29 avril 2015

Les Fausses Bonnes Questions de Lemony Snicket Tome 2 : Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?

Couverture Les fausses bonnes questions de Lemony Snicket, tome 2 : Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?Les Fausses Bonnes Questions de Lemony Snicket Tome 2 : Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?

Titre de la série : Les Fausses Bonnes Questions de Lemony Snicket
Titre du tome : 2. Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?
Auteur : Lemony Snicket
Editions : Nathan
Année de parution : 2014
Pages : 275 pages
Prix : 15,90 €

Résumé :

Avant de lire ce livre, il serait préférable de vous poser ces questions :

1. Quelqu'un a-t-il vu la jeune fille avant sa disparition ?
2. Pourquoi ses parents ne sont-ils pas inquiets ?
3. Quel est le rapport avec une expérience de chimie, un magasin en libre service, une chevelure extravagante et une statue volée ?
4. Attendez. Ne changez pas de sujet. Il faut retrouver une jeune fille, pas une statue. Alors, où est-elle ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Samia et les éditions Nathan pour ce très bon envoi !

Le premier tome de cette série m'avait bien plu, mais sans plus, j'étais donc curieuse de voir ce que la suite pouvait donner. J'ai mis du temps à me plonger dedans, mais c'est à présent chose faite, et je regrette maintenant de ne pas l'avoir fait plus tôt !

Les personnages sont toujours aussi extraordinaires. Le narrateur, Lemony, est fidèle à lui-même : Doué, malin, il adopte un ton très pince-sans-rire qui est juste délicieux. Très mature pour son âge, et pourtant très discret, il a tout pour lui, tout pour le lecteur s'attache à lui. Ses compères d'aventures, comme par exemple Moxie, ou encore Ellington sont également terriblement atypiques, mais séduisants. Ce tome est l'occasion de rencontrer de nouveaux personnages, comme l'inquiétant Dr Flammarion, ou encore l'étonnante Cleo. Bref, vous l'aurez compris, un panel de portraits vous attend pour cette suite, mais je peux vous garantir que tous sont réussis.

Le style de l'auteur est toujours aussi incroyable, et original. C'est assez particulier, mais personnellement, j'adore. Il y a énormément d'humour, un humour très pince-sans-rire, très surprenant, très froid et retenu, mais qui rend très bien. Dès les premières pages, on est captivé par le récit, impossible de le lâcher. Ensuite, on ne voit plus les pages défiler. Ce livre est très abordable, surtout avec les nombreuses illustrations qu'il renferme. Et puis, le meilleur, c'est qu'il ose, et ne se pose aucune limite dans le farfelu ou dans le ridicule. Et ça, c'est le top.

L'intrigue de cette suite est très agréable. Elle est la continuité exacte du premier volet, le lecteur n'est donc pas perdu entre les deux. Toutefois, les deux histoires, même si elles enchaînent parfaitement, sont très indépendantes l'une de l'autre. Il y a toujours le fameux fil rouge de la statue, mais il serait presque possible de les lire séparément, car les enquêtes de Snicket sont comme des petites aventures éparpillées un peu partout, qu'on récolte une à une en se léchant les babines, un peu comme des oeufs de Pâques. (OK j'arrête.) Dans cette nouvelle épopée, le jeune garçon et sa collègue enquêtent sur la disparition d'une jeune scientifique. J'ai bien aimé cette sorte de recherche, cela changeait de ce qui avait pu être fait juste avant. On embarque donc pour ce drôle de voyage, sans savoir grand chose de ce qu'on va trouver derrière. C'est propre à Snicket : Il balance son lecteur dans le noir complet, et au bout de quelques minutes, il lui tend une lampe torche. J'aime cette façon de faire un peu décalée, qui préserve encore plus le suspense. Car oui, dans cet ouvrage, le mystère plane vraiment longtemps. J'adore ce principe, ainsi, jusqu'au bout, on se pose des questions. L'auteur laisse des indices qui conduisent à des pistes pratiquement toujours erronées. On fait fausse route 99,99 % du temps, mais on s'éclate quand même, et c'est très fort. Tout au long de l'ouvrage, on apprend à décortiquer l'intrigue petit à petit. Toujours sur ce même fond totalement barge, on s'amuse à tenter de comprendre, tout en sachant pertinemment bien qu'il est impossible de savoir ce que Snicket a derrière la tête. En effet, cet homme propose des idées fantastiques. Je me demande sincèrement où il va chercher tout cela, tant c'est tiré par les cheveux. Mais ça fonctionne ! On va de révélation en révélation, certaines nous font avancer, d'autres reculer, en clair, on tourne bourrique pendant toute la lecture. Mais on ne s'ennuie pas pour autant, on ne s'énerve pas pour autant. On profite, et on admire cette plume si riche qui nous fascine. En plus d'une sacré dose d'humour, ce roman contient pas mal d'action. Vous allez me dire, avec un roman "policier", ça semble logique. Mais quand on cerne, au premier abord, le récit, pas forcément. D'ailleurs, généralement, dans les histoires de ce genre, on a clairement la moitié du bouquin où il ne se passe rien, car ils "enquêtent", et une moitié où on ne sait plus où donner de la tête, car ils "agissent". Là, ce n'est pas le cas. Tout est bien réparti, l'action se déroule à dose égale du début à la fin, ce qui créé un rythme de lecture idéal. Ce n'est pas pour autant linéaire, loin de là, car je peux vous garantir que rien ne peut sembler morose avec Snicket. Simplement, c'est comme un pattern (En fait, j'ai perdu le mot en Français, et comme il est 1h du matin, je n'ai pas la motivation pour aller taper la causette avec Google Traduction qui, en plus de cela, a 99,99 % de chances de me dire n'importe quoi. Donc je laisse comme ça. Ca vous fait un petit challenge comme ça, c'est bien.) bien choisi et orchestré. Ce tome, c'est comme une danse d'un rythme endiablée, ça suit quelque chose de précis, mais ça ne l'empêche pas d'avoir un petit grain de folie qui rend les choses plus belles.

La fin est vraiment bien trouvée. Evidemment, à l'image du reste de l'ouvrage, c'est très surprenant, parce que ce n'est absolument pas ce à quoi on s'attendait. D'un certain point de vue, on a l'impression d'être un sombre crétin qui n'a rien saisi au bouquin. D'un autre point de vue, on a l'impression d'avoir été témoin de la magie d'un génie. Personnellement, c'est cette deuxième perception que j'ai vécue. Alors qu'on a vraiment le sentiment d'être dans l'impasse, et qu'on ne peut pas plus s'embrouiller que cela avec tous les éléments donnés, l'auteur nous donne la formule, et hop ! Tout se met parfaitement en place. Avec n'importe quoi, n'importe comment, Snicket parvient à faire quelque chose de formidablement logique. J'apprécie énormément ce genre de jeux. Comme à son habitude, l'auteur profite de la chute pour nous annoncer le début du prochain épisode des aventures de son jeune héros. C'est très habilement fait, et pertinent. Cette issue donne vraiment envie d'en savoir plus sur les personnages secondaires qu'on pensait inutiles, et qui, au final, se révèlent être bien plus importants que cela... Je n'en dis pas plus pour ne pas briser cette surprenante magie, mais sachez que dans tous les cas, vous serez épaté !

La couverture est bien entendu très représentative du récit. Après lecture, on comprend chaque élément, c'est très sympa. Les couleurs sont assez originales, même si ce n'est pas trop ma tasse de thé, ça correspond bien au côté atypique du bouquin. Quant au titre... Que dire, si ce n'est qu'il est parfait ? Drôle, déconcertant, et pourtant totalement en harmonie avec le récit, je le trouve tout bonnement magistral !

Vous l'aurez compris, ce second tome est pour moi tout à fait à la hauteur de mes attentes. Cette fois-ci, je peux vraiment dire que j'ai adoré. Si vous avez eu un peu de mal avec le premier épisode, tentez le second, il est au-dessus. Et si vous ne connaissez pas cette série, ou même pire, cet auteur, faisez-moi (Dédicace à mon professeur de Français, alias Batman) confiance et foncez les yeux fermés : Vous tomberez assurément sous le charme ! Car des romans comme cela, ce n'est pas tous les jours qu'on en croise, et quand on tombe dessus, bah ça fait du bien. Vraiment. A lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Puis...

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Nathan. Merci à eux pour cet envoi !

28 avril 2015

Nouvelle adresse ! ♥

Population lectrice,

Oui, vous l'avez peut-être remarqué.
Non, vous ne l'avez peut-être pas remarqué.

Peut-être aurez-vous compris le titre de ce billet.
Peut-être ne l'aurez-vous pas compris.

Je vais arrêter avec mes "peut-être", c'est lourd à la fin.

BREF.

Je vous avais parlé, pour les 3 ans du blog, d'un changement conséquent à venir sur le blog, quasiment invisible pour vous, lecteurs, mais qui, de l'autre côté du décor, a son importance.

Car oui, après 3 ans de blogging, j'ai sauté le pas, et j'ai acheté le nom de domaine du blog.

En gros, cela veut dire que ce nom, Ma Malle aux Livres, pour le Web, m'appartient. En très gros hein, parce que c'est bien plus chiant compliqué que ça.

Voilà pourquoi dorénavant, vous retrouverez le blog sur cette adresse :


Pour vous, ça ne change pas grand chose, ça vous évite juste de vous casser la tête avec le blogspot.

Pourquoi ce changement ? Il y a des tas de raisons valables pour acheter un nom de domaine. Personnellement, j'ai choisi de le faire pour quelque chose d'assez superficiel, puisque c'est quasiment uniquement pour l'esthétique. En fait, je m'investis tellement dans ce blog, dans cette malle, que j'avais envie de faire disparaître le blogspot pour donner un côté plus professionnel, plus "sérieux" à mon blog. Il m'aura fallu 3 ans pour le faire, car jamais, en débutant cette aventure, je n'aurais imaginé la poursuivre si longtemps. Mais maintenant que tout cela est bien ancré, que cette épopée est devenue une sorte de job-bénévole-souhaité à temps plein, j'avais vraiment envie de fixer les choses.

De toute évidence, je ne dénigre pas les blogs qui restent avec le blogspot wordpress overblog skyrock skyblog canalblog et j'en passe, j'ai moi-même fait 3 ans avec blogspot, et puis, c'est plus moi qui suis très superficielle qu'autre chose !

Pas d'inquiétude cependant, il y a une redirection automatique entre l'ancienne adresse (http://mamalleauxlivres.blogspot.fr) et la nouvelle, donc en aucun cas vous ne pourrez vous perdre. Je souhaitais seulement vous prévenir, pour ne pas vous surprendre, et pour que petit à petit, tout le monde se fasse à www.mamalleauxlivres.com et oublie la précédente !

Prochainement, le design va changer également. Sûrement demain en fait. Pour tout vous dire, il est prêt depuis un bail, mais comme il contient la nouvelle adresse, et que je voulais garder le suspense, je l'avais caché encore un peu. Il faut également que je fasse quelques autres manipulations, comme modifier le favicon (L'image à côté du nom du blog sur les onglets), que je revois certains paramètres de la mise en page... Bref, tout ça pour dire que ces quelques prochains jours risquent d'être un peu perturbés ici, je m'en excuse d'avance.

Je vais me taire à présent, parce que je suis trop bavarde, il faut vraiment que je me soigne pour ce débit de paroles écrites trop intense. 

Ah, et au passage, n'oubliez pas le concours des 3 ans du blog !

Sur ce, MERCI de votre soutien, de votre présence, de vos commentaires, mails, messages privés, vous êtes simplement des angelecteurs.

Love, books and happiness,

Mathilde ♥

27 avril 2015

Une jeune mère dans la Résistance : Olga Bancic

Couverture Olga Bancic : Une jeune mère dans la RésistanceUne jeune mère dans la Résistance : Olga Bancic

Titre : Une jeune mère dans la Résistance : Olga Bancic
Auteure : Marie-Florence Ehret
Editions : Oksar
Année de parution : 2015
Pages : 163 pages
Prix : 11,95 €

Résumé :

"Ma chère petite fille, mon cher petit amour. Ta mère écrit la dernière lettre, ma chère petite, demain à 6 heures, le 10 Mai, je ne serai plus. Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus..."

Ces mots sont extraits de la lettre écrite le 9 Mai 1944 par Olga Bancic à sa fille Dolorès, alors âgée de 5 ans. Engagée dans la Résistance française, cette jeune femme roumaine, juive et communiste, faisait partie du groupe de FTP immigrés dirigés par Missak Manouchian. Arrêtée avec ses camarades, elle fut exécutée par les nazis. La vie et le combat d'Olga Bancic sont un exemple pour tous ceux qui refusent le triomphe de la barbarie. Le destin du groupe Manouchian auquel elle appartenait a inspiré le célèbre poème d'Aragon chanté par Léo Ferré sous le titre de L'Affiche rouge.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Angélique et les éditions Oskar pour ce très bel envoi !

Lorsque cette maison d'édition m'a contactée accompagnée de son nouveau programme de parutions, j'ai de suite flashé sur ce petit ouvrage. "Passionnée" par la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance est cependant un aspect de celle-ci que je connais assez mal. En sachant en plus que toute l'histoire narrée ici a été réelle, je ne pouvais pas passer à côté de ce livre. Et j'ai bien fait, car il est formidable.

Bien entendu, hors de question de parler ici des personnages : Tout le monde a bel et bien existé. Olga Bancic est une femme incroyable, déterminée et brave, et surtout très intelligente. On s'attache inévitablement à elle, à sa force et à son histoire touchante. Jusqu'au bout, elle reste humble, et surtout convaincue de ces idées. Elle est admirable, et terriblement attachante grâce à son naturel, et à son héroïsme des plus humains. Ce roman est également l'occasion de mieux découvrir chaque membre du groupe Manouchian, leurs diverses personnalités, et rôles dans la Résistance. Mais il permet surtout de comprendre la rage, la soif de justice et de vengeance qui les animaient tous.

Le style de l'auteure est très simple, très discret. Ce choix est selon moi très judicieux, car il permet de laisser le maximum de place possible à la vie d'Olga. Ainsi, l'auteure ne s'accapare pas une histoire qui n'est pas la sienne. Au contraire, elle fait tout pour qu'on ne s'attarde pas sur les mots, mais sur leur sens. En plus de cela, l'ouvrage est donc très accessible, et rend la compréhension aisée. Non seulement ce livre est très enrichissant, mais il est aussi captivant. Pas de place pour la fiction, tout ici est véridique, et pourtant, ce livre parvient à nous tenir en haleine. Et ça, c'est fort, croyez-moi.

Là encore, on ne peut pas parler d'intrigue, étant donné qu'il s'agit d'une biographie. Ce livre nous entraîne donc dans la vie d'Olga : Il nous donne l'occasion de découvrir certes son enfance, mais surtout son engagement au sein de la Résistance. Grâce à lui, on cerne vraiment bien ce qu'était ce mouvement. Les actions menées, qu'elles soient conséquentes ou non, sont très bien rapportées, et offrent au lecteur de solides connaissances sur le sujet. D'ailleurs, je tiens à saluer le travail de recherches qui a dû être effectué pour rédiger ce bouquin. Chaque détail permet de rendre ce récit toujours plus vivant, et donc toujours plus saisissant. La majeure partie du texte se concentre sur le combat d'Olga. Tout au long du texte, on suit son évolution, les risques toujours plus grands qu'elle prend. Mais elle nous offre également la possibilité de rencontrer par procuration chaque membre du groupe Manouchian, et de mesurer enfin l'importance de ce réseau. Le fait d'ouvrir un peu le récit sur les autres acteurs de ce mouvement est d'ailleurs bien pensé, et agréable. Il faut savoir que si les actes de la jeune femme se ressemblent, ils ne sont jamais pour autant lassants, ou quoi que ce soit. Au contraire, on se sent véritablement impliqué dans son récit, et, même 70 ans plus tard, son combat devient le nôtre. Elle n'a pas vécu des choses faciles, loin de là, et son inlassable bravoure est stupéfiante. Olga n'avait pas le rôle le plus décisif au coeur du mouvement, elle n'était pas sur le devant de la scène, et restait plutôt retranchée dans les "coulisses". Néanmoins, ce n'est pas pour cela que c'est moins intéressant, loin de là. Effectivement, les rares choses que je connaissais sur la Résistance tournaient beaucoup autour des hommes, des bombes, des assassinats. Jamais je n'aurais imaginé que derrière tout cela, les armes, dissimulées dans des paniers ou des landaus, étaient le plus souvent entre les mains des femmes. C'est pour cela que ce bouquin est pertinent : Il nous révèle les aspects les moins connus du mouvement. Pourtant, ce bouquin ne cherche pas à surprendre le lecteur : Dès le début du texte, on sait très bien ce qu'il va advenir de la jeune héroïne. Mais j'ai été étonnée que cela arrive aussi vite dans le livre. C'est là qu'on se dit que c'est trop rapide, c'est une vie bien trop éphémère pour une si grande dame... Cet ouvrage est comme un coup de poing pris en plein ventre, qui nous coupe le souffle, et nous met mal à l'aise... La seconde partie du texte, celle, donc, au cours de laquelle Olga est aux mains des nazis, est très différente de la précédente. En effet, c'est une jeune femme totalement autre que l'on suit. Elle ne perd rien de sa détermination, cependant, on sent une sorte de lassitude qui la gagne, elle paraît presque être éteinte. Son changement de comportement est flagrant, et illustre parfaitement l'emprise qu'avait le régime sur les Hommes.

De toute évidence, la fin est loin d'être gaie. A ma grande surprise, elle traîne, elle tourne en rond, Olga ne semble jamais pouvoir être en paix. Sur le coup, c'est assez étonnant, et ma première pensée a été de me dire que l'auteure s'attardait trop sur cet événement. Mais presque aussitôt, on fait le lien, et on se rend compte que non, cela n'est un choix de l'auteur. Cette torture d'esprit, ce principe de ne jamais faire quelque chose de concret, de tourner autour du pot, c'était bel et bien la façon de fonctionner des nazis. La violence. L'attente. L'ignorance. Les faux espoirs bien vite avortés. Tout cela faisait partie du nazisme. J'ai apprécié que les faits ne soient pas narrées de façon brutale, car il faut tout de même garder en tête que ce livre s'adresse en priorité à des enfants. Je craignais qu'une chute trop violente fasse perdre à ce livre son message d'espoir, mais fort heureusement, l'auteure manie très bien les choses, et nous apporte certains détails supplémentaires très pertinents. En plus de cela, l'ouvrage se conclut sur un dossier illustré par des documents d'époque, avec notamment, des portraits des membres du groupe, d'Olga, ou encore les lettres manuscrites de la jeune femme. Très enrichissantes, ces quelques pages forment un véritable plus, qui marquent d'autant plus le lecteur, et permettent de mieux mesurer la gravité et la réalité des faits.

La couverture est très belle, très simple, à l'image d'Olga, mais aussi très représentative de l'histoire, puisqu'il s'agit du véritable portrait de la jeune femme. Le titre est lui aussi très bien choisi, car il décrit à merveille la particularité de la situation d'Olga : Son déchirement entre maternité et engagement dans la Résistance.

Pour conclure, il s'agit là d'une excellente lecture, que je vous recommande très vivement. Elle vous apportera beaucoup, aussi bien culturellement qu'humainement. Facile à lire, captivante, que vous soyez un enfant ou un adulte, cet ouvrage est fait pour vous. A lire, pour en apprendre plus sur le groupe Manouchian, mais surtout, pour ne jamais oublier.
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Oskar. Merci à eux !

26 avril 2015

Cendrillon : Le roman inspiré du film

Couverture CendrillonCendrillon : Le roman inspiré du film

Titre : Cendrillon : Le roman inspiré du film
Auteur : Brittany Candau / Disney
Editions : Hachette
Année de parution : 2015
Pages : 288 pages
Prix : 16 €

Résumé :

"J'ai un secret à te dire. Un grand secret, qui t'aidera à traverser toutes les épreuves de la vie. N'oublie jamais : aie du courage, et sois gentille. Tu possèdes davantage de gentillesse dans ton petit doigt que la plupart des gens dans tout leur corps. C'est là un pouvoir. Un pouvoir plus important que tu ne le crois. La gentillesse va de pair avec la bonté. Et la bonté apporte le bonheur. Aie du courage, et sois gentille. Me le promets-tu ?
- Je vous le promets, mère."

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Betty et les éditions Hachette pour ce très bel envoi !

Je n'ai pas vu le film dont le roman est tiré, mais j'étais très curieuse de découvrir un peu cette nouvelle adaptation de Cendrillon. Je n'ai pas été déçue, car j'ai passé un excellent moment de lecture.

Une des rares choses qui m'ont déçue dans cet ouvrage est malheureusement l'héroïne. Cendrillon n'est pas méchante, mais elle est au contraire trop gentille, trop niaise. J'avais bien souvent envie de la secouer ! Elle est très passive, et n'a pas une grande personnalité. C'est un petit peu dommage, même si, quelque part, on s'y attend un peu en connaissant le conte original. Avec cette réécriture, j'aurais aimé lui trouver plus de caractère. Le Prince, Kit, est un jeune homme plutôt sympathique. Il est agréable et surprenant, très humble et respectable. Lui non plus n'est pas un personnage plein de fougue et d'ambition, encore une fois, c'est dommage. J'ai en revanche beaucoup aimé la marâtre et ses deux filles. Même si elles sont détestables et cruelles, elles ont le mérite d'avoir beaucoup de personnalité, ce qui leur donne un certain charme, et les rend même attachantes.

Le style est plutôt plaisant. Dès le début, j'ai été captivée par le récit, et il m'est devenu impossible de le lâcher. Certes, l'écriture n'a pas une patte bien distincte, elle ne se démarque pas des autres styles. En revanche, elle est efficace et pertinente, et permet une accroche facile avec l'ouvrage. Il est toujours difficile d'adapter un film en livre, et je trouve que Brittany Candau s'en est plutôt bien sortie. Par ailleurs, les descriptions sont, probablement grâce au film, très riches, et permettent au lecteur de bien se représenter chaque élément du texte. Les conditions sont donc optimales pour une bonne lecture.

Il s'agit d'une réécriture, cependant, l'intrigue n'est pas changée depuis Disney. (Car il me semble qu'en revanche, la version originale, celle de Perrault, est différente) Je n'ai donc globalement pas été surprise, ce qui est légèrement décevant au premier abord. Mais finalement, on se remet facilement de cette déception. Vous connaissez tous la version Disney de Cendrillon, je ne vais pas perdre de temps à vous la rappeler. Heureusement, il y a tout de même quelques petits détails en plus, bien agréables à noter. J'ai énormément apprécié le rythme du récit. En effet, l'auteure prend le temps d'amener les choses, chaque élément. Elle ne se cantonne pas, comme Disney, à l'arrivée de la marâtre et au mariage de Cendrillon. Le lecteur a l'occasion de découvrir l'enfance de la jeune fille, mais également de voir l'histoire évoluer. Ainsi, on peut mieux cerner les changements dans le comportement de l'héroïne, ou dans ceux de ses proches, le tout sans jamais s'ennuyer. D'ailleurs, l'idée de séparer le bouquin en plusieurs parties selon les personnalités des personnages m'a beaucoup plu. J'ai également trouvé que, derrière des apparences un peu niaises et stéréotypées, les relations entre ces derniers sont en fait porteuses d'un véritable message, et de beaucoup d'humanité. En plus de cela, une morale se dégage de cet ouvrage, déguisée sous des airs de contes de fées. Une phrase m'a particulièrement marquée : "Les choses qui se font doivent-elles nécessairement se faire ?". Je trouve qu'elle reflète à merveille le bel état d'esprit de ce livre. Porté par ce message, le texte invite le jeune lecteur à prendre sa vie en main, à faire ses propres choix, et surtout, à être lui-même. Tout cet aspect du roman est donc, selon moi, une belle réussite. Bon, à côté de cela, il y a malheureusement quelques petits points un peu plus noirs. Par exemple, parfois, quelques très bonnes idées du début du livre partent rapidement aux oubliettes, ce qui est un petit peu dommage. (Oui, je pense notamment aux souris. ET ALORS ? J'ai le droit d'aimer les souris.) Mais dans l'ensemble, on passe un excellent moment de lecture qui nous rappelle notre enfance, et nous fait redécouvrir ce conte d'un œil un peu plus mature, pour une compréhension un peu plus poussée. Les péripéties restent inchangées, mais fonctionnent toujours autant. Elles sont simples, attendues, mais apportent au texte ce petit côté un peu magique qu'on affectionne tant. Ce roman permet de s'évader un peu, de vivre le bal par procuration. Car oui, le passage du bal est particulièrement bien travaillé et envoûtant. Et c'est loin d'être le seul.

Tout au long de ma lecture, je me demandais à quoi allait rimer la fin. Allait-elle radicalement changer ? La réponse est non : Jusqu'au bout, l'auteure conserve la trame de la version Disney. Ce n'est pas plus mal, ça évite de se perdre. Cependant, elle rajoute une nouvelle fois quelques petits détails vraiment appréciables. Cela permet de personnaliser un peu plus cette chute si connue. Et puis, avouons-le, le petit suspense qu'elle créé est sympathique. En partant d'une fin très happy end, elle parvient à faire quelque chose de plus approfondi, et de très réussi. En plus de cela, l'issue du récit est assez morale, en accord avec tout le reste. Bon, comme j'aime râler, je vais juste me permettre de signaler que j'ai trouvé que certaines réactions des personnages sont trop "pures" pour faire réelles, mais bon, c'est cela aussi, la magie des contes de fées...

La couverture est très épurée, mais magnifique. Elle représente bien le récit, tout en arborant des couloirs classiques, mais vraiment jolies. Classe mais simple, ça colle parfaitement au bouquin. Quant au titre, étant donné qu'il est éponyme, on ne peut pas faire plus représentatif. Je trouve cela juste un peu dommage de ne pas avoir mis plus en valeur le lien avec le film...

En conclusion, il s'agit là d'une très belle lecture, que je vous recommande vivement. Ne pensez pas avoir passé l'âge des contes de fées, ils ont toujours des choses à nous apprendre. De plus, cette version est parfaitement adaptée pour des personnes plus matures, alors n'hésitez pas ! Même si elle n'invente rien, elle est la preuve qu'on ne change pas une équipe qui gagne. A lire !
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

   

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec le site Lecture Academy et les éditions Hachette. Merci à eux !

25 avril 2015

Le Joueur d'échecs

Couverture Le Joueur d'échecsLe Joueur d'échecs

Titre : Le Joueur d'échecs
Auteur : Stefan Zweig
Editions : Le Livre de Poche
Année de parution : 1991
Pages : 94 pages
Prix : 3 €

Résumé :

Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.

Mon opinion personnelle :

Je prépare actuellement un exposé sur l'Humanisme aujourd'hui, et plus particulièrement, en ce qui me concerne, sur Stefan Zweig. Ainsi, lorsque je suis tombée sur ce fameux livre dans la location que j'occupais la semaine passée, j'ai sauté sur l'occasion de mieux cerner cet auteur pour mon exposé. J'ai bien fait, car je suis tombée sous le charme.

Les personnages sont fantastiques. On sait au final assez peu de choses sur le narrateur, qui reste assez effacé et neutre tout au long du texte. Néanmoins, on parvient à comprendre qu'il s'agit d'un homme bon et simple, qui inspire confiance. Czentovic, le champion d'échecs, est, lui, un protagoniste horripilant. Rebutant, grossier, imbu de sa personne, il est tout simplement détestable et antipathique. Quant au dernier personnage important, l'inconnu, je l'ai beaucoup apprécié. Complexe et simple à la fois, il est très intéressant, voire même fascinant. Il dévoile tout au long du texte divers visages, ce que j'ai trouvé très pertinent et enrichissant.

Le style de l'auteur est incroyable. Dès les premières lignes, il a su me happer totalement dans son univers. Les mots choisis sont sans prétention, mais très efficaces. On sent d'ailleurs qu'ils sont mûrement réfléchis, que ce texte est lourd de sens. Pourtant, il n'est pas pour autant difficile à lire. J'ai été surprise de voir que son écriture était si accessible. Et j'ai alors dévoré ce roman plus que je ne l'ai lu, grâce à un rythme très bien amené et très entraînant.

L'intrigue est très étonnante. Déjà, le principe de mettre ainsi les échecs au coeur de l'histoire est assez surprenant. Avant ma lecture, je me demandais comment tout ceci allait être tourné. En réalité, les échecs ne sont qu'un prétexte pour aborder un sujet bien plus profond. En réalité, la vie de Czentovic n'est qu'un prétexte pour laisser place à l'inconnu. Mais ce prétexte n'est pas choisi au hasard, loin de là. Je reviendrai sur ce point plus tard. Le lecteur apprend donc en premier lieu à découvrir ce célèbre champion international d'échecs, et à le détester. Assez rapidement, le tour est fait, les avis sont tranchés. On se demande donc comment l'histoire va pouvoir décoller. Zweig prend alors les choses en main, très rapidement et très efficacement. Petit à petit, il bascule sur la vie de l'inconnu. C'est ainsi l'occasion de traiter de la Seconde Guerre Mondiale, et de toutes les horreurs liées au nazisme. Je vais ramener ma maigre science, et vous rappeler que Zweig était un humaniste convaincu, et qu'il a fuit l'Autriche pour échapper aux méfaits d'Hitler. Ainsi, avec cet ouvrage, il retrace en quelque sorte son propre parcours. Bien sûr, il y a un grand nombre de disparités. Mais l'idée est là. J'ai trouvé ce principe très pertinent, il permet vraiment de mieux comprendre l'auteur. Revenons à nos moutons. Avec beaucoup de finesse et d'intelligence, ce bouquin met en scène le sadisme et le côté calculateur des nazis. Lorsque l'inconnu commence à narrer sa vie, on est loin de se douter des atrocités qu'il a vécues. Lorsque l'inconnu raconte sa vie, on est loin de faire le rapprochement avec les échecs. Et puis, petit à petit, tout s'éclaire. Le récit de cet homme si étrange se fait plus sombre, plus pressant, mais aussi plus intéressant encore. Je ne m'attendais pas du tout à une telle intrigue, à vrai dire. La véritable histoire ici, c'est celle de l'inconnu. Au tout début du texte, on rapproche le titre à Czentovic. Mais rapidement, on comprend que tout ceci n'est qu'un leurre. Comme si Zweig souhait échapper à une censure qui l'étouffe, il déguise habilement le sujet dont il veut vraiment parler derrière des apparences échéquières. C'est remarquable. Toutefois, rien n'est laissé au hasard dans cet ouvrage. Les échecs sont un jeu compliqué, presque scientifique, qui nécessite réflexion, stratégie, et sacrifice. C'est un jeu de hiérarchie, de pièges tendus. Cela ne vous rappelle rien ? Cherchez un peu. Vous voyez où je veux en venir ? Oui. A mon sens, il y a là un véritable lien avec le nazisme, mais aussi avec le conflit idéologique qui s'annonce, à la veille de la Guerre Froide. Toute la folie, toute la cruauté décrite par l'inconnu à propos des échecs, tout ça, c'est exactement comme si la Guerre était comparé à un jeu. C'est grandiose. Zweig est fort, très fort. Je n'ai jamais aussi bien cerné l'aspect stratégique de la Seconde Guerre Mondiale.

La fin m'a beaucoup plu. Plutôt que de tomber dans des choses compliquées, ou dans des éléments bien trop romancés, l'auteur reste simple, et fidèle à lui-même. Il parvient encore à nous surprendre, avec idées toujours plus ingénieuses les unes que les autres. Il soulève de façon implicitement la résonance de la Guerre, dans les esprits, dans les mœurs. A vrai dire, j'ai eu, en quelque sorte, le sentiment que la chute était un condensé de la Seconde Guerre Mondiale. Prémices. Affrontement. Résonance. Encore une fois, c'est très fin, et ça fonctionne très bien. Ce bouquin est porteur d'un très beau message, d'une morale qu'on est obligé de retenir. En effet, on sort de cette lecture marqué. Il est impossible de l'oublier. Il a beau être extrêmement court, cet ouvrage est extrêmement fort. Comme quoi, pas besoin d'en dire des tonnes pour songer à l'essentiel.

Le titre est, comme je le disais, trompeur, mais très bien choisi. Car en plus de bien représenter le récit, il en dévoile indirectement toutes les ambiguïtés. La couverture est très simple, pas forcément magnifique, mais elle représente bien divers aspects de l'ouvrage, ce qui est notable, même si on a vu plus esthétique.

Au final, je vous recommande très vivement ce petit livre. Accessible et efficace, il saura vous plaire et vous convaincre, j'en suis sûre. Il permet d'ouvrir plus grand les yeux sur la Seconde Guerre Mondiale, et de découvrir l'immense talent de Zweig. En ce qui me concerne, j'ai à présent une irrésistible envie de sortir d'autres livres de lui de ma PAL... En attendant, n'hésitez pas à lire ce bouquin, car vu sa taille, vous serez assuré de ne rien y perdre !
J'ai adoré !

24 avril 2015

Le miniaturiste

Couverture Le miniaturisteLe miniaturiste

Titre : Le miniaturiste
Auteure : Virginie Lou
Editions : Folio
Année de parution : 2002
Pages : 136 pages
Prix : 5,70 €

Résumé :

Edmund, Alicia et Lil, trois jeunes collégiens sont émerveillés par les miniatures aussi vraies que nature, que fabrique le vieux Lei Chang. Pourtant, chacune d'elle a une histoire terrible. Les jeunes gens vont l'apprendre à leurs dépends. Leur vie va en être bouleversée, voire détruite.

Mon opinion personnelle :

Je suis tombée sur ce petit livre dans la location de vacances que j’occupais la semaine dernière. Je ne connaissais pas du tout, mais le titre et le résumé m’ont intriguée, alors j’ai tenté. Au final, je ressors déçue et très peu emballée par cet ouvrage insensé.

Les personnages sont intéressants, mais pas forcément attachants. La narratrice, Alicia, est agréable, mignonne. Mais elle est surtout un peu passive, et presque inutile à l'histoire. C'est vrai, j'avais l'impression qu'elle n'existait pas, car elle n'avait pas de personnalité, et n'agissait pas vraiment. Les personnages secondaires sont heureusement un peu plus présents. Ed est déjà un peu plus intéressant, il a un véritable caractère qui semble pertinent, mais malheureusement, reste trop effacé dans le récit. Quant à Lil, elle est, à ma grande surprise, probablement le personnage le plus plaisant de cet ouvrage. Peste, lunatique, hypocrite, elle parvient à créer un certain lien avec le lecteur en étant très présente dans le texte, et c'est tout à son honneur. Pour ce qui est de Lei Chang, c'est un vieil homme que je n'ai absolument pas apprécié. Trop mystérieux, il n'inspire pas confiance, et fait presque peur. Mais j'admets qu'il s'agit d'un personnage bien travaillé.

L'écriture ne m'a pas non plus plus séduite que cela. Elle est assez terne, n'a pas de relief particulier. J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, et encore plus de mal à être captivée. Certes, il s'agit d'un roman jeunesse, mais cela n'excuse pas tout. Elle manque de piment, elle n'a pas la flamme que tout bon livre se doit d'avoir. Elle n'est pas pour autant désagréable, mais, on s'en lasse vite. J'ai d'ailleurs été surprise, car au tout début du bouquin, le style est totalement différent de la suite. Je ne m'explique d'ailleurs toujours pas ce brusque changement décevant. Pour le moment, les conditions de lecture n'étaient pas optimales, j'ai envie de dire.

L'intrigue est très particulière. L'idée de base est bonne, mais tarde à arriver. Au début, j'étais un peu perdue : Je me demandais dans quoi je m'embarquais. On débute avec un flash-back qui n'avait, à mon sens, pas sa place ici. Du coup, on s'en trouve immédiatement refroidi. Mais la curiosité l'emporte, et le côté un peu mystérieux de la suite incite à aller plus loin. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre ce qui se passait. Ca a tendance à traîner en longueurs, l'auteur s'attarde sur des détails sans importante... On trépigne en attendant que quelque chose de concret advienne. En effet, beaucoup de sous-entendus sont faits, mais ce n'est pas suffisant pour rendre un récit bon. Quand, enfin, "l'action" débute, malheureusement, on est déçu. Tant de suspense pour ça ?! En fait, les éléments sont dévoilés petit à petit. Mais à côté de ça, il advient des événements totalement atypiques, qui sont incompréhensibles. Il est très compliqué de trouver un lien logique entre les divers aspects présentes, rien ne semble concorder. Plus le texte avance, plus il se veut sombre et inquiétant. En réalité, plus le texte avance, moins on le comprend. J'avais le sentiment de perdre lentement mais sûrement l'auteure, car je ne voyais vraiment pas où elle voulait en venir. C'est dommage. Car lorsque j'ai vraiment saisi le sens de l'intrigue, ce qu'elle signifiait, j'ai trouvé ça génial. L'histoire est excellente, mais très mal exploitée. Lorsqu'on pense que ce roman est normalement pour les enfants, je me demande comment ils sont censés comprendre. (A moins que ce soit moi qui suis totalement stupide.) C'est trop ambigu, on reste trop dans l'abstrait. Avec ce genre d'histoire, il faut des faits, et des explications. Là, je n'ai eu ni l'un, ni l'autre. En gros, j'avais l'impression d'avancer dans un épais brouillard, sans savoir ce que je cherchais. C'est assez frustrant. En plus de cela, tout semble artificiel dans cet ouvrage. Par exemple, les relations entre les personnages, qu'elles soient amoureuses ou amicales, n'étaient absolument pas convaincantes. A vrai dire, j'avais l'impression que l'auteure souhaitait faire fuir son lecteur, et je ne m'explique pas pourquoi. Presque à chaque page, on se sent mis à l'écart. A chaque fois qu'un indice sur l'intrigue est donné, il nous conduit sur une fausse piste, ou alors, n'est pas expliqué plus tard. Du coup, j'avais le sentiment de lire une grosse blague. Rien n'est clair, et parfois, on se demande même si l'univers est réellement clair pour l'auteure elle-même. Il y avait effectivement pas mal d'incohérences dans ce bouquin, ce qui rendait la lecture encore plus houleuse.

Avec toute cette drôle de mascarade inintelligible, je m'attendais donc à un final grandiose, à un feu d'artifice de révélations. Que nenni. On en apprend très peu en comparaison de ce qu'on espère. Encore une fois, les idées de l'auteure sont bonnes, on sent qu'elles sont réfléchies et approfondies. Il y a du potentiel. Mais, une nouvelle fois, c'est survolé, les justifications semblent hasardeuses, on n'est jamais sûr de bien comprendre ce qui se passe. Ca laisse totalement sur notre faim. La chute semble bel et bien avortée, il manque des explications cruciales. Quant à la toute toute fin, je n'ai pas été séduite non plus. Je n'ai pas cerné l'intérêt d'achever l'écriture sur une note si guillerette comparé à la lourdeur du reste du livre. Une fois n'est pas coutume, j'avais l'impression qu'on me faisait une mauvaise blague.

La couverture est assez simple, symbolique. Elle n'est pas extrêmement travaillée, mais colle bien à l'état d'esprit du livre. En ce qui concerne le titre, il représente bien l'ouvrage, mais promet quelque chose qu'on a bien du mal à trouver....

Bon, il s'agit en fait d'une amère déception. Je suis persuadée qu'il y avait un très bon fond, mais qu'il a été très mal exploité. Je ne vous recommande donc pas ce petit roman, sauf si vous aimez vous sentir bête, à vous de voir. Mais personnellement, j'ai perdu mon temps. (Bouuuuh je suis méssante.)
Je n'ai pas aimé...

23 avril 2015

Le cimetière des poupées

Couverture Le Cimetière des poupéesLe cimetière des poupées

Titre : Le cimetière des poupées
Auteure : Mazarine Pingeot
Editions : Points
Année de parution : 2008
Pages : 105 pages
Prix : 6,10 €

Résumé :

Comment elle, la mère dévouée, l'épouse aimante, pilier d'un couple admiré de tous, est-elle devenue cette meurtrière? Par quel subterfuge est-elle parvenue à dissimuler sa grossesse aux yeux de tous, sans que personne ne s'en aperçoive, durant neuf mois ? Quand la folie et le mensonge ont-ils commencé ? En prison, dans une lettre à son mari, une femme raconte comment elle a tué son enfant.

Mon opinion personnelle :

Je ne connaissais pas du tout ce livre avant de tomber dessus la semaine dernière, dans la location que j’occupais pour les vacances. Agréable couverture, titre intrigant, résumé un peu sanglant, il n’en fallait pas plus pour me séduire. Je me suis donc jetée dessus, et j’ai été assez déçue.

La narratrice est une femme, une bien étrange femme. Elle est un peu lunatique, elle est très torturée, elle n’a pas vécu des choses faciles. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une personne à laquelle on s’attache facilement, qui nous noue le cœur. Mais c’est une meurtrière. Elle a tué son enfant. Un nourrisson. Comment ne pas frissonner de dégoût en sachant cela ? Et pourtant, elle semble si inoffensive. Tout au long du roman, le lecteur est donc déchiré, entre l’apparence passive de cette femme, et ce qu’il sait véritablement sur elle. Ce bouquin, ce contraste provoque un sentiment très perturbant : Qu’il ait pitié d’elle ou non, le lecteur se sent, à chaque page, coupable. C’est très fort, comme coup, et perturbant. Très bon point, donc. Un mot sur un seul autre personnage, le mari de cette femme, à qui la totalité du livre s’adresse. Je l’ai détesté. Pour lui, je n’ai jamais hésité. Non pas que la narratrice nous incite à le détester. Mais, au fil des pages, je sentais gonfler en moi une haine implacable (Oui, je pèse mes mots, vous me connaissez.) pour cet homme imbuvable, égoïste, manipulateur. Je refusais de croire que pareil homme puisse exister, et pourtant. Les personnages sont donc une très belle réussite pour cet ouvrage, vraiment.

J’ai eu du mal avec le style de l’auteure. Il n’est pas mauvais, loin de là. Il est intéressant, relativement entraînant, il vous happe rapidement et longuement. Cru, honnête, cassant, nature, le vocabulaire est sans prétention, très adapté au style du texte. Il permet alors de renforcer l’authenticité du récit, qui est, rappelons-le, très largement inspiré d’un véritable fait divers. Mais il y a quelque chose qui m’a énormément gênée dans ma lecture : Le fait que ce bouquin soit une conséquente lettre au mari de la narratrice. Par conséquent, l’écriture est pleine de « Tu », d’apostrophes destinées à ce terrible homme. J’ai trouvé que cela imposait une certaine barrière entre le lecteur et l’histoire, et empêchait de se sentir au plus près de la narratrice. C’est dommage, car tout le reste est très, très bon.

Que dire de l’intrigue ? Je suis très partagée. Je trouve que l’idée de base était excellente. Le sujet traité, l’infanticide, est peu abordé en littérature, car assez tabou. Je salue donc cette prise de risques, car écrire un roman, du point de vue de la criminelle, sans faire polémique, n’est pas chose aisée. En débutant cet ouvrage, on s’attend véritablement à comprendre pourquoi, ce qui peut pousser à commettre ainsi l’irréparable. Bien entendu, un tel geste est injustifiable. Mais le lecteur veut tout de même savoir. Alors, pendant 99% du récit, on apprend à connaître cette femme. De sa plus tendre enfance au « Jour J », elle se dévoile, on l’apprivoise. Toute cette partie est intéressante, et nécessaire au texte. Elle est intelligemment amenée, de façon à faire crédible, authentique. Au début, on est donc captivé par le quotidien de la narratrice. On a cette soif de savoir qui nous pousse, qui rend chaque détail impressionnant, fascinant. Chaque mot est pris en considération, on note tout, de manière à passer au peigne fin chaque élément qui pourrait « donner raison » à cette femme. Pour le coup, cette lecture demande une certaine dose de concentration. Mais, petit à petit, tout cela devient trop. Ca devient fastidieux de chercher la petite bête, d’attendre LE détail. On creuse, mais on ne trouve rien. Qui ne se lasse pas de ce genre de situations ? Alors, au fur et à mesure, notre lecture se ralentit, on est moins dans le truc. Car elle a beau ne pas être joyeuse, la vie de cette femme n’est pas pour autant trépidante. C’est inévitable : On finit par s’ennuyer. A partir de ce moment, lire ce bouquin devient plutôt une corvée, car il a beau être court, on en voit pas le bout. C’est bien dommage, car ça partait bien ! Mais j’avoue qu’à la moitié, j’ai décroché. Heureusement, cette sorte de curiosité malsaine nous conduit à aller plus loin. Cela nous permet de toucher à des sujets délicats, ce qui n’est pas si mal en soit. Mais il manque quelque chose pour que cet ouvrage soit prenant aux tripes. J’imagine que c’est un parti pris, de le romancer le moins possible, pour se rapprocher au maximum de la réalité et du fait divers à l’origine du bouquin. C’est un choix qui se respecte. Mais qui, à mon sens, n’était pas le plus adapté pour cet ouvrage. Je comprends l’idée, et me dis, qu’après tout, une telle histoire ne peut être passionnante. Mais je n’y peux rien, mon œil critique m’incite à avoir cette opinion. A vous de voir si vous la partagerez ou non…

J’ai été déçue par la fin, en majeure partie. Après tant d’efforts, tant d’attente, j’espérais trouver au bout quelque chose qui en vaille la peine. Et puis, à savoir pour de bon ce qui s’était passé. C’est bien beau de comprendre les raisons de quelque chose, encore faut-il savoir de quoi on parle à la base. Malheureusement, ce n’est pas le cas. On ne sait au final presque rien, très peu d’indices sur les faits sont donnés. Tout cela reste dans le vague, et m’a laissé sur ma faim. Comme pour le reste, j’entends que ce soit plus ou moins par pudeur, par respect. Je suis probablement trop adepte du voyeurisme. Mais, en tant que lectrice d’un roman aussi lourd et psychologique, je m’attends à ce que mon regard soit éclairci par la chute. Sauf que ce n’est pas le cas. C’est bien dommage, encore une fois. Du coup, j’ai vraiment du mal à conserver un bon souvenir de ce livre, qui était pourtant prometteur. Néanmoins, même au moment crucial, je me suis ennuyée, et ça, ce n’est pas possible pour un bon bouquin.

Je trouve la couverture plutôt belle, et ingénieuse. De loin, elle semble discrète, simple, et prude. Mais quand on s’approche vraiment, elle prend un tout autre aspect, ce qui s’accorde terriblement bien avec le texte. Pour ce qui est du titre, je suis aussi très emballée : Il est étrange, intrigant, mais on le comprend très bien après lecture. Le livre-objet est donc au top, y a pas.

En conclusion, même s’il part de bons éléments, ce livre est une déception. Il partait bien, et puis, ça a mal tourné. Il est peut-être trop réaliste pour intéresser véritablement un lecteur. C’est un parti pris, qui n’a pas fonctionné avec moi. Cependant, au vue de sa petite taille, si vous êtes intrigué, tentez, car vous serez peut-être plus séduit que moi, vous n’avez rien à y perdre, puisque par exemple, le début est loin d’être mauvais. Mais il m’a manqué quelque chose pour vraiment m’y faire…
J'ai été déçue...

22 avril 2015

CONCOURS 3 ANS DU BLOG ♥ [TERMINE]

Population lectrice,

Le 1er Avril, le blog fêtait ses 3 ans. Je vous avais donc promis pour l'occasion un "mois" anniversaire, avec plusieurs petites surprises. 

Voici donc la première, un concours !

A gagner, quatre lots :

2 exemplaires du roman Les Petites Reines de Clémentine Beauvais


On les a élues "Boudins de l'année" sur Facebook.
Mais Mireille Laplanche et ses "boudinettes", Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris... Pour s'incruster à l'Elysée !
Place aux Petites Reines !

1 exemplaire du premier tome de la série Les Intrigantes de Christine Féret-Fleury

Couverture Les Intrigantes, tome 1 : Rivales

Versailles est en émoi ! Versailles se pâme !
Une nouvelle venue défraie la chronique: c'est une magnifique rousse flamboyante, qui se fait appeler Rouge et dont nul ne sait rien.
Le célèbre couturier Claude de Chinelle la prend sous son aile, il en fait son modèle, sa muse.
Les jalousies se déchaînent, les rivalités se déclarent: Rouge attise toutes les passions.
Ni la belle Élise de la Valle, ni le ténébreux Philippe de Saint-Agrève ne parviennent à percer son secret.
L'une la déteste, l'autre l'adore, mais Rouge demeure insaisissable...

1 exemplaire de Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens de Becky Albertalli

Couverture Moi, Simon 16 ans Homo Sapiens

Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement : 
1/ Ils fréquentent le même lycée. 
2/ Blue est irrésistible. 
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.) 
Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…

Les deux premiers ouvrages sont gracieusement offerts par les éditions Sarbacane, et les deux suivants par les éditions Hachette.

Modalités :

- Concours ouvert jusqu'au 22 Mai 2015 à minuit.
- Une seule participation par personne. Toute triche sera éliminatoire.
- + 1 chance si vous likez la page Facebook du blog. (Facultatif)
- Les gagnants seront tirés au sort, et auront une semaine pour me répondre. Passé ce délai, je tirerai un autre gagnant.
- Concours ouvert à la France métropolitaine, la Suisse et la Belgique pour Les Petites Reines, et à toute l'Union Européenne pour les autres ouvrages.
- Les éditions et moi nous dégageons de toutes responsabilités en cas de perte des lots par la Poste.

Pour participer :

Rien de plus simple, il suffit de compléter ce questionnaire :




Si vous avez la moindre interrogation, n'hésitez pas à me contacter à cette adresse :


Merci encore pour ces trois années incroyables.

Love, books and happiness,

Mathilde ♥

EDIT 23/05/15 :

Les gagnants ont été tirés au sort aujourd'hui. Merci pour vos très nombreuses participations, j'avais au total 145 noms dans le logiciel de tirage au sort ! J'aurais aimé tous vous faire gagner... Alors rendez-vous très vite pour un prochain concours !
En attendant, voici les vainqueurs de ce concours :

Les Petites Reines : 

- Romane D.
- Tess L.B

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens :

- Gaëlle D.

Les Intrigantes Tome 1 :

- Cléa M.

Félicitations à elles et merci encore ! ♥

21 avril 2015

Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire

Couverture Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoireJe m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire

Titre : Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire
Auteur : John Agard
Editions : Nathan
Année de parution : 2015
Pages : 135 pages
Prix : 13,90 €

Résumé :

Des tablettes sumériennes à l'arrivée de l'e-book, Livre présente avec beaucoup d'humour son autobiographie. Et sa vie se lit comme un roman ! Les 20 petits chapitres se savourent comme des friandises : Livre nous apprend qu'il a eu sa période rock and roll pendant des siècles, que grâce aux Romains il a eu un dos en bois, que les moines l'ont enluminé au Moyen Âge, qu'il a un faible pour la lettre "P" -celle qui "évoque tant de bons moments de sa vie" : papyrus, parchemin, papier, presse d'imprimerie, poche, publication. et aussi qu'il a une capacité de résistance et un vrai sens de la famille avec son frère, e-book !

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Samia et les éditions Nathan pour cet envoi !

Lorsque j’ai reçu cet ouvrage, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Ce n’était pas un roman, cela semblait plus être un documentaire. Passionnée par les livres, je ne pouvais donc pas passer à côté de leur Histoire. Néanmoins, ma lecture a plus été laborieuse, et j’ai eu du mal à accrocher avec ce bouquin.

Pas question de parler de personnages ici : Il n’y en a pas, ce n’est pas une œuvre de fiction. Il y a alors seulement le narrateur, qui est en fait le Livre. Au cours de cette centaine de pages, il nous raconte son Histoire, son évolution. Il nous confie ses sentiments, ses impressions, ses craintes, ses réjouissances. Faire parler ainsi un Livre n’est pas une mauvaise idée en soi : C’est un principe assez original, et qui fonctionne bien. On finit par s’attacher à ce Livre, relativement chaleureux et charismatique.

Le style est donc assez particulier. Les informations et faits relatés sont clairs, bien expliqués. L’écriture est accessible, même pour des plus jeunes. Je ne peux en revanche dire que j’ai été captivée, car, vous le verrez plus bas, j’ai même eu du mal à aller jusqu’au bout. Mais je reconnais que le ton employé est plutôt plaisant, jovial et amusant. Il est alors fort probable que cela plaise à de nombreux enfants.

Mais alors, qu’est-ce-qui ne va pas avec ce petit livre ? C’est simple : Le bourrage de crâne. Je sais que c’est le but d’un documentaire, ce n’est pas la première fois que j’en lis un. Néanmoins, il y a des façons plus ou moins adaptées de le faire, et j’ai ici trouvé qu’il manquait quelque chose pour lier toutes les informations. En fait, non, je dis n’importe quoi : Le véritable problème est que tous ces éléments sont trop étroitement assemblés. Il y avait un fil rouge : La voix du Livre. (Hey, salut Tom !) Sauf que ce n’était pas suffisant pour donner un sens à tout cela. (OK, j’avoue, là je suis un peu en galère pour trouver les mots et expliquer mon malaise avec cet ouvrage.) J’ai eu, en lisant, l’impression que les diverses informations étaient balancées là, et artificiellement regroupées par un lien qui n’était pas le leur, de façon un peu grossière. C’était un peu décevant, il faut l’admettre. Car pourtant, il y a eu derrière tout cela un conséquent et remarquable travail de recherches, qu’on sent approfondi et sérieusement effectué. Pour cela, ce bouquin vaut la peine d’être lu. Mais il y a à mon grand regret trop d’inconvénients. Par exemple, j’ai aussi noté un certain cafouillage au niveau de la chronologie : Il est difficile de suivre les allers et retours provoqués par l’auteur, et, pour le jeune public à l’origine visé, je pense que cela va être compliqué de suivre. Et je suis presque persuadée que très peu vont réussir à accrocher et à se concentrer suffisamment avec ce bouquin. C’est vraiment dommage, car il y avait à côté de cela de très bons points. J’ai notamment adoré toutes les citations à propos de la lecture glissées un peu partout dans le texte, c’est un véritable plus qui me sera bien utile pour divers travaux. Il y également de jolies illustrations bien travaillées, qui allègent un peu cette masse de connaissances, et qui la rendent plus concrète. Mais ces quelques éléments ne sont pas suffisants, et ne font pas le poids face aux points négatifs. En fait, l’idée de base est très prometteuse, mais probablement assez mal exploitée. Il y a du potentiel, mais qui, à mon avis, n’a pas été bien modelé. Car ce livre est trop jeunesse pour des adultes, et trop ardu pour des enfants. Le manque d’équilibre entre les deux pose donc problème, et j’en suis la première déçue.

Par contre, l’objet-livre est splendide. Il s’agit d’un hard-back, donc un livre « en dur », avec un rabat dessus. La couverture est assez simple et épurée, elle correspond très bien à l’ouvrage. Les couleurs sont bien choisies, elles sont classiques, mais attirent l’œil. J’adore le titre, original, assez long et explicite, il donne envie d’approcher ce curieux bouquin. Je suis lourde, mais dommage que le contenu ne soit pas à la hauteur du contenant…

Voilà, c’est donc une chronique assez courte et mitigée qui s’achève là. Je ne dis pas que ce livre est extrêmement mauvais, il a de bons côtés qui méritent d’être connus. Je ne sais cependant pas à quel public le recommander, car il est difficile de le déterminer tant il est contradictoire. Si vous êtes très curieux et motivé, il est probable que ce bouquin vous plaise. Mais il faut vraiment en avoir envie, et surtout, ne pas s’attendre à quelque chose de révolutionnaire. Personnellement, je m’attendais à en sortir avec un nouveau regard sur les livres, mais ce n’est pas le cas, ce qui est, ma foi, assez dommage. Tant pis !
J'ai été déçue...
Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Puis...

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Nathan.

20 avril 2015

Le mystère de Lucy Lost

Couverture Le mystère de Lucy LostLe mystère de Lucy Lost

Titre : Le mystère de Lucy Lost
Auteur : Michael Morpugo
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Année de parution : 2015
Pages : 448 pages
Prix : 15,50 €

Résumé :

Mai 1915... Sur une île de l'archipel des Scilly, un pêcheur et son fils découvrent une jeune fille blessée et hagarde, à moitié morte de faim et de soif. Elle ne parvient à prononcer qu'un seul mot : Lucy. D'où vient-elle ? Est-elle une sirène ou plutôt, comme le laisse entendre la rumeur, une espionne au service des allemands ? De l'autre côté de l'Atlantique, le Lusitania, l'un des plus rapides et splendides paquebots de son temps, quitte le port de New-York. A son bord, la jeune Merry, accompagnée de sa mère, s'apprête à rejoindre son père blessé sur le front et hospitalisé en Angleterre...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour ce merveilleux envoi !

Lorsque j’ai reçu cet ouvrage, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et j’étais assez partagée : D’un côté, c’était une brique, de l’autre, le sujet et l’époque étaient tentants. Je me suis donc plongée dans ma lecture un peu au hasard, et j’ai bien fait, car je l’ai dégustée, et j’ai adoré.

Les personnages sont fantastiques. Il y a Alfie, jeune garçon téméraire, touchant, généreux, d’une grande maturité pour son âge. On s’attache de suite à lui, car il dégage un certain charme vraiment plaisant. Il y a aussi Lucy, jeune fille dont on ne sait rien, presque muette, courage, qui évolue énormément au fil de l’histoire. Elle touche immédiatement le lecteur, car elle est si douce, si blessée qu’elle ne peut laisser indifférent. Il y a Jim et Mary, les parents d’Alfie, un couple merveilleux, au cœur d’or, et à l’aplomb honorable. Il y a le Dr Crow, un homme brillant, altruiste, patient et au cœur immense, qui impose de suite le respect. Il y a les enseignants, Mr Beagley & Mlle Nightingale, lui aussi tyrannique et détestable qu’elle est adorable et ouverte d’esprit. Il y a l’Oncle Billy, curieux personnage au lourd passé. Il y a tellement de personnages à apprécier dans cet ouvrage, ils sont tellement riches, intéressants, et vous en apprennent tellement sur vous-même… C’est remarquable.

Le style est tout aussi époustouflant. Dès les premières pages, on se sent bien dans le livre, il devient difficile de le délaisser tant il est captivant. Les plus de 400 pages défilent très rapidement, très facilement. Les mots de l’auteur sont bien choisis, coulants. Les descriptions sont excellentes, et permettent de très bien se représenter les paysages insulaires. Le texte est bourré d’émotions vibrantes, qu’on prend le temps d’apprécier. Je dois vous avouer que, parfois, je suis restée un certain temps avant de tourner une page, appréhendant ce que je savais trouver derrière. Cet ouvrage fait donc très réel, on vit l’histoire plus qu’on ne la lit.

L’intrigue est tout simplement épatante. Elle n’est pas bien gaie, mais elle est sublime. Elle aborde un passage de l’Histoire, le bombardement du Lusitania, trop souvent délaissé au profit de son semblable bien plus connu, le Titanic. J’avoue que, moi-même, grande passionnée de l’histoire du Titanic, j’ignorais presque tout de cet autre naufrage. D’un point de vue uniquement culturel, ce roman est donc très enrichissant. Mais il n’est pas qu’un bouquin historique, il est plus que cela. Ce texte parle de la vie, de l’enfance, de la reconstruction. Au tout début, le mystère plane sur la jeune Lucy, et le lecteur a l’impression d’avancer à tâtons dans un épais brouillard dont il ne saisi pas le sens et la provenance. Mais très rapidement, la narration du roman passe à deux voix ; et cette deuxième voix nous fait vite comprendre une grande partie de la clé de l’intrigue. J’ai vu de nombreuses chroniques se dire déçues de ce manque de suspense, de cette évidence trop promptement dévoilée. Je ne suis pas d’accord avec ce point : Certes, cet ouvrage ne joue (presque) pas avec l’effet de surprise. Mais je suis persuadée que ce n’était pas son but initial. Avec ce roman, il ne faut pas s’attendre à une aventure mystérieuse, à enquêter pour percer le secret de Lucy. Tout ceci n’est qu’un prétexte pour donner l’occasion aux personnages de grandir, ou de se reconstruire. Ce livre est plus centré sur la psychologie que le suspense. En mettant implicitement le lecteur dans la confidence, il lui offre la possibilité de mesurer l’étendue des efforts de Lucy. Voir ainsi la jeune enfant réapprendre à vivre n’a de sens que lorsque l'on sait ce qu’elle a véritablement vécu. Les émotions n’en sont que décuplées. On progresse avec elle, on a le sentiment d’être à ses côtés, de l’aider à se relever. Ce roman est magique, car il ne prétend pas être ce qu’il n’est pas. Entre ses pages, on pleure, on rit, on a le cœur qui se serre. Toutes ces émotions rendent alors le livre encore plus authentique. Vous dire que cet ouvrage n’est absolument pas romancé serait vous mentir : Certains hasards ou passages semblent moins crédibles, et s’apparentent davantage à une création qu’à la réalité. Mais franchement, en comparaison du reste, on oublie vite ce point. Ce récit vous prend aux tripes, il ne vous lâche plus, il vous apprend beaucoup, sur l’Histoire, sur la chance, sur la vie.

Peut-être est-ce la fin qui a empêché cet ouvrage d’être un coup de cœur. Elle était magnifique, pas de problème là-dessus. Elle se montre sans aucune hésitation à la hauteur des trois premiers quarts du texte, et est elle aussi très touchante. Elle correspond globalement à mes attentes de lectrice critique et affamée. Simplement, elle fait partie de ces quelques passages assez romancés. Oui, ce n’est, dans l’ensemble, pas un drame, d’avoir des extraits de ce genre. Mais le fait d’achever ma lecture sur un de ces moments m’a un peu refroidie, car je n’ai pas fini sur la meilleure touche du livre. Attention, je ne dis pas que cette chute n’est pas intéressante. Au contraire, elle est très pertinente,  et très bien dosée entre drame et happy end. Elle n’est juste pas ultra réaliste, ce qui est un peu dommage. Elle est de très bonne qualité, mais avec un roman comme celui-ci, on pourrait s’attendre à une issue parfaite, et ce n’est pas tout à fait le cas, malheureusement. Cependant, je ne ressors absolument pas déçue de cette lecture, au contraire ! J’en garderai un excellent souvenir.

Le titre est simple, clair, et symbolique. Il ne met peut-être pas avant la partie la plus importante de l’histoire, mais il en reflète un certain aspect. Pour ce qui est de la couverture, j’ai personnellement celle des Epreuves Non Corrigées, qui est superbe, très épurée, et pourtant, très représentative du bouquin. La version définitive est jolie, totalement en harmonie avec le texte, mais un peu trop chargé à mon goût. Enfin, ce n’est qu’une opinion très personnelle, car j’admets qu’elle est réussie !

Au final, ce livre est donc une excellente surprise, que je ne suis pas prête d’oublier. N’ayez pas peur de ses nombreuses pages, vous ne les verrez même pas passer ! Je vous recommande de toute évidence cet ouvrage, qui en vaut vraiment la peine. En fonction de l’âge du lecteur, il se comprendra à différentes échelles, mais ce qui est universel, c’est qu’il plaira. Ne passez pas à côté d’une si belle pépite, par un auteur de renom, qui vous embarquera pour un inoubliable voyage à travers les îles anglo-saxonnes et la Première Guerre Mondiale…
J'ai adoré !
Livre se trouvant dans la propre bibliothèque.

Et...

Livre reçu dans le cadre du partenariat avec les éditions Gallimard Jeunesse. Merci à eux !