31 décembre 2014

Le cercle des femmes

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Titre : Le cercle des femmes
Auteure : Sophie Brocas
Editions : Julliard
Année de parution : 2014
Pages : 196 pages
Prix : 18,50 €

Résumé :

Réunies durant quelques jours à la campagne à l'occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans. Ces révélations risquent-elles de déclencher un cataclysme au sein de cette tribu très attachante ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Priceminister pour ce très bel envoi !

J'ai eu l'occasion de lire cet ouvrage dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2014 organisés par le site Priceminister. Après avoir finalement regretté mon choix l'année dernière (Une part de ciel, un pavé en plus...), je ne voulus plus me tromper. La couverture, le résumé et le petit nombre de pages de cet ouvrage ont fini par me séduire, et je me suis laissée tenter. J'ai bien fait, car j'ai tout simplement adoré.

Les quatre femmes que nous suivons sont très sympathiques. Bon, elles ne sont pas les personnages les plus attachantes de la littérature, ni les plus touchantes. Néanmoins, elles avaient un petit truc qui fait que. Lia, la plus jeune, et accessoirement la narratrice, est la personne dont le lecteur est le plus proche. Plutôt immature, son entêtement et sa ténacité faisaient d'elle une ado agréable à suivre. Sa mère a été pour moi un personnage plutôt lointain, qui semble plus servir de transition entre les générations. Discrète et un peu en retrait, je n'ai jamais vraiment réussi à la cerner. Sol, la grand-mère, est une femme fougueuse, débordante et franche, au caractère fort et bien trempé. Quant à Marie, l'amie d'Alice (La fameuse aïeule décédée), c'est une crème. Sage, réfléchie et douce, elle équilibre le tout en étant plus posée, et donc en calmant le jeu. Bref, elles ont beau être différentes, ces femmes, même si leurs personnalités manquent de profondeur, sont toutes unies dans une seule et même quête : Celle de la vérité.

J'ai bien apprécié l'écriture de l'auteure. Simple, en toute humilité, sans prise de tête : C'est ce qu'il faut pour un roman familial comme celui-ci. Les pages défilent rapidement, simplement. Le style est chaleureux, et accueillant, on passe un excellent moment de lecture. Il ne faut pas s'attendre à quelque chose de grandiose, mais plutôt à quelque chose de confortable, un secret qui hante et qu'on veut découvrir, ça demande juste de l'attention, pas de l'action. Ce bouquin est tout en douceur, mais tout en efficacité.

J'ai également beaucoup aimé l'intrigue. Même si elle n'est pas des plus originales, elle fait son petit effet. L'histoire débute dans la tristesse et le deuil. Ce petit côté dramatique m'a beaucoup plu. Petit à petit, on bascule dans les questions. Le passé d'Alice revient à la surface, et tout est chamboulé. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le roman n'est pas vraiment centré sur la découverte du secret, mais plus sur les résonances qu'il a eu dans les vies des quatre femmes. L'auteure balaie assez rapidement le passé, et se concentre sur le présent. Je ne m'y attendais pas vraiment, mais le livre se déroule sur plusieurs années, prouvant ainsi le chamboulement de toute une vie. Il y a, dans cet ouvrage, des passages un peu creux, mais qui sont vite pardonnés, au vue de ce qui se passe avant et après. Au fil des pages, une évolution se fait sentir : Les protagonistes changent beaucoup, et prennent des directions étonnantes. Aux trois-quarts du bouquin, se produit un virage plutôt surprenant : La vie de Lia devient le sujet principal du livre, toutefois toujours hantée par ce fameux secret. Tiens, en parlant du secret, il faut que je vous dise : Ne vous attendez pas à quelque chose de révolutionnaire. On reste globalement dans le traditionnel, et donc dans le probable. Franchement, ce n'est pas plus mal, ça permet d'apporter plus de réalisme au récit, et de se sentir plus concerné par les aventures de la famille Palin. Ce livre n'est pas fait de grandes surprises, il n'innove pas, et pourtant, il est très séduisant. Pourquoi ? Parce qu'il nous correspond très bien. Ici, le lecteur ne rêve pas, il vit. C'est différent, mais plaisant. Bien entendu, il y a des défauts. Par exemple, tout n'est pas spécialement très cohérent, ou encore, certains détails futiles se répètent un peu. Mais, très honnêtement, on s'en fout totalement. Parce que ce roman ne cherche pas à être parfait, irréprochable, superficiel. Il cherche juste à représenter la vie telle qu'elle est. C'est risqué, mais c'est réussi. Je tire mon chapeau, vraiment. Ce bouquin veut juste prouver que la vie n'est pas une fatalité, malgré ses imperfections et ses faux-semblants. Et il a raison.

La fin était tout à fait à la hauteur de mes attentes. Pleine d'amour et de vie, elle boucle la boucle à merveille. L'ouvrage semble réellement terminé, et le lecteur, satisfait, en sort avec le sentiment d'avoir accompli quelque chose de bien. Tout n'est pas clair, tout n'est pas sombre pour autant. Mais la vie n'est-elle pas un jeu d'ombres et de lumières ? L'issue narrée s'accorde parfaitement avec tout le reste de l'ouvrage, emplie d'espoir. Une jolie réflexion achève en beauté ce livre qui sonne comme une douce mélodie, me confortant dans l'idée que ce roman m'a apporté quelque chose en plus. Et qu'il vaut la peine d'être lu, rien que pour se remettre à croire. Notre destin nous appartient, la fatalité n'existe pas : Voilà ce qu'il faut en retenir.

L'objet-livre est selon moi sublime. La couverture me plaît énormément : Vintage, conviviale, en harmonie avec ce qu'elle renferme. J'aime ses couleurs, et les émotions qu'elle illustre. Le titre est lui aussi très symbolique, désignant la "malédiction des femmes Palin" par le mot cercle, et rappelant l'importance de la féminité au coeur de cette histoire. J'adhère donc totalement.

Ce roman a donc été une petite douceur qu'on veut déguster, mais qu'on finit par dévorer. Le livre d'une femme, sur les femmes, pour les femmes. (J'ai l'impression de vous réciter ma leçon sur la littérature gothique là. M'enfin.) J'ai été séduite par la simplicité de ses mots, par la vérité qu'ils crachent, par l'intelligence qu'ils reflètent. Un bouquin à prendre tel qu'il est, sans chercher plus loin. Il vous apprendra à vous moquer de la vie. A lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Image sans légende

Livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 204 organisés par Priceminister. Merci à eux !

30 décembre 2014

Outlander Tome 1 : Le chardon et le tartan

Couverture Le chardon et le tartan, tome 1Outlander Tome 1 : Le chardon et le tartan

Titre de la série : Outlander
Titre du tome : 1. Le chardon et le tartan
Auteure : Diana Galbaldon
Editions : J'ai lu
Année de parution : 2014 (Première édition en 1995)
Pages : 852 pages
Prix : 16 €

Résumé :

1945. Claire passe ses vacances en Ecosse, où elle s'efforce d'oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d'une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d'en découvrir la raison : en s'approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d'un champ de bataille. Le menhir l'a menée tout droit en l'an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions J'ai lu pour cet envoi !

J'ai eu l'occasion de lire cet ouvrage pour mon émission radio La Bookinade, sur Radio G!. A force de voir des chroniques élogieuses, cette série avait fini par beaucoup me tenter, et m'intriguer, même si les presque 900 pages me faisaient un peu hésiter. Je me suis finalement plongée dans ce premier tome, et j'ai bien fait, car ce fut un véritable coup de coeur.

J'ai adoré les personnages, littéralement. La narratrice, Claire, est une jeune femme étonnante, pleine de ressource et de détermination. Courageuse, elle est très impulsive, et n'abandonne jamais. J'ai apprécié sa bravoure, mais aussi son côté un peu naïf et insouciant. Son compagnon d'aventure, Jamie, est un jeune homme qui lui ressemble pas mal. Cependant, il est, lui, plus terre à terre, ce qui ne l'empêche pas pourtant d'accomplir des exploits extraordinaires. Très séduisant et impressionnant, il cache un grand coeur et beaucoup de douceur sous une apparence de guerrier sans crainte et sans pitié. Il y a également énormément de personnages secondaires : Franck, Dougal, Colum, Randall... J'aimerais vous parler de tout le monde, mais c'est impossible. Ils sont tous, bons comme méchants, terriblement attachants, et bien travaillés. Il se dégageait de chacun d'entre eux une forte personnalité, les rendant uniques et délicieux.

Dès les premières lignes, l'auteure nous met à l'aise dans son histoire. Ses idées sont démentes et parfaitement bien organisées. A l'image d'un chef d'orchestre, elle rythme ses péripéties de façon idéale, faisant défiler les presque 900 pages à toute vitesse. C'est clairement addictif, il se passe tellement de choses, on ne sait plus où donner de la tête... On voit de tout, de l'amour, de la violence, du fantastique, du suspense... C'est à couper le souffle. Malgré la complexité et la richesse du sujet et de l'intrigue, l'auteure ne se prend pas la tête. Elle appelle un chat un chat, et ne cherche pas à rendre son histoire superficielle. Elle reste au contraire dans l'authenticité pure, et ses mots en deviennent magiques. Par contre, petite précision : Mieux vaut avoir le coeur bien accroché. J'explicite ça un peu plus bas...

L'intrigue est bien entendu totalement à la hauteur du reste. On commence très fort, avec un soupçon de fantastique. J'avais un peu peur que cet élément prenne trop de place au coeur de l'histoire, mais fort heureusement, ce n'est pas le cas. On est rapidement mis au parfum : Ce bouquin n'est pas de tout repos. Les scènes de combats sont nombreuses, détaillées, mais vivantes. On se représente parfaitement ce qui est décrit, sans rien omettre. A côté de ça, on a, on s'en doute, une romance. Surprenante, un peu décalée, et surtout originalement amenée, je l'ai adorée. Je ne m'attendais pas à ce que l'auteure la mette ainsi en place, mais ça fonctionne super bien. Le fond historique est excellemment bien développé, et vaut le détour. Avec ces sauts dans le temps, on aurait pu se perdre, ou négliger l'Histoire, mais non. Ce premier tome ne se contente pas non plus de poser les bases : Il est déjà approfondi et mouvementé. Nos deux héros en voient de toutes les couleurs, et c'est la même chose pour le lecteur. Effectivement, on vit vraiment l'histoire à fond, on ne se lasse plus de l'épopée de Jamie et de Claire. Même si parfois, c'est saugrenu, c'est dément. Pourquoi ? Parce que c'est original. Ça sort de l'ordinaire. Et surtout, ça ose. Hé oui, il ne faut pas avoir froid aux yeux. Ce roman ose, plein d'audace et de surprises, retravailler des éléments "modernes", de manière à les rendre "anciens". Il aborde des sujets d'actualité, généralement sensibles, comme le viol, l'homosexualité, le mariage forcé, ou encore la violence faite aux femmes, sans jamais sortir du contexte historique donné. J'ai adoré ce principe, qui permettait de pimenter encore plus le récit. On peut être surpris l'aisance que les personnages et que l'auteur ont avec ces thèmes, mais ça fait partie du jeu. Les aventures sont nombreuses dans cette histoire, les protagonistes n'ont jamais une minute de répit. C'est un peu sadique de dire ça, mais c'est ce qui rend ce premier volet incroyable : Parce qu'il est comme un feu d'artifices, une explosion d'action, d'amour et de voyage.

La fin était totalement à la hauteur de mes attentes. On a quelques frayeurs, ça se bouscule sur la chute. J'admets que je ne savais plus trop à quoi m'attendre : Une issue douce, déchirante, un cliffhanger ? Tout me convenait, mais j'étais curieuse de voir ce qui se tramait. Finalement, je n'ai du tout été déçue, et une belle surprise nous attend à l'arrivée. J'ai fortement apprécié le fait que le roman s'arrête petit à petit. Certaines questions restent en suspens, mais pas trop : Il y a un juste milieu entre l'envie et la nécessité. Je ne sais pas si vous me suivez, mais en gros, le tome 2 se fait attendre, sans pour autant nous mettre au supplice. Ca, selon moi, c'est une bonne fin.

La couverture est en fait une image de la série-télé adaptée de la série papier. Elle représente donc bien l'histoire, même si elle n'est, d'après moi, pas spécialement incroyablement magnifiquement jolie. Par contre, pour les titres, je suis fan. Le titre de la série est très bien choisi, avec une belle portée. Même chose pour le titre du tome, plutôt implicite, mais qui s'associe à merveille avec l'Ecosse.

Ce premier tome a donc été un coup de foudre total pour moi, une révélation. Le cocktail aventure/historique/romance fonctionne à merveille, et nous emporte pour une épopée sublime. N'ayez pas peur de ce pavé, je vous garantie qu'après la lecture, vous trouverez que 900 pages, ce n'est pas assez ! Et pour les moins téméraires, pensez à la série télé, ça serait trop bête de passer à côté d'un tel génie... Pour ma part, je m'y mets au plus vite, et économise dès aujourd'hui pour le tome 2 !
Coup de coeur !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

       

Livre reçu des éditions J'ai lu pour l'émission La Bookinade. Merci à eux !

25 décembre 2014

Tout ça pour quoi

Couverture Tout ça pour quoiTout ça pour quoi

Titre : Tout ça pour quoi
Auteure : Lionel Shriver
Editions : J'ai lu
Année de parution : 2014
Pages : 570 pages
Prix : 8,40 €

Résumé :

New York, 2005. Sa société de services vende, Shep peut enfin profiter du petit pactole qu'il a touché pour réaliser son rêve : Partir vivre avec sa famille sur une île au large de Zanzibar. C'est alors qu'il apprend que sa femme, Glynis, est atteinte d'une maladie rare qui nécessite des soins coûteux. A mesure que fondent les économies s'efface le rêve. Loin du paradis tant espéré, Shep affronte le cynisme, les plaintes, la tristesse, les silences. Shep supporte tout, jusqu'au jour où...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions J'ai lu pour cet envoi !

J'ai eu l'occasion de recevoir et de lire cet ouvrage dans le cadre de mon émission radio La Bookinade. Je l'ai en fait choisi en voyant que l'auteure était celle (Oui, c'est une femme, Lionel est un pseudonyme) d'un roman qui me tente énormément, Il faut qu'on parle de Kévin. J'espérais être séduite par cet autre ouvrage, et je l'ai heureusement été...

Les personnages sont très surprenants et très attachants. Shep est un homme plein d'ambition, pour qui tout semble aller bien, et qui, pourtant, ne semble pas heureux. Ce genre de personnages m'intrigue toujours, un peu mystérieux, en décalé avec le monde. Sa femme, Glynis, a un très fort caractère, et n'a peur de rien. Déterminé et audacieuse, elle cache tout de même, elle aussi, quelque chose d'anormal. Leur couple d'amis est lui aussi plutôt atypique. Jackson.. Ah mon Dieu, comment rester sérieuse cinq minutes à propos de ce personnage, quand on sait ce qui lui arrive ? Cet homme est étrange, mais très touchant. Pas forcément très à l'aise, blessé par la vie, il attire facilement la pitié du lecteur. A l'inverse, sa femme, Carol, est bien plus froide, et antipathique. L'auteur cherche bien à la rendre la moins agréable possible, sans pour autant tomber dans la caricature de grosse méssante. Les enfants de ces couples sont un peu plus fades, moins mis en avant, et surtout moins travaillés, à l'exception d'une : Flicka. Cette jeune fille, qui n'a pourtant pas la vie très simple, est stupéfiante : Un excellent sens de la répartie, et une maturité déconcertante font d'elle une ado pas comme les autres, haute en couleurs. Bref, même si tout ce petit monde change de ce qu'on a l'habitude de voir, il n'en reste pas moins en rade.

L'auteure a un style qui se laisse lire, mais qui demande du temps. En effet, au début, c'est plutôt lent et fastidieux, très pince-sans-rire et pas forcément bourré d'action. Puis, petit à petit, on s'y fait, on s'y plaît. On perçoit l'histoire d'un autre œil, et les idées nous semblent différentes, plus pertinentes. Ce n'est pas un roman dans lequel on se plonge pour se détendre, mais plus pour réfléchir et en apprendre sur la vie. Il s'agit d'un livre qui est loin d'être facile, mais que, d'une façon un peu sarcastique, l'auteure parvient à rendre drôle et douce-amer.

J'ai trouvé l'intrigue intéressante et originale. Certes, la maladie, la désillusion, la douleur : Tout ceci a été vu et revu. Mais là, c'est différent. Cet ouvrage comporte les extrêmes : Le rêve, le paradis, et le cauchemar, l'enfer. L'opposition entre les deux est très nettement présente dès le début, s'efface un peu par la suite, puis fini par revenir. Ce bouquin, c'est comme une vague d'eau salée, ça s'en va et ça revient (C'est fait de tout petits riens... Bon OK j'arrête.) mais ça surprend toujours. Les thèmes abordés sont touchants et difficiles, néanmoins, on ne tombe jamais dans le mélo-dramatique bien lourd, au contraire. L'humour est toujours très présent tout au long de la lecture, rendant les choses moins pesantes. Chaque personnage a son petit quota d'aventures, de péripéties, qui finissent par se croiser entre elles pour former un récit parfaitement structuré. Certaines idées sont relativement osées, j'en ai appris de belles, parfois je n'en revenais pas ! Dans ce livre, rien n'est laissé au hasard, il y a une véritable réflexion derrière chaque élément de l'histoire. D'ailleurs, tout amène à réfléchir, à découvrir une magnifique leçon de vie et d'espoir. Ce bouquin nous apprend à croire, à vivre. Bon, après, il ne faut pas non plus s'attendre à un feu d'artifice de rebondissements, de revirements de situation. La maladie, le cancer, c'est quelque chose de long, de pénible et de morose. Forcément, l'auteure cherche à refléter cet aspect dans son ouvrage, le réalisme étant de mise. Toutefois, ce n'est jamais ennuyant ou redondant, car tout dans ce bouquin ne tourne pas non plus autour du calvaire de Glynis. J'avoue qu'à un certain moment, je commençais à saturer et à me demander quand on allait pouvoir passer à autre chose. Et pile à ce moment-là, il s'est produit un truc incroyable, auquel on ne s'attend pas. Ca relance totalement le récit, et c'est reparti. Ceci montre bien le boulot qu'il y a eu, et permet également de préciser que ce bouquin n'est pas qu'un apitoiement, qu'un long fleuve parsemé de lamentations. Il y a plus, derrière tout ça. Et c'est ça, qui est magique. Et touchant.

De toute évidence, la fin n'est pas un happy end, c'est facile à deviner. Cependant, on pourrait s'attendre à ne pas être surpris, à deviner d'avance la fin. Certes, on l'appréhende, mais il est impossible de se douter de ce qu'il advient réellement. En effet, l'auteure a écrit sa chute d'une façon relativement différente du reste de l'ouvrage. En fait, elle se cale parfaitement sur le cancer : Une grosse partie qui se déroule de façon monotone, et tout qui finit par s’accélérer. Les détails sont mis de côté, on se concentre sur l'essentiel, on comprend ce qui est important dans la vie. Les diverses fioritures s'oublient vite face à la dure réalité des choses. C'est triste, mais c'est beau. Les choix effectués sont très pertinents et coordonnés, à la fois entre eux, mais aussi vis-à-vis du reste du roman. C'est donc un final tout en douceur, mais tout en efficacité. Après avoir fermé le bouquin, j'ai eu le sentiment d'être "en paix", d'avoir bouclé la boucle.

Même si, visuellement parlant, je ne suis pas dingue de la couverture, je la trouve très appréciable, dans le sens où elle est tout à fait symbolique. Il n'y avait pas meilleure façon d'allier île et maladie. De plus, il y a un remarquable travail artistique : L'île en plastique, qui représente l'abstrait de l'idée, le faux, et les médicaments, eux, véritables. Le titre est intéressant, en harmonie avec l'histoire, plutôt attrayante et intrigant. Le travail éditorial est donc largement à la hauteur du reste.

Ce roman est donc une très belle découverte que je vous recommande très vivement. Ce livre est très pertinent, et incite à la remise en question, il donne une autre vision de la vie. On y apprend beaucoup, on s'attache énormément à tout l'univers mis en place. Il faut un peu s'accrocher au début, mais ça vaut le coup, vraiment. A lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

   

Livre reçu des éditions J'ai lu pour l'émission La Bookinade. Merci à eux !

24 décembre 2014

Concours de fin d'année !

Hello population lectrice,

Pour la fin de l'année et les 300 J'aime de la page Facebook, je vous organise un petit concours de pas grand chose du tout. Je me réserve pour les 3 ans du blog, soyez patients...

Bref, j'ai quand même pour vous :


Une AFFICHE HUNGER GAMES 3 PARTIE 1
(Petit format, visuel contractuel)

Pour participer, il vous suffit de :

- Commenter cet article en stipulant le pseudo avec lequel vous avez...
- Liké la page Facebook du blog (Si vous n'avez pas Facebook, précisez le dans votre commentaire, je m'arrangerai, c'est Noël, pas question de priver ceux qui ne sont pas sur Facebook ! A la place, laissez-moi votre adresse mail, que je garderai pour moi.)

Concours ouvert jusqu'au 31 Décembre 2014, minuit
Gagnant tiré au sort.
Je contacterai le gagnant par message, qui aura 72h pour se manifester. Après, je tirerai un autre gagnant.
En cas de perte du lot par la Poste, je me dégage de toute responsabilité.
Le concours est également disponible sur Facebook, avec des modalités très légèrement différentes, mais le lot est unique. De ce fait, une seule participation est autorisée.
En cas de questions, je vous invite à me contacter par Facebook ou via mamalleauxlivres@gmail.com

Puisse le sort vous être favorable !

Love, books and hapiness,

Mathilde ♥

18 décembre 2014

Je m'appelle Lumikki Tome 1 : Rouge comme le sang

Couverture Je m'appelle Lumikki, tome 1 : Rouge comme le sangJe m'appelle Lumikki Tome 1 : Rouge comme le sang

Titre de la série : Je m'appelle Lumikki
Titre du tome : 1. Rouge comme le sang
Auteure : Salla Simukka
Editions : Hachette
Pages : 278 pages
Prix : 15 €

Résumé :

Par un matin glacial, dans un lycée d'arts appliqués où elle s'est inscrite pour échapper à une vie rangées sous la coupe de ses parents, Lumikki découvre des dizaines de billets de 500 euros.
Une odeur la perturbe. Une odeur de vieux sang.
Lumikki ne veut pas d'ennuis. Elle ne touche pas aux billets, oublie l'odeur. Mais l'affaire la rattrape. Entre flics corrompus et barons de la drogues, Lumikki va devoir remonter la piste...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Matéïa et les éditions Hachette pour ce superbe envoi !

Ce livre m’a de suite intriguée. Je ne sais pas vraiment pourquoi, un mélange entre le résumé, le titre, le prénom de l’héroïne, la couverture…  Je me suis donc plongée dans cette lecture plutôt confiante, et j’ai bien fait, car il s’agit d’une très belle découverte.

Les personnages sont très attachants, surprenants et variés. L’héroïne, Lumikki, est une jeune fille mystérieuse, et atypique. Très réservée et masculine, son côté un peu rebelle sauvage est séduisant, et touchant. Son amie Elisa est totalement opposée, un peu stéréotypée. Naïve et jolie, fille à Papa et financièrement aisée, elle est parfois un peu plus agaçante, mais sa candeur la rend plaisante et amusante. J’ai eu un peu plus de mal avec les deux garçons, pas très futés, et en plus de ça, pas spécialement très agréables. On les sent moins travaillés que les filles, ils paraissent plus artificiels. Quant aux « méchants » de l’histoire, on s’y perd un peu avec les prénoms aux consonances de l’Est, ce qui empêche un attachement concret. Toutefois, je suis persuadée qu’ils cachent tous des secrets et personnalités qui pourront, par la suite, se révéler étonnants…

Le style est bon, captivant et saisissant. On se laisse très facilement emporter par les mots sans prétention et authentiques de l’auteure. L’atmosphère créée est assez lourde et étouffante, en harmonie avec l’intrigue. C’est ce qui fait le charme de cette lecture, de ce thriller si bien mené. Dès les premières lignes, le lecteur se trouve embarqué dans une aventure palpitante, et ne peut plus lâcher l’ouvrage.

Bon, clairement, l’intrigue n’a rien de particulier, et est assez classique. L’héroïne et ses  « acolytes » se retrouvent, contre leur gré, empêtrés dans une situation des plus dangereuses et délicates. J’avoue qu’au début, même si j’appréciais beaucoup ma lecture, je ne voyais pas spécialement quelle direction le livre allait prendre. La chronologie du texte est un peu floue, et contribue à brouiller les esprits. Car j’ai vraiment l’impression qu’il s’agissait ici du souhait de l’auteure : Mélanger l’esprit du lecteur pour lui donner envie de comprendre. Celui-ci se retrouve donc à son tour lancé dans un périple des plus surprenants, et a véritablement l’impression de vivre lui aussi la même aventure que Lumikki. S’enclenche ainsi un engrenage infernal… Les péripéties sont nombreuses et diversifiées, donnant ainsi au roman un très bon rythme entraînant. Le suspense se fait de plus en plus pesant au fil de l’histoire, le lecteur retient son souffle entre deux interrogations.  Néanmoins, les questions sont à mon goût un peu trop conséquentes pour un premier tome : Beaucoup de pistes s’ouvrent, mais très peu d’entre elles débouchent sur quelque chose de concret. C’est un peu frustrant, car dans un thriller, on s’attend à avoir, au bout d’un certain temps, des explications détaillées, même si elles sont parfois saugrenues. Là, c’était pour moi un peu vide. Cependant, l’univers un peu mafieux imaginé par l’auteur est si complet et prenant qu’on en oublie un peu ce cruel manque d’informations. On finit par se dire que cet excellent premier tome pose les bases, et que les réponses finiront bien par venir.  J’ai également adoré l’aspect un peu macabre qui se dégageait de temps à autre du récit, accentuant encore un peu plus l’addiction qu’engendre ce bouquin. J’ai vraiment hâte d’en voir plus, car je me suis beaucoup plu au travers des mots de l’auteure, et attends mes réponses avec grande impatience !

La chute est surprenante. Je ne m'attendais pas à un revirement de situation de ce type, et surtout, je ne m'attendais pas à pouvoir me poser encore plus de questions. Certaines choses sont déstabilisantes, et annoncent d'ores et déjà une suite trépidante. De toute évidence, tout est relativement sombre, mais rondement mené : J'avais peur de tomber dans le brouillon total, mais ce n'est heureusement pas le cas. Au contraire, tout coordonne. Même si, selon moi, l'enquête est loin d'être totalement close, la conclusion à ce premier tome est très intéressante, et prometteuse. Reste à voir si la suite sera à la hauteur ! Car pour le moment, même si le début est très bon, il reste incomplet... 

L'objet-livre est lui aussi une réussite. Le titre de la série est plutôt simple, mais symbolique. De même pour le titre du tome, qui représente parfaitement l'ouvrage. Quant à la couverture, je la trouve superbe, les couleurs s'accordent à merveille avec le récit. Mystérieuse et sanglante, c'est ce qu'il fallait.

Il s'agit donc ici d'une très agréable lecture, que je vous recommande vivement. Certes, ce premier épisode sert surtout à poser les bases et nécessite des explications, mais il détient un potentiel grandement exploitable. Vous serez sans hésitation charmé par l'intrigue et les personnages, sans oublier le style. A lire, surtout en cette période hivernale !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

   

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec le site Lecture Academy et les éditions Hachette. Merci !

17 décembre 2014

L'Ile des esclaves

Couverture L'île des esclavesL’Île des esclaves

Titre : L’Île des esclaves
Auteur : Marivaux
Editions : Hachette (Bibliolycée)
Année de parution : 2003
Pages : 113 pages
Prix : 3,50 €

Résumé :

Échoués à la suite d'un naufrage sur une île gouvernée par des esclaves fugitifs, une coquette et un petit-maître perdent la liberté tandis que leurs esclaves désormais affranchis deviennent maîtres -et leur font subir diverses épreuves : "Nous vous jetons dans l'esclavage pour vous rendre sensibles aux maux qu'on y éprouve ; nous vous humilions, afin que, nous trouvant superbes, vous vous reprochiez de l'avoir été."

Mon opinion personnelle :

Cette lecture est en fait pour les cours (Français, 1ère L, Objet d'étude : Théâtre et représentation) et est une pièce de théâtre. Pas bien longue, elle ne me tentait à la base pas plus que cela, mais je l'ai finalement bien appréciée.

Les personnages étaient plus sympatoches. Bon, ce sont des personnages de théâtre, et à la lecture, ils semblent toujours fades et peu naturels. Il faut donc se les imaginer joués et vivants. J'ai personnellement adoré Arlequin, sa spontanéité et son grand coeur. C'est un personnage haut en couleurs (Sans mauvais jeu de mots, je vous assure !) qui dévoile mille et une facettes de sa personnalité. J'ai moins accroché avec l'autre esclave, Cléanthis, un peu trop imbue de sa personne et capricieuse. Trivelin a été un autre personnage que j'ai adoré, pour son côté un peu autoritaire et bienveillant. Quant aux deux maîtres, Iphicrate et Euphrosine, ils sont tous deux à la fois détestables et étonnants. Malgré leurs nombreux vices, ils restent charismatiques et presque drôles.

Le style du dramaturge est plutôt agréable, mais ne m'a pas transportée plus que ça. Cette pièce est une comédie, mais ce n'est pas le rire qui m'a le plus convaincu dans ces lignes. J'ai largement préféré la visée didactique apportée par la pièce, selon moi mieux mise en valeur. Les idées sont bonnes, efficaces. Le fait de n'avoir qu'un acte est également un bon point, qui permet de se concentrer sur l'essentiel, et de donner à l'intrigue une dimension plus saisissante.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Initialement, le sujet traité ne m'attirait plus : J'avais passé une bonne partie de ma précédente année scolaire penchée sur Trois contes philosophiques, et l'esclavage, je commençais à saturer, et avais l'impression de ne rien pouvoir découvrir de nouveau à ce propos. Que nenni ! Marivaux parvient à innover avec un thème vu et revu. Ici, les maîtres se retrouvent soumis à leurs serviteurs, au beau milieu d'une île... Cette utopie est plutôt osée, mais très bien pensée. Elle permet de voir d'un autre point de vue ce qu'on pense connaître par coeur... Il s'agit en effet d'une idée toute simple, mais criante de vérité. On imagine assez facilement le conséquent nombre de possibilités qu'offre cette variante. Le message passe ainsi plus aisément : Le spectateur/lecteur se retrouve face à la situation. De plus, cette pièce est tout à fait universelle, et peut résonner dans toutes les époques, dans toutes les sociétés. Elle touche ainsi un public très large. L'histoire connait de nombreux rebondissements, et une évolution constante est notable, donnant ainsi un rythme relativement bon, mouvementé. Les surprises ne sont pas énormes, tout est prévisible, cependant la pièce n'en devient pas pour autant ennuyante. On passe un très bon moment de détente, qui provoque, implicitement, une remise en question. Carton plein pour cette courte pièce aux couleurs exotiques...

La chute est, comme je l'ai déjà dit, assez prévisible. Ca ne change rien au fait qu'elle est bonne, et assez "partagée". En effet, l'issue n'est ni blanche, ni noire : On voit un peu de tout. Sans surprise, la pièce se termine bien, mais non sans quelques petites "péripéties". Je l'avoue, ce n'est pas ma partie préférée du texte, mais c'est réussi tout de même. A vrai dire, je m'attendais à être un peu plus étonnée, à un final en grande pompe. Une révélation ou modification explosive aurait pu être une façon un peu sarcastique d'achever la pièce... Et de faire encore plus méditer le spectateur/lecteur.

Je suis absolument fan de la couverture. Sans chercher bien loin, elle est jolie et colorée. Mais elle est également très symbolique, et parfaitement annonciatrice de ce qu'il va être découvert. Toutefois, je ne suis pas particulièrement emballée par le titre, car même après l'avoir analysé en cours, je ne suis pas spécialement épatée par la symbolique. Enfin.

En résumé, il s'agit donc pour moi d'une belle découverte, à laquelle je ne m'attendais pas. A lire, cette pièce est sympathique et attrayante. A jouer, je suis persuadée qu'elle l'est également, et qu'elle est, grâce au jeu des acteurs, bien plus drôle qu'à la lecture. Elle me botterait d'ailleurs pas mal ! Bref, c'est donc un texte que je vous conseille vivement, que ce soit pour étudier une pièce pas trop longue, ou pour découvrir l'esclavage d'une autre façon...
J'ai bien aimé !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

14 décembre 2014

"Merci d'avoir survécu"

Couverture "Merci d'avoir survécu""Merci d'avoir survécu"

Titre : "Merci d'avoir survécu"
Auteur : Henri Borlant
Editions : Points
Année de parution : 2011
Pages : 186 pages
Prix : 6,30 €

Résumé :

"Merci d'avoir survécu". C'est le petit mot qu'adresse un élève de 15 ans à Henri Borlant, à la suite du récit de sa déportation devant une classe de collège. Seul survivant des 6000 enfants juifs de France de moins de 16 ans déportés à Auschwitz en 1942, Henri Borlant témoigne de l'horreur des camps. Et aussi du courage de ses compagnons, ceux qui ont réussi à préserver leur humanité par-delà la barbarie.

Mon opinion personnelle :

Mon professeur d'Histoire/Géographie nous a fait acheter et lire cet ouvrage dans le cadre de notre cours sur la Seconde Guerre Mondiale, en partie car Henri Borlant est un réfugié de notre département. Vous vous en doutez, j'étais ravie d'avoir un bouquin à lire en plus, surtout dans une matière autre que le Français. Surtout que je l'ai adoré. Bon, comme à mon habitude avec les témoignages, cette chronique sera différente du schéma habituel : On ne peut pas juger de la même façon fiction et réalité.

Nous suivons donc l'auteur, Henri Borlant, à travers sa terrible adolescence au coeur de la déportation. Il s'agit d'un témoignage, il n'y a donc pas une once de fiction dans ce livre. J'ai à peu près l'âge qu'avait Henri à son arrestation, puis pendant ses années en camps, ce qui m'a permis de me sentir encore plus concernée par son histoire. On apprend à découvrir les pires horreurs qu'il soit à travers le regard d'un jeune homme, conscient de l'atrocité de ce qu'il vivait, ce qui rendait les choses encore plus frappantes. Bien entendu, le lecteur suit également les proches d'Henri : Ses grands-parents, ses parents, ses frères et sœurs, ses amis... Je me suis particulièrement prise d'affection pour sa tante, Fanny, résistante à la forte personnalité, qui a vécu des choses bien différentes, mais terribles aussi. En fait, le pire dans cette lecture est de se mettre dans le crâne que toutes ses personnes ont été/sont réelles.

Le style était vraiment très bon. Parfois, dans les témoignages, l'écriture est brinquebalante, pas forcément très claire ou stylisée. Pourtant, ici, c'est le cas. Henri Borlant nous confie son passé avec ses tripes, tout en y apportant des effets de style. On sent que son récit a été raconté bon nombre de fois, les mots sont choisis de façon très pertinente. L'auteur appelle un chat un chat, et tente de faire passer dans ses lignes toute la souffrance qu'il a pu endurer. Le texte défile tout seul, impossible de décrocher. Henri Borlant ne cherche pas à susciter la pitié, mais seulement à témoigner de la vérité. Il reste simple et humble dans ce qu'il narre, et c'est tout à son honneur, vraiment. Car, on peut le dire, avec ce qu'il a vécu, cet homme est clairement un héros.

Bien entendu, hors de question ici de parler d'intrigue ou d'idées. Le parcours d'Henri et de ses proches est loin d'être facile et gai, et pourtant, il est fondamental d'en parler, pour ne pas oublier. Vous commencez à me connaître, j'aime la franchise, la vérité, et lire ce témoignage a été une excellente occasion d'en apprendre davantage sur la déportation, sur l'injustice. Rappelez-vous, l'année dernière, de ma chronique de Si c'est un homme. J'avais été très directe, mais je vous rassure, j'avais bien compris que l'effet de style choisi, la froideur, était symbole de la déshumanisation causée par les camps. Sauf que, de mon point de vue, les récits de ce genre doivent être accessibles à tous, et toucher les générations pour marquer et ainsi ne pas être oubliés. Si l'on ferme le passé à toutes les personnes qui n'auront pas envie de s'amuser à chercher les effets de style, comment allons-nous nous souvenir ? C'est pour cela que j'ai largement "préféré" ce témoignage, pour la simplicité et l'accessibilité. Bref, je ferme la parenthèse. La portée historique de ce livre est évidemment très forte, et apporte de nombreuses connaissances. J'ai juste parfois été un peu perdue vis-à-vis de la chronologie, de par quelques allers et retours dans les années, mais rien de bien gênant. Certains passages m'ont véritablement marquée, parfois même pour de simples anecdotes. Je pense par exemple au message d'Henri envoyé à sa mère grâce à un cheminot... L'auteur veille à détailler les points importants de son ouvrage, de manière à briller encore plus par son réalisme. Le livre est agrémenté de photos, de documents officiels, qui permettent de renforcer encore plus les émotions de ce texte. Celui-ci s'achève petit à petit avec de l'espoir, du renouveau, insistant ainsi sur l'importance de "l'après" pour les déportés. Je n'ajouterais rien de plus sur ce bouquin, parce qu'il est déjà difficile et délicat de chroniquer la vie d'un homme ayant tant souffert injustement.

J'avoue qu'au début, je n'ai pas saisi le sens du titre. Et puis, quand j'ai su qu'il s'agissait d'une citation d'un adolescent à propos d'Henri, je l'ai trouvé fantastique. Symbolique et touchant, c'est donc un excellent choix. De même pour la couverture, qui est une photo de la collection personnelle de l'auteur, et qui s'accorde donc parfaitement avec ce qu'elle renferme.

Voilà donc une très belle lecture qui saura vous instruire et vous prendre aux tripes, que je vous recommande très vivement. Pas bien long, ce petit ouvrage est bourré de réalisme et d'émotions, vous ne le regretterez pas, promis. Malgré la difficulté du sujet traité et la délicatesse qu'il requiert, Henri Borlant fait les choses très bien et nous dévoile, sans pudeur, un peu de son passage aux Enfers. N'oublions jamais.
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

10 décembre 2014

King's Game Extreme

Couverture King's Game (roman), tome 2 : King's Game ExtremeKing's Game Extreme

Titre : King's Game Extreme
Auteur : Nobuaki Kanazawa
Editions : Lumen
Année de parution : 2014
Pages : 377 pages
Prix : 15 €

Résumé :

Sept mois ont passé depuis le King’s Game qui a décimé la classe de seconde de Nobuaki. Le jeune homme a déménagé, rejoint un lycée différent et s’est rapidement fait de nouveaux amis. Pourtant, chaque soir, à l’approche de minuit, il fixe avec angoisse son téléphone, redoutant l’arrivée d’un SMS du roi. L’être maléfique qui a provoqué la mort atroce de ses anciens camarades semble cependant s’être évanoui dans la nature. Nobuaki finit par croire que le cauchemar est définitivement derrière lui…
Mais un soir de juin, la spirale infernale reprend. Cette fois, l’horreur monte d’un cran : les défis et les sanctions, tous plus terribles les uns que les autres, se succèdent avec frénésie. Tous les camarades de classe de Nobuaki sont terrorisés, perdus, abasourdis face à la tragédie… sauf une. Que sait-elle du jeu du roi ? A-t-elle un lien avec l’expéditeur de ces terrifiants messages ? Si Nobuaki veut sauver ses amis et mettre un terme au jeu, il va lui falloir le découvrir, et vite !

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Emily et les éditions Lumen pour cet envoi décoiffant !

J'ai lu le premier tome de King's Game il y a quelques mois, et suis immédiatement tombée amoureuse de cette série. (Ou de ce dyptique, en fait, je ne sais pas combien il y aura de tomes... Si quelqu'un sait ?) Il me tardait donc de découvrir la suite des aventures de Nobuaki... Le moindre qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçue.

Bon, il se trouve que le hasard me fait commencer cet article par le seul point négatif que j'ai pu relever à cette lecture : Les personnages. Effectivement, on retrouve le fameux Nobuaki, qui a bien changé, qui est devenu bien plus ours, bien plus mûr. Je me suis toujours autant plu avec lui, avec sa générosité et son courage, sa détermination et sa finesse. C'est vraiment un personnage masculin que j'adore. Malheureusement, à ses côtés, une équipe un peu plus fade que la précédente. Les ados étaient toujours agréables, mais je les ai trouvés moins attachants et travaillés que ceux d'avant. Il y a tout de même quelques têtes d'affiche qu'il faut citer, comme Natsuko, jeune fille lunatique et impossible à cerner, ou Kenta, ado au coeur d'or et à la vaillance sans borne. Mais globalement, j'ai été un peu moins touchée par cette classe...

Le style est toujours le même, et heureusement d'ailleurs. Il est toujours aussi captivant, on ne peut décidément jamais reposer les ouvrages de cet auteur... J'ai personnellement dévoré ce bouquin qu'une traite, par un après-midi pluvieux. Comme avec le précédent volume, on devient dépendant à l'histoire, c'est très perturbant, ça prend aux tripes et ça angoisse... J'ai très rarement ressenti ça pour un bouquin, moi, l'insensible de première catégorie. Alors, quand on arrive à me donner ce sentiment, moi, je dis que c'est du talent. Vraiment. C'est clair, en matière de thriller, l'auteur s'y connait.

Mais alors, pour l'intrigue, qu'en est-il ? La question était : Cette suite va-t-elle être redondante ? Et bien, absolument pas. Effectivement, une fois qu'on a cerné le Jeu du Roi et ses vices, on peut se dire qu'on a tout vu. Fort heureusement, Nobuaki Kanazawa réussit une fois de plus un coup de maître en reprenant exactement les mêmes éléments, tout en les rendant aussi surprenants et atypiques que dans le premier tome. Les règles ne changent pas, les joueurs, si. Déjà, ça apporte à l'histoire un certain renouveau. Mais il y a également une autre dimension nouvelle : Cette fois, Nobuaki connaît le Jeu. Comme le lecteur, il peut tenter d'appréhender ce qui va advenir. Et comme le lecteur, il échoue. Fidèle au poste, l'auteur va de surprise en surprise, de façon crescendo, jusqu'à parvenir au paroxysme de la violence. Les défis sont, pour certains, identiques au premier livre, pour d'autres, tout à fait nouveaux. Une fois de plus, je les ai adorés. Leur sadisme et leur originalité ont encore su me fasciner, et donner un excellent rythme au récit. Les SMS parsemés dans le bouquin permettaient au lecteur de bien se situer dans l'histoire, et surtout de bien suivre l'avancée des aventures de la classe de Première 1. Le fantastique est davantage présent dans cette suite, mais, de mon point de vue, ça ne change pas grand chose à l'intrigue. Il apporte éventuellement un côté un peu plus mystique à l'aventure, mais c'est relativement léger. J'ai aussi trouvé ce tome encore plus sombre que le premier, de par les relations entre les personnages. En effet, elles sont ici moins chaleureuses et fraternelles, noircissant encore plus le tableau. Autrement, que vous dire de plus, si ce n'est que cet ouvrage est tout simplement saisissant, et superbe ? Je vous affirme sans hésiter qu'il est nettement à la hauteur du précédent, et que vous devez commencer cette série, si ce n'est pas encore le cas. Si les âmes sensibles devraient en revanche s'abstenir, les amateurs de sensations fortes, eux, seront servis !

Je dois cependant admettre que je ne m'attendais absolument pas à une fin comme celle-ci. Bon, je ne vous apprends rien, avec cette série, on ne peut évidemment pas s'attendre à une happy end. Au contraire, il faut plutôt s'attendre à pleurer toutes les larmes de son corps, vomir ses tripes ou rester la bouche ouverte comme une carpe domestique. Sauf que là, l'auteur fait fort, très fort. La conclusion à ce bouquin est faite en deux parties. Il y a d'abord la fin du Jeu, qui, elle, est très bien mise en scène, et colle parfaitement avec l'ambiance du livre. On a l'impression d'avoir tout vu, que plus rien ne pourra nous étonner. Et pourtant, ce qui se passe ensuite est encore plus stupéfiant. Les quelques dernières lignes sont tout simplement glaçantes, et très bien trouvées. J'ai été ébahie, mais raide dingue de cette façon d'achever le bouquin. Mais, avec du recul, un tel choix ne m'étonne absolument pas de Nobuaki... Surprendre et terrifier, tels sont ses mots d'ordre, ne l'oubliez pas !

Bon, pour ce qui est du titre, il faut admettre que c'est un peu la même chose que le précédent, et que ça ne casse pas trois pattes à un canard. Certes, c'est symbolique et caetera, mais voilà quoi. La couverture illustre plutôt bien l'ambiance du roman : Sombre, moderne, sanglante et jeune. Ça s'harmonise bien, et je préfère celle-ci à la précédente, qui ne m'avait pas spécialement branchée.

Au final, cette suite est magistrale. J'ai adoré du début à la fin, et en demande encore. Il y a un tel talent dans l'écriture, tellement d'idées ahurissantes, ça en devient fascinant. C'est donc tout naturel pour moi de vous recommander mille fois cette série, si, comme moi, vous aimez les lectures pas spécialement très gaies. Personnellement, je suis conquise. A lire de toute urgence !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Lumen. Merci à eux !

8 décembre 2014

Podcast Emission Radio La Bookinade Décembre 2014

Hello !

Je vous retrouve aujourd'hui avec le lien du podcast de l'émission radio que j'anime pour Radio G!, La Bookinade.


Au programme :

- La gueule du loup de Marion Brunet


Vous pouvez écouter l'émission en cliquant ci-dessous, autrement dit


[Toutes mes excuses pour le débit de parole du début...]

N'hésitez pas à me donner vos retours !

Love, books and hapiness,

Mathilde ♥

Oniria Livre 1 : Le Royaume des Rêves

Couverture Oniria, tome 1 : Le royaume des rêvesOniria Livre 1 : Le Royaume des Rêves

Titre de la série : Oniria
Titre du tome : Livre 1. Le Royaume des Rêves
Auteure : B.F Parry
Editions : Hachette/Hildegarde
Année de parution : 2014
Pages : 332 pages
Prix : 16,50 €

Résumé :

Il existe un monde dont personne ne soupçonne l'existence. Un pays où chacun de nous se rend pourtant chaque nuit. Un univers où tout est possible. Oniria, le Royaume des Rêves. Seul un Envoyé venu du monde des humains peut sauver Oniria des troubles qui le menacent. Il s'appelle Eliott. Et il a douze ans.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Matéïa et les éditions Hachette pour ce très bel envoi !

J'avais été plutôt intriguée par cette nouvelle série, sans pour autant trop savoir à quoi m'attendre. Le résumé et l'enthousiasme communicatif  de Matéïa avaient fini par avoir raison de moi, et je me suis lancée. Au final, je suis ravie, car il s'agit effectivement d'une très belle découverte.

Les personnages sont clairement adorables. Le jeune héros, Eliott, est très touchant et attachant. Très intelligent mais pas vraiment gâté par les aléas de la vie, cet enfant au grand coeur et à la détermination sans borne a su me séduire. Il est à la fois fort et faible, touchant et touché. Sa grand-mère, Mamilou, est démente. Pleine de vie et de ressources, elle avait elle aussi un coeur en or, et ne manquait pas d'apporter à l'histoire un peu de douceur. Un duo que j'ai également adoré : Farjo et Katsia. Tellement différents l'un de l'autre, mais tellement drôles ! Ce petit singe et cette jeune fille étaient plus ou moins les personnages types des univers fantastiques, et m'ont un peu fait penser à Séléna et Bétamèche d'Arthur et les Minimoys. (Oui, bon, on a les références qu'on a hein.) Bref, comme ne pas fondre devant tout ce petit monde ? Même les méchants étaient au top. Il y a vraiment eu un gros travail au niveau des personnages, et c'est très appréciable.

Le style de l'auteure est lui aussi très intéressant. Son livre se lit plutôt vite, sans encombre, et devient rapidement passionnant. L'univers qu'elle a créé est très complexe, mais extrêmement bien expliqué. Elle prend son temps, ne cherche pas à balancer des tonnes d'infos sans les détailler. On s'amuse, on s'inquiète, on est surpris. Le lecteur se sent bien dans l'ouvrage, je dirais même que le monde d'Oniria est très confortable. De plus, l'écriture est vraiment accessible à tous, pour les plus jeunes et les plus grands : Elle est simplement interprétée différemment. On sent qu'il y a beaucoup de potentiel derrière les idées de l'auteure, et ça, c'est un très bon point.

L'intrigue est totalement à la hauteur du reste. En effet, tous les éléments sont rassemblés pour former un bon récit. C'est ici l'occasion de découvrir le Royaume des Rêves, où vivent nos rêves et cauchemars, où l'imagination est reine. Cette idée est selon moi excellente, et permettrait d'expliquer beaucoup de choses. J'apprécie particulièrement les univers conçus à partir de parties plus réelles, trouvant qu'ainsi, il est plus simple de se représenter chaque détail décrit. Et puis, il faut admettre que tout paraît tellement logique et possible dans ce roman, qu'on finit par vraiment y croire ! De plus, ce bouquin regorge de surprises. De page en page, on ne sait jamais trop dans quoi on s'embarque ; les péripéties sont nombreuses et variées, et nous offrent toujours plus d'occasions de mieux découvrir Oniria. C'est magique, c'est féerique, mais ce n'est pas non plus tout rose. C'est selon moi un autre point fort de cet ouvrage : Le petit côté dramatique. Il faut préciser que dans le monde réel, la vie d'Eliott n'est pas une partie de plaisir, loin de là. Et dans le Royaume des Rêves, c'est la même chose. Ceci permet au bouquin de ne pas tomber dans le trop jeunesse, et d'enfoncer plus de portes. Tout au long de ma lecture, j'ai adoré faire des suppositions, tenter d'imaginer moi aussi une suite aux aventures d'Eliott et de ses compagnons. L'imagination et la création sont vraiment mises en avant dans ce début de série, laissant tous les goûts s'exprimer. L'auteure pose des bases, mais pas de frontière : Libre à chacun d'ajouter sa petite touche personnelle. Certains points sont moins approfondis que d'autres, restant sans doute bien au chaud pour la suite. Mais en attendant, c'est une très bonne façon de faire. Le lecteur est transporté, il fait lui aussi le voyage au Royaume des Rêves, et se laisse bercer... Tout en gardant un œil ouvert, car à Oniria, on n'est jamais à l'abri d'une bonne, ou d'une mauvaise surprise...

La fin est plutôt bien réussie, bien qu'elle ne soit pas des plus rassasiantes. Evidemment, puisqu'il s'agit d'un premier tome. Mais quand même, c'est frustrant ! J'ai fermé le roman avec une tonne de questions encore en tête. De nouvelles pistes sont lancées, d'autres se ferment... J'ai vraiment eu l'impression d'avoir lu un prologue, et que l'histoire débutera vraiment au prochain volume. D'ailleurs, cette chute n'est pas spécialement gaie ou déprimante, il y a un bon équilibre permettant au lecteur d'appréhender encore plus la suite. Après la lecture, on ne perçoit plus les rêves et les cauchemars de la même façon, et je pense que c'était ça, le but de l'auteure. Alors, de mon côté, je dis, pari réussi...

Le livre-objet est... Intéressant ? OK, j'avoue tout : Si je marche à fond pour les titres, symboliques et représentatifs, je reste en retrait pour la couverture. Il y a un gros travail éditorial (Pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de la croiser, elle est en 3D, en gros.), mais ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, ça me fait plutôt peur. Après, ce n'est qu'une question de goût, et je suis persuadée que ça attirera les yeux de nombreux enfants !

En conclusion, il s'agit donc d'une très bonne lecture. Ce premier tome, même s'il pose les bases, est riche en émotions et en détails, et vaut le détour. Si vous aimez les univers fantastiques, les épopées pleines de rebondissements, vous vous régalerez ! J'ai vraiment hâte d'en voir plus, et attends avec impatience le prochain tome. A lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

    

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec Lecture Academy et les éditions Hachette. Merci à eux !

6 décembre 2014

Oedipe roi

Couverture Oedipe roiŒdipe roi

Titre : Œdipe roi
Auteur : Didier Lamaison
Editions : Folio (Policier)
Année de parution : 2006
Pages : 139 pages
Prix : 7,90 €

Résumé :

En arrivant dans une cité harcelée par les vieux démons de la peur et de la division, Œdipe a ouvert les portes et les cœurs. Il a naturellement été fait Roi. Personne ne sait d'où il vient. Le sait-il lui-même ? Une enquête haletante va révéler une vérité si effrayante qu'Oedipe Roi de Sophocle est devenu, au fil des siècles, la mère de toutes les tragédies, celle qui porte en elle tous les modèles du roman noir.

[Ce livre comporte le mythe original et la réécriture. Ayant déjà chroniqué le mythe juste ici, je vais l'occulter dans cette chronique, et me concentrer sur la seconde version...]

Mon opinion personnelle :

Ce bouquin faisait partie des lectures complémentaires de mon cours de Français (1ère L, Objet d'étude : Les réécritures). Vous le savez (Ou pas, en fait), j'ai décidé de lire tous les livres proposés cette année, et je me suis donc tout naturellement plongée dans celui-ci ce week-end. Et, à ma grande surprise, j'ai adoré.

Je ne vais pas m'attarder plus que cela sur les personnages, au bout d'un moment, avec toutes les chroniques œdipiennes que je poste en ce moment, (Si si, ça existe comme mot.) je vais finir par me répéter, et ce n'est intéressant ni pour vous ni pour moi. Comme d'habitude, il y a Œdipe, Jocaste, Tirésias, Anubis, Antigone, et toute la clique. Dans cette version romanesque, on a la possibilité de mieux les découvrir, contrairement au théâtre. J'ai trouvé qu'ils semblaient ici plus réels, qu'on avait d'avantage l'occasion de s'attacher à eux. Effectivement, le lecteur se trouvait plus proche d'eux, et les traits de caractère sont plus explicites ici. De ce fait, la réécriture s'annonçait déjà bien. Néanmoins, j'ai été très étonnée de la personnalité d'Oedipe, qui apparaissait ici comme un homme sage, mûr et réfléchi. A vrai dire, il faisait presque louche...

J'ai immédiatement accroché avec le style de l'auteur. Il parvient à reprendre le mythe avec beaucoup de modernité, et à captiver le lecteur. Personnellement, ayant vu le mythe en long, en large et en travers, j'avais peur de trouver ça redondant et de m'ennuyer profondément. Mais pas du tout, j'avais vraiment l'impression de redécouvrir l'histoire. Ca se lit tout seul et rapidement, et c'est un réel plaisir.  C'est donc un moyen très accessible pour (re)découvrir le récit de Sophocle, tout en "simplicité" et tout en efficacité.

Bon, pour l'intrigue, rien de très original non plus. A vrai dire, j'ai l'impression d'être en train de rédiger la même chronique pour la troisième fois... Bref. Cette version est présentée comme étant policière. D'un point de vue très personnel, je n'ai pas spécialement trouvé que ce bouquin était un roman policier, en tous cas, pas plus qu'avec Sophocle ou Cocteau. Certes, on sent que l'auteur cherche à instaurer une ambiance plus sombre et plus énigmatique, l'atmosphère est un peu plus pesante que dans les deux pièces. Toutefois, ce n'est pas flagrant. En même temps, le mythe original est presque déjà à lui seul une enquête policière, et se prête vraiment bien à ce genre d'adaptation. Le récit est n'est ainsi pas vraiment modifié, c'est plus la forme qui varie. En revanche, il y a bien plus de détails et de petits rajouts, ce que j'ai adoré. On sent que les pensées et tourments des personnages sont davantage creusés, Etant très curieuse et friande de détails totalement futiles, j'ai adoré cette façon de faire. Le rythme donné au livre est très bon, plutôt déstabilisant au début de par la rapidité, puis la lenteur de certains passages. Sauf qu'avec du recul, on se rend compte qu'il s'agit en fait de la même technique que celle de Sophocle. Et ça, c'est un très bon point, plutôt discret, mais excellent. A part ça, que vous dire de plus sans trop me répéter vis-à-vis des autres chroniques œdipiennes ? Ah si ! Il me faut ajouter un mot à propos du suspense. Evidemment, pour moi, il n'y en avait aucun, étant donné que j'ai étudié toute l'histoire en cours. Cependant, en excluant ce fait, il faut admettre qu'il y a un excellent travail pour brouiller les pistes, mélanger les esprits, faire poireauter le lecteur... Ceci confirme une fois de plus que cette réécriture fonctionne à merveille, et parvient toujours et encore à surprendre.

De même pour la fin, qui, pour la grande majorité des gens, est connue dès le début. Il n'empêche qu'elle est très réussie, et qu'elle pète. L'auteur omet toute violence, reste très soft dans son vocabulaire. Pour certaines personnes, il va s'agir d'une bonne chose. De mon côté, ça m'a un peu chagrinée, car, si vous me connaissez, vous savez que j'aime le cru et que j'appelle un chat un chat. Lamaison ne se perd pas dans des grands discours pour achever son roman, et j'ai trouvé ça dément. Effectivement, ceci permettait à la chute de devenir un peu plus brutale, un peu plus pressante. Ça rendait très bien, et achevait le livre comme il avait commencé. Une réussite donc !

Le livre-objet est plutôt intéressant. Pour le titre, on ne peut pas dire que l'auteur se soit particulièrement foulé : C'est le même que Sophocle. Mais la couverture est bien plus recherchée ; La statue de pierre, cet homme de dos qui tente de se protéger, c'est tout à fait Oedipe. Forte en symboles, elle s'associe très bien avec ce qu'elle renferme.

Voilà donc une réécriture qui m'a séduite, et que je vous recommande très vivement. Que vous connaissiez ou non le mythe de base, je vous assure que vous passerez un agréable moment avec elle. Tous les bons ingrédients y sont rassemblés, ça se lit sans aucune difficulté, et c'est pour ça que ça fonctionne. Attention cependant à ne pas trop en attendre au niveau de l'aspect policier, vous risqueriez d'être déçu... Mais autrement, c'est à lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

2 décembre 2014

Indomptables

Couverture IndomptablesIndomptables

Titre : Indomptables
Auteur : Philippe Arnaud
Editions : Sarbacane (Exprim')
Année de parution : 2014
Pages : 193 pages
Prix : 15,50 €

Résumé :

Pourquoi se rencontreraient-ils ?
Jean-Jules grandit à ciel ouvert dans son pays, le Cameroun, à l’abri du manguier où il retrouve tous les jours son inséparable ami Mohamadou. Ils y rêvent leur vie. Olivia vit son adolescence en France, en conflit avec le monde entier sans qu’elle comprenne pourquoi.
D'année en année, de l’enfance à l’adolescence, Jean-Jules mord la vie à pleines dents, pendant qu’Olivia déchire la sienne de toute sa rage incontrôlable. Pour se rencontrer, il leur faudrait traverser les mers. Et les Enfers…

Mon opinion personnelle :

Je tiens à remercier d'abord Juliette et les éditions Sarbacane pour cet envoi !

J'avais eu un énorme coup de coeur pour le précédent livre de l'auteur, La peau d'un autre. C'est donc tout naturellement que j'ai eu envie de lire son nouvel ouvrage, afin de retrouver sa superbe plume. Si j'ai apprécié ma lecture, je n'ai cependant pas été aussi charmée que par la précédente...

Je suis un peu partagée en ce qui concerne les personnages. En effet, sur les trois protagonistes, deux m'ont semblé plus réels, plus finalisés que le troisième. Jean-Jules et Mohamadou, deux jeunes Camerounais, sont très attachants. Plutôt surprenants au premier abord, ils finissent par dévoiler deux personnalités bien distinctes, mais touchantes. Le lecteur évolue avec eux, et se trouve témoin du lien très fort qui les unit. Ceci est relativement bien fichu, les émotions sont ainsi décuplés. Le fait d'avoir deux caractères opposés est également un bon point : Tout le monde s'y retrouve. Ces deux garçons sont passionnants, aussi bien de par leurs histoires que par leurs façons d'être. En clair, ces deux gars sont géniaux. C'est pour ça qu'à côté, Olivia semble plutôt fade. On sent qu'il y a de l'idée, qu'elle a à la base un caractère bien trempé, une personnalité qui aurait pu être creusée, mais malheureusement, on reste un peu trop en surface. J'ai eu l'occasion d'en discuter avec le directeur de la collection Exprim', Tibo, (Bonjour à lui s'il passe par là !) et il rejoignait apparemment mon point de vue : Les deux autres sont tellement géniaux et approfondis que la jeune fille semble plutôt à l'écart. J'ai moins accroché avec elle, ce qui est un peu dommage. Enfin !

Le style d'écriture est toujours au top, aucune mauvaise surprise de ce côté-là. L'auteur sait toujours mettre autant d'authenticité dans ses mots, d'émotions dans son histoire. Ses descriptions sont précises et transportent le lecteur à l'autre bout du monde pour un voyage incroyable. Il m'a fallu un peu plus de temps pour bien entrer dans le récit qu'avec son autre livre, néanmoins, ça ne m'a pas trop gênée, car il est impossible de s'ennuyer : Il y a trop de choses à se représenter ! L'idée d'alterner les points de vue entre les personnages était bonne, j'ai toutefois trouvé un peu décevant de ne pas pouvoir mieux découvrir Olivia. Autrement, je n'ai rien à redire, j'ai sincèrement été submergée par la plume de Philippe Arnaud.

Là où je me montre un peu plus nuancée, c'est au niveau de l'intrigue. Au début, les bases sont posées, le décor est planté. Tout ceci est très intéressant, c'est un très beau moment de lecture très agréable, qui m'a beaucoup plu. Oui, mais ça ne suffit pas pour écrire un livre. J'avais, je l'avoue, peur de voir vers où l'auteur nous emmenait, ou même simplement de voir s'il nous embarquait quelque part. J'ai donc eu quelques petites frayeurs, qui, fort heureusement, ne sont pas concrétisées. Finalement, l'action démarre vraiment, et le chemin pris est très intéressant. Viennent ainsi les premières surprises, les premières péripéties. Puis tout s'enchaîne petit à petit, parfois de façon assez lente, parfois avec des accélérations. J'ai eu un peu de mal avec ce principe, trouvant que le récit en devenait plutôt bancal. De mon point de vue, il y a eu un petit manque d'organisation et de dosage. Après, ça permettait d'accentuer le réalisme, mais j'ai trouvé que la lecture en devenait un peu "brouillonne". A côté de ça, on a d'excellents éléments, comme les sujets traités par exemple. Pour être honnête, il y a eu un moment où j'ai vraiment eu peur, et me suis vraiment demandée dans quoi je m'embarquais. Et puis, d'un coup, il survient un événement qui renverse tout le fil de l'histoire. Et ça, j'ai adoré. L'idée était fantastique, et permettait au bouquin de ne pas s'essouffler. On partait dans quelque chose de totalement différent, mais qui renouvelait le récit au moment opportun. Top ! Par la suite, je me sentais comme un poisson dans l'eau : Tout me paraissait génial, j'étais encore plus plongée au coeur de l'intrigue, ça me prenait encore plus aux tripes. C'était un pari risqué, mais réussi, avec brio en plus. Je ne m'attendais pas à ça, mais wouah quoi. Wouah.

La fin était elle magistrale. La boucle est bouclée de façon à la fois surprenante et logique, avec beaucoup de délicatesse et de réalité. Une fois de plus, les protagonistes mûrissent, et l'espoir renaît. Oui, car ce roman, c'est avant tout un message d'espoir superbement bien écrit et mené. J'ai trouvé les choix de l'auteur pertinents et touchants, mais ce que j'ai particulièrement apprécié, ce sont les deux dernières pages. Elles sont très différentes du reste, très personnelles, mais aussi très belles, et révélatrices de l'état d'esprit du livre. Elles représentaient pour moi une sorte d'euphémisme frappant et réaliste, et c'était tout simplement parfait.

La couverture et le titre représentent très bien le bouquin. Symboliques et percutants, ils fonctionnaient très bien. Les couleurs choisies sont en harmonie avec le reste de l'ouvrage, l'insouciance enfantine représentée également, bref, je trouve ça très joli.

En conclusion, ce livre m'en a plus ou moins fait voir de toutes les couleurs. Je n'ai jamais trop su ce que j'allais finir par en penser, mais bon, avec du recul, il s'agit plutôt d'une belle découverte. Elle a ses points forts et ses points faibles, mais elle vaut le détour. Malgré de nombreuses frayeurs, on retombe toujours sur nos pattes !
J'ai bien aimé !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Partenaires

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Sarbacane. Merci à eux !