouvé les personnages extraordinaires. L'héroïne, Cam, est une jeune fille incroyable. Elle a vécu et vit des choses horribles, et pourtant, parvient à conserver sa dignité. Bien qu'elle soit très défaitiste et peu joyeuse, elle dégage quelque chose de très fort, qui impose le respect. Son petit côté sarcastique m'a également beaucoup plu. Bien entendu, je suis tombée amoureuse d'Asher, comme avec tous les personnages de ce genre. Ce jeune garçon beau, adorable, si touchant et galant à la fois, n'a rien d'original, mais sait combler les coeurs. En ce qui concerne les autres personnages secondaires, tels que la mère, la soeur et la grand-mère de Cam, j'ai très bien accroché également. En effet, tous avaient des personnalités bien distinctes, et ce trio infernal apportait à ce roman une touche décalée. Juste un petit regret, ne pas avoir pu mieux découvrir Lily et le père de Cam. J'ai été un peu frustrée de seulement survoler leurs histoires respectives...

Le style de l'auteure était génial. Les sujets abordés sont loin d'être drôles, et pourtant, c'est fait avec beaucoup de finesse et d'humour. Même dans les passages les plus durs, elle parvient à raviver la flamme de l'espoir, ce que j'ai grandement apprécié. L'histoire passe toute seule, rapidement, sans qu'on s'en rende compte. Bref, l'auteure parvient à dire des choses compliquées avec des mots simples, et ça, c'est drôlement chouette.

Bien qu'elle soit vue et revue, l'intrigue est superbe. Le cancer n'est plus un sujet très original dans la littérature ado, néanmoins ici, ça fonctionne au top. On ne va pas se mentir, le récit ressemble très fortement au roman de Jenny Downham, Je veux vivre. Toutefois, pour ma part, j'ai préféré ce bouquin. Cette histoire est relativement difficile, car la protagoniste n'a plus foi en la vie, et n'espère plus rien. La voir redécouvrir le goût des petits bonheurs du quotidien a été très touchant. Ce livre montre crescendo, et plus l'été avance, plus les émotions ressenties sont fortes. Non, cet ouvrage n'est pas bourré de rebondissements, de surprises, de suspense. Et pourtant, ça ne l'empêche pas d'être terriblement attachant, et de faire passer un message qui vous prend aux tripes. On s'en doute, la romance est au rendez-vous dans ce livre. J'ai été agréablement surprise, je craignais de tomber dans le cucul bien mélo-dramatique et dégoulinant, mais pas du tout. On voit véritablement que l'auteure souhaite prioriser le réalisme dans son oeuvre. C'est un parti pris un peu dangereux, car on court le risque de tomber dans l'ennui, mais là, ce n'est pas le cas. Alors oui, je vous l'accorde, tout n'est pas crédible, et parfois, c'est quand même un peu oyéoyéoyéyéyéyé. (Je ne sais pas ce que ceci veut dire. Probablement rien.) Mais on oublie rapidement ces éléments face à l'authenticité du reste. J'ai réellement été captivée par cette lecture, que je ne pense pas oublier de si tôt. Je ne sais pas si je suis très claire, mais ce que j'ai préféré dans ce récit, c'est sa capacité à allier humour et émotion.

Je n'ai pas trop envie de vous parler de la fin. On la connait dès le début du bouquin. Mais ça ne l'empêche pas d'être divine. J'ai rarement lu des livres dont la fin semblait si naturelle. Je ne saurais pas trop comment expliquer, mais ici, rien n'était superficiel, ou trop ouvert, ou quoi que ce soit... Pour moi, c'était une véritable issue, et j'ai adoré. La boucle a été magnifiquement bien bouclée, et j'ai refermé ce roman très sereine, et ravie de ma lecture. Ca faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une chute aussi parfaite !

Enfin, pour le titre, hé bien, je pense qu'on peut difficile faire plus explicite. Ca représente totalement le roman, et c'est plutôt accrocheur. Quant à la couverture... Je la trouve juste divine. Les couleurs, les effets, la photo... Peut-être qu'elle est moins symbolique que le titre, mais mon Dieu qu'est-ce-qu'elle est belle.

Vous l'aurez compris, ce bouquin m'a énormément plu. On est passé pas loin du coup de coeur, vraiment. Je vous le recommande très vivement, car l'aisance qu'a l'auteure pour aborder des thèmes aussi délicats est impressionnante. Allier humour, amour, maladie et mort n'a jamais semblé aussi facile ! (Bon, peut-être avec The Fault in our Stars, mais c'est un autre débat.) En attendant, jetez-vous sur sa sortie en poche !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

  

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec le site Lecture-Academy et les éditions Hachette. Merci !

28 septembre 2014

La machine infernale

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Titre : La machine infernale
Auteur : Jean Cocteau
Editions : Le Livre de Poche
Année de parution : 1992
Pages : 135 pages
Prix : 4,10 €

Résumé :

Obéissant à l'oracle, Oedipe résout l'énigme du Sphinx, tue son père et épouse sa mère. La peste s'abat sur Thèbes qui a couronné un inceste et un parricide. Quand un berger dévoile la vérité, la machine infernale des dieux explose. Oedipe se crève les yeux et sa mère se pend. S'inspirant du théâtre de Sophocle, Cocteau redonne vie aux grandes figures grecques : Oedipe, Jocaste, Antigone et Créon. Il philosophe en virtuose. Non, l'homme n'est pas libre. Il naît aveugle et les dieux règlent sa destinée. Même le héros, celui qui sort du rang, doit se soumettre. Ce grand texte dit tout sur l'homme avec infiniment d'humour et de poésie.

Mon opinion personnelle :

Je connaissais le mythe d'Oedipe, mais pas ce livre. Je connaissais Cocteau, mais pas ce livre. J'ai donc lu cet ouvrage pour mon cours de Français niveau 1ère L, et j'ai plutôt bien apprécié.

Les personnages sont relativement intéressants. Au début, j'étais carrément larguée, je ne savais pas qui était qui, c'était le bordel total dans ma tête. Ca a eu tendance à m'agacer, mais rapidement, tout s'est mis en place. C'est du théâtre, donc l'accès aux sentiments des personnages est plutôt limité, mais j'ai quand même pu en voir les grandes lignes. Globalement, je les ai plutôt bien aimés. Je note tout de même surtout deux personnages : Oedipe, dont l'esprit torturé m'a vraiment frappée, et Jocaste, femme au caractère complexe et vicieux. Après, c'est toujours le problème de lire une pièce de théâtre sans la voir, ça corse un peu l'affaire pour s'attacher aux personnages... Mais ici, ça passait étonnamment plutôt bien.

J'ai vraiment bien accroché avec le style de Cocteau. Effectivement, il a très bien su relater le mythe d'Oedipe en le modernisant. J'ai beaucoup sa façon de manier les mots, de manière assez directe et légèrement sarcastique. Au début, j'étais plutôt perturbée par sa plume, mais assez rapidement, je me suis faite à son petit côté ambigu. C'est efficace, et plus accessible que l'original (A l'heure où j'écris ce post, je suis en train de lire la version de Sophocle, et vl'à la différence !) (Ouais, j'essaye de parler comme les ados.) (Oui, je sais que je suis une ado, pourquoi me dites-vous ça ? Vous êtes bizarre.) (Comment ça c'est moi qui suis bizarre ?!) Franchement, j'ai été agréablement surprise, je m'attendais à beaucoup moins lisse que ça. C'est vraiment un bon moyen d'approcher rapidement le mythe d'Oedipe sans se prendre la tête.

Pour l'intrigue, il est difficile de vraiment en parler, puisqu'elle reste tout de même extrêmement proche de celle de base. Je connaissais les grandes lignes du mythe, et j'ai apprécié d'en connaître les détails sans trop me prendre la tête. Je ne saurais vous dire s'il est réellement comme dans la version de Sophocle, puisque je ne l'ai pas terminée. Néanmoins, j'ai trouvé que cette réécriture valait vraiment le détour. En effet, la modernité du récit et ses quelques aspects fantastiques m'ont beaucoup plu. Il m'a semblé que dans cette pièce, les valeurs présentes sont développées de façon très juste et claire. Pour reprendre les mots de mon professeur de Français, Oedipe, c'est la chute de l'orgueil de l'Homme. Je trouve que cette phrase représente très bien la pièce, et en dit large sur sa portée. De plus, même si le lecteur connait l'histoire en son intégralité dès qu'il a fini de lire le prologue, les rebondissements sont présents et très intéressants. Effectivement, on participe plus ou moins à l'enquête autour du mystère d'Oedipe. La leçon de vie qu'on tire de cette histoire est plutôt bien dissimulée, mais néanmoins très vraie. Je n'ai pas grand chose à ajouter sur cet ouvrage, qui est plutôt court et en plus de ça, qui reprend un des mythes les plus connus. Juste que j'ai bien aimé ! (Ou tout l'art de parler pour ne rien dire.)

En ce qui concerne la chute, j'ai carrément adoré. Oui, j'ai un petit côté sadique, je sais. Mais franchement, j'ai trouvé que la façon dont la fin était narrée était fantastique. Le côté mélo-dramatique du truc (Je ne vous apprends rien hein, ça finit mal, comme tous les mythes quoi !) était très bien mis en avant grâce au style de Cocteau, sans que ça fasse too-much. Vraiment, c'était parfaitement dosé, et très ingénieux. J'étais ravie d'achever ma lecture sur une aussi bonne note, Même si cette issue est très ouverte, et qu'habituellement, je déteste ça, là, ça apportait véritablement un plus au récit.

Niveau objet-livre, j'avoue qu'avant d'en étudier le symbolisme en cours, je n'étais absolument pas emballée. Ni par le titre, que je trouvais trop vu et revu, ni par la couverture, qu'honnêtement, je n'aime toujours pas. Question de goût ! Mais après avoir étudié tous les détails et symboles que le titre et la couverture contenaient, j'avoue que c'est vraiment une belle réussite.

Voilà, vous avez à présent mon avis. Ca partait plutôt mal, mais au fur et à mesure, j'ai de plus en plus apprécié ma lecture. Cette remise au goût du jour est une très belle découverte, et rend le mythe plus accessible. Il faut se concentrer au début, mais après, ça va tout seul !
J'ai bien aimé !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

23 septembre 2014

Tant que nous sommes vivants

Tant que nous sommes vivants

Titre : Tant que nous sommes vivants
Auteure : Anne-Laure Bondoux
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Année de parution : 2014
Pages : 298 pages
Prix : 15 €

Résumé :

"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons.
Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir.
Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines."

Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour cet envoi !

Lorsque j'ai reçu ce livre, j'avoue, je n'étais absolument emballée. J'avais beau avoir eu un énorme coup de coeur pour un autre roman de l'auteure, Les Larmes de l'Assassin, celui-ci ne me tentait vraiment pas. Fort heureusement, j'avais tort. Vraiment tort.

Les personnages étaient juste incroyables. Tous, sans exception, avaient des personnalités très poussées, riches et originales, qui vous prenaient aux tripes. Le couple Hama/Bo était notamment totalement fascinant. Hama est une jeune fille au coeur d'or, touchante, que j'ai vraiment adorée. Son fort caractère et sa douceur étaient contradictoires, mais faisaient d'elle une protagoniste attachante. Bo était lui plus discret, mais pas moins intéressant. Ce grand ours déterminé et fort m'a touchée, on sentait en lui des sentiments profonds qu'il avait du mal à extérioriser. J'ai peut-être un peu moins eu le feeling avec le troisième personnage principal, dont je tairai le nom pour ménager le suspense. Peut-être que je l'ai senti moins sincère, je ne sais pas, toujours est-il est qu'il était trop différent.

Le style de l'auteure m'a, une fois de plus, totalement charmée. Elle parvient à imaginer un univers incroyable, fascinant et complexe, tout en étant claire dans ses intentions. Les sentiments et émotions sont tellement réels que ça en devient effrayant, la façon dont l'auteure met en évidence la vérité est tout simplement fantastique. Notre coeur bat si fort pendant cette lecture qu'on ne peut plus la lâcher, on vit juste l'aventure avec Bo et Hama, comme si nous étions l'un d'eux. Il n'y a aucune barrière entre les protagonistes et le lecteur, et c'est ce qui est éblouissant.

L'intrigue est relativement originale, mais fonctionne très bien. Nous suivons une sorte de road-trip, aussi bien physique que moral. Cette histoire est loin d'être banale, et allie avec brio amour, espoir, tristesse, peur, et bien d'autres choses encore. A vrai dire, comme je vous le disais, je ne sentais pas du tout cette lecture. Et pourtant dès les premières lignes, il y a eu un déclic, je me suis sentie bien dans l'histoire et j'ai immédiatement su que j'allais kiffer grave. Ma deuxième intuition a été la bonne : Ce roman est tellement prenant et surprenant qu'il défile sans que vous ne vous en rendiez compte, impossible de le lâcher. L'histoire se déroule sur un laps de temps très long (18 ans), mais n'en devient pas moins passionnante. Au contraire. Je n'ai rien à reprocher à ce bouquin hors du commun, qui sort de l'ordinaire. Il y a une telle justesse dans chaque mot, c'est une superbe ode à la vie, à l'amour. C'est un OVNI de la littérature jeunesse, et pourtant, il fait largement ses preuves. Le lecteur va de surprise en surprise, le récit ne s'essouffle jamais. Impossible de s'ennuyer, car ce livre est plein de petits détails qui complètent merveilleusement bien l'intrigue de base. Beaucoup de poésie se dégage de cet ouvrage, c'est magique, les mots nous ensorcellent. Petit à petit, l'histoire se développe, jusqu'à devenir un chef d'oeuvre des plus réussis. Suivre la quête d'Hama et Bo a été un moment de lecture divin. Pas seulement leur quête d'un nouvel habitat, non. C'est bien plus que cela. C'est une renaissance pour nos deux amoureux, la quête d'une nouvelle identité, plus puissante que jamais. Je suis sortie totalement changée de ce bouquin, et je peux vous garantir que vous ne serez pas prêt de l'oublier.

A l'image du reste, la fin est atypique. Sur le coup, je suis un peu restée sur ma faim, mais très rapidement, on comprend le choix de l'auteure. Ce n'est pas un roman joyeux, c'est un roman merveilleux. C'est toute la nuance de cette issue, qui colle parfaitement au roman. Certes, c'est déroutant et affligeant, mais en même tant, c'est clairement le début d'une nouvelle vie qui est marqué par cette chute. Le renouveau est là, la boucle est bouclée. Les forts symboles choisis par l'auteure sont vraiment notables, et renforcent encore plus la splendeur de ce bouquin inimitable. Il fallait oser, Anne-Laure Bondoux l'a fait, et elle a même fait mieux qu'oser : Elle a réussi.

Le titre est très symbolique, très vrai. Il représente vraiment bien le livre, et interpelle, comme tout le reste du texte. Quant à la couverture, avant la lecture, elle n'intéresse pas plus que cela, et, selon moi, rebute un peu. Néanmoins, après lecture, votre avis change totalement. Dorénavant, je la trouve superbe et très riche, et on reconnait assez facilement probablement l'un des plus gros symboles de l'histoire d'amour d'Hama et Bob.

Ma chronique s'achève, j'espère avoir réussi à vous convaincre de débuter ce roman. Dans deux jours, il sera en librairie, alors n'attendez pas plus longtemps. Ne vous fiez pas aux apparences, car il y a derrière tout ça une histoire originale, touchante et captivante. C'est une pépite de l'année 2014, sans aucun doute. Bravo !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Et...

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec Gallimard Jeunesse, merci à eux !