31 juillet 2015

Booktube et la Blogo en Short : Interview d'Anne Loyer

Population lectrice, 
Couverture Comme une envie de voir la mer


Je vous retrouve aujourd'hui dans le cadre de la fête du livre jeunesse Lire en short, et plus particulièrement de l'événement Booktube et la Blogo en Short. Pour plus d'infos sur cette super fête à laquelle je participe, je vous donne rendez-vous ici et !

Souvenez-vous, il y a quelques jours, je vous ai chroniqué le merveilleux Comme une envie de voir la mer, par Anne Loyer. Et bien, pour vous, elle a accepté de répondre à quelques questions autour de son nouvel ouvrage, et de la littérature jeunesse en général. Merci à elle !

BB en short : Bonjour Anne ! L'équipe de Booktube et la Blogo en short et moi-même vous remercions vivement d'avoir accepté de répondre à mes questions. Vous êtes donc auteure jeunesse depuis, si je ne m'abuse, 5 ans. Et cette envie d'écrire, elle, elle remonte à quand ? Vous est-elle tombée dessus par hasard ?

Anne Loyer : Oui, cinq ans déjà et une envie qui remonte aux confins de l'enfance... Cependant les écrivains étaient pour moi des personnes peu accessibles, presque mythiques... alors j'ai passé mon chemin sans essayer. Mais j'ai toujours écrit puisque pendant plus de 15 ans j'ai été journaliste de presse écrite. C'est en redécouvrant la littérature jeunesse dans les yeux et les mains de mes enfants, à la lumière d'une rencontre avec l'auteure Christine Palluy et en chroniquant des albums et romans que l'envie a gonflé telle une nécessité impérieuse. Alors j'ai cédé aux sirènes qui m'appelaient et j'ai tout lâché pour m'y engloutir !

BB en short : Lorsque vous avez commencé à écrire, le domaine de la jeunesse s'est-il imposé naturellement, ou est-ce un choix longuement réfléchi ?

Anne Loyer : Naturellement du fait de mon blog, d'une formation à la BNF autour de l'historique de la littérature jeunesse et de la liberté de tons, de styles que procure ce pan de la littérature ! Travailler avec des illustrateurs, voir éclore ses mots en dessins, pouvoir traiter tous les sujets sous différents angles : voilà de quoi me réjouir et offrir une infinité de possibles qui m'enchante ! 

BB en short : Vous venez de publier, aux éditions Alice, un roman pour adolescents, intitulé Comme une envie de voir la mer. Pouvez-vous nous en parler un peu plus ?

Anne Loyer : C'est un roman qui s'est imposé à moi après avoir écrit les premières lignes sur mon blog. J'avais envie de me pencher sur cette Ludie au destin cassé dans sa petite enfance... D'éclairer le contraste de cette jeune fille au parcours parfait par un choc dissimulé par les ans et les silences. 

BB en short : L'histoire de Ludie et des siens est assez singulière... Est-ce inspiré d'une histoire vraie ? Si non, d'où vous est venue cette idée d'écrire sur des sujets délicats, comme ceux abordés dans votre ouvrage ?

Anne Loyer : Non, il n'y a rien de vrai... Même si, peut-être, certains pourront s'y retrouver au fil des pages. J'aime beaucoup les sujets intimistes, les cassures enfouies qui font émerger les révélations. Ici j'avais envie de confronter des situations très opposées comme la précocité et le handicap, l'amour qui croit tout pouvoir et l'amour qui se fissure. Comment pouvait-elle réagir face à ce message qui bouleverse tout ce qu'elle vécu depuis toujours ? J'ai choisi la fugue à deux, la fuite vers la mer, cet élément tellement porteur, tellement vaste, où elle pense pouvoir communier avec ses origines. Une quête de soi au fil de la route, où tout prend un relief singulier et lui permet sinon de comprendre, au moins d'accepter... 

BB en short : Nous célébrons actuellement la littérature jeunesse, à travers la fête Lire en Short, organisée par le Centre National du Livre. C'est donc l'occasion, pour une quinzaine de jours, de diriger les projecteurs sur les nombreux livres pour enfants et adolescents. Que pensez-vous de la place de la littérature jeunesse en France, de nos jours ? Est-elle suffisamment reconnue, et mise en avant ?

Anne Loyer : Je suis ravie de cette initiative Lire en Short, je vais y participer dans mon village avec une lecture et une dédicace ! Cet élan national est une excellente chose et j'espère qu'il sera pérennisé et amplifié les années prochaines. La littérature jeunesse, et c'est paradoxal, a une grande place à l'école et auprès des enfants, c'est le secteur littéraire qui se porte le mieux en France, mais il n'est absolument pas valorisé par les médias nationaux. Ayant été journaliste, je sais combien la place dévolue aux chroniques d'ouvrages jeunesse n'est que peau de chagrin. C'est une misère alors que tous les beaux discours, publics et politiques, font l'éloge de la lecture dès le plus jeune âge... Pas d'émissions littéraires télévisées sur le sujet, très peu d'émissions radiophoniques quant aux journaux, s'ils ne sont pas spécialisés, ils n'y font aucune place (à part pour le salon de Montreuil et à Noël). Il y a même une attitude négative sur les auteurs jeunesse par l'ensemble du monde littéraire... Il n'y a qu'à écouter ou lire les propos de François Busnel de La grande librairie pour s'en faire une idée. Personnellement je trouve cela très dommageable et totalement contre-productif. Pourquoi dire aux jeunes de lire si ce qu'on leur propose est - soit-disant - aussi mauvais ? Faudrait-il qu'à deux ans ils lisent déjà des classiques ? C'est ridicule et tellement idiot...  

BB en short : Vous êtes donc une adulte, comme la grande majorité des auteurs qui nous écrivent, à nous, jeunes, nos lectures. Est-ce difficile, parfois, de se mettre dans la peau d'un enfant ou d'un adolescent, pour comprendre ce qui pourrait lui plaire, et s'adapter à son niveau de langage, de maturité ? Comment vous y prenez-vous ?

Anne Loyer : Je suis une adulte et donc composée de strates, celles de l'enfance et de l'adolescence n'en sont pas les moins importantes ! Je plonge donc dans mes souvenirs, mes émotions d'enfant ou d'adolescente pour faire remonter ces sentiments si forts, si violents qui m'ont habitée à ces différents âges. Mais j'observe aussi les jeunes qui m'entourent, mes propres enfants déjà - j'en ai deux de 15 et 11 ans - et tous les autres. Observer, s'imprégner sont des conditions incontournables lorsqu'on veut écrire, de la fiction en particulier, que ce soit pour les adultes ou les plus jeunes. Je ne pense pas que l'acte d'écrire en lui même change selon la cible. En revanche les mots, les tournures de phrases ne sont pas forcément les mêmes, selon l'âge. Il faut s'adapter, se laisser aller aussi. Lorsque je commence un roman c'est l'envie de traiter un sujet qui me pousse pas la personne à qui je suis censée m'adresser. Lorsqu'il s'agit d'une commande, c'est différent ! Là il faut tenir compte de l'objectif qu'on m'a assigné. Mais c'est un excellent exercice d'écriture que j'affectionne particulièrement aussi ! C'est pour cela que j'aime tellement cet espace littéraire : il est aussi varié que riche ! 

BB en short : Vous avez forcément lu, durant votre enfance, votre adolescence, ou même récemment, un ouvrage de littérature jeunesse qui vous a particulièrement marquée. Pourriez-vous en recommander un à nos lecteurs, et nous en parler un peu ?

Anne Loyer : Oh, oui ! J'en ai lu énormément et notamment pour mon blog Enfantipages. Les coups de coeur ne manquent pas et c'est difficile de répondre - de choisir plus exactement ! Durant mon enfance j'ai adoré Après la pluie le beau temps de la Comtesse de Ségur, je ne sais plus combien de fois je l'ai lu. Plus vieille j'ai naturellement été dirigée vers les classiques... (à mon époque la littérature ado n'existait pas comme aujourd'hui). Mais aujourd'hui les livres ados se sont développés et offrent de véritables pépites ! Je citerai parmi mes dernières lectures : Les petites reines de Clémentine Beauvais chez Sarbacane (roman désopilant autour de thèmes plus profonds qu'il n'y parait) ; Fantoccio de  Gilles Barraqué à l'école des loisirs (magistral roman qui revisite l'histoire d'un Pinocchio adolescent) ; Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier chez Casterman (un super roman historique et de témoignage sur la ségrégation raciale aux Etats-Unis)... 
Et puis l'un de ceux qui m'ont le plus marquée Oh Boy, de Marie-Aude Murail à l'Ecole de loisirs... à découvrir absolument. 
Pour les plus jeunes je recommande tous les ouvrages de la collection En voiture Simone chez Thierry Magnier, qui sont terriblement drôles et bien écrits ! L'un des derniers : Le capitaine Triplefesse de Fred Paronuzzi ! Un pur régal !
Leur collection de Petites poches, pour les lecteurs débutants 7-9 ans, est carrément géniale. 
Mais il y en a plein d'autres à découvrir... et la quête n'a pas de fin... et heureusement ! 

BB en short : Et bien, merci encore d'avoir pris de répondre à toutes ces petites interrogations ! N'hésitez pas si vous avez un petit mot pour la fin...

Anne Loyer : Merci de cet intérêt pour mon travail ! J'espère avoir bien répondu à vos attentes et pouvoir continuer encore longtemps ce métier fabuleux ! :)

Voilà ! J'espère que cette interview vous donnera encore plus envie de lire Comme une envie de voir la mer, dont ma chronique se trouve juste ici !

Love, books and happiness,

Mathilde ♥

27 juillet 2015

Refuges

Couverture RefugesRefuges 

Titre : Refuges
Auteure : Annelise Heurtier
Editions : Casterman
Année de parution : 2015
Pages : 230 pages
Prix : 12 €

Résumé :

Mila, une jeune Italienne, revient sur l'île paradisiaque de son enfance, espérant y dissiper le mal-être qui l'assaille depuis un drame familial. Très vite, d'autres voix se mêlent à la sienne. Huit voix venues de l'autre côté de la Méditerranée qui crient leur détresse, leur rage et la force de leurs espérances. Un roman envoûtant qui, depuis la lointaine Erythrée jusqu'à Lampedusa, invite à comprendre et à garder les yeux grands ouverts.

Mon opinion personnelle :

 Je commence par remercier les éditions Casterman pour cet excellent envoi !

Avant de recevoir un mail des éditions Casterman, je n’avais jamais entendu parler de cet ouvrage. Son auteure, oui, mais c’était tout. Ma curiosité a été piquée au vif, et j’ai eu raison d’être intriguée, car j’ai passé avec lui un très agréable moment.

Les personnages ont su me surprendre. La narratrice, la jeune Mila, m’a énormément plu. Il s’agit d’une adolescente simple, un peu perdue, qui tente tant bien que mal de dissimuler des blessures du passé. J’ai aimé sa fragilité, mais aussi sa volonté de remonter la pente pour elle, pour ses proches. Dans un autre genre, on s’attache aussi beaucoup à ses parents, couple brisé qui tente de se reconstruire, ou encore à son amie Paola, aventureuse au grand cœur. Mais le plus impressionnant dans ce roman, ce sont sans doute les nombreuses voix d’émigrants clandestins, qui narrent, l’une après l’autre, les terribles épreuves qu’ils traversent. Hommes, femmes, ils sont jeunes, et animés par une flamme de l’espoir impressionnante. Leur histoire est troublante, et pose question. Ils vivent des choses inhumaines, et sont là pour en témoigner. C’est magnifique, mais c’est abominable.

J’ai trouvé le style de l’auteure très bon. Il est sans chichi, mais efficace. Très rapidement, il donne envie de s’intéresser à l’histoire, puis devient tellement passionnant qu’addictif. De plus, il est vraiment accessible, facile à lire : Ca se lit tout seul. Et je dois saluer un formidable travail fait pour parvenir à se glisser dans tant de peaux. Il y a, certes, celle de Mila qui revient souvent, mais il y a également la petite dizaine d’émigrés. Et, au travers des mots, la personnalité de chacun est palpable. La façon de parler, de penser, d’agir, tout change en fonction de la voix, chacun possède une identité qui lui est propre. Et c’est plutôt rare de voir une si belle diversité quand on a autant de personnages d’un coup, alors, chapeau bas. L’émotion est là, le talent aussi.

L’intrigue est assez singulière, mais haute en couleurs. Je crois que pour bien vous en parler, je vais devoir la diviser en deux parties, en accord avec les divers points de vue adoptés dans la narration alternée. En premier lieu, nous avons donc les parties racontées par Mila, Romaine en vacances sur une île italienne. Ces passages sont intéressants, même s’ils appartiennent davantage au genre de la distraction. Grâce à notre héroïne, nous avons l’occasion de découvrir les magnifiques paysages insulaires. Les descriptions sont d’ailleurs très bien travaillées, et donnent envie ! Elle a besoin d’oublier certaines choses, de s’occuper l’esprit. L’amitié qu’elle noue petit à petit avec Paola est fascinante, car elle ne ressemble en aucun point aux amitiés très clichés qu’on trouve habituellement en littérature jeunesse. Le lecteur dans la vie de Mila un peu comme Paola : Innocemment, sans avoir idée de tout ce qu’il s’apprête à découvrir. Et j’ai aimé ces révélations effectuées au compte goutte, de manière à captiver tout en faisant perdurer le suspense. C’est également l’occasion d’installer une atmosphère lourde dans le récit, lourde comme la chaleur de l’été italien, lourde comme la peine de la famille de Mila. Alors, oui, une lourde peine, une douleur sourde qui bat sans relâche leurs cœurs. Mais qui semble presque dérisoire face aux passages décrits par les Érythréens. Car tout au long du récit, il y a un contraste flagrant entre les deux situations. On commence par plaindre Mila, et puis, presque irrémédiablement, notre compassion glisse pour ces jeunes malheureux. Parlons-en, justement, de ces autres narrateurs. J’avoue que les premières fois, le changement est tellement brutal qu’il en devient déroutant. Surtout qu’on a le sentiment de ne jamais réentendre parler de l’émigré que nous venons juste de laisser. J’avoue, je suis très mal l’actualité. J’ai eu l’occasion de travailler en cours d’Anglais sur l’immigration clandestine, mais j’étais très loin d’imaginer la cinglante réalité. Avec cet ouvrage, tout est devenu plus clair. C’est loin d’être un ouvrage facile, car les vies de ces jeunes en quête d’espoir sont dramatiques, abominables. Chaque personnage a une situation bien particulière, différente de celle qui suit. A chaque nouveau chapitre, je me décomposais un peu plus. J’ai honte, à présent, de ne pas avoir pris conscience avant de toutes les horreurs endurées. J’avais connaissance de certaines choses, mais j’étais très loin de tout connaître, et ce n’est malheureusement toujours pas le cas. Comme une bouteille à la mer, ce bouquin met en lumière ce qu’on ne dit pas, ; il crie sa rage, il crie sa vérité.  C’est donc une belle gifle qu’on se prend, mais elle est nécessaire, pour nous réveiller, nous, Européens planqués dans notre belle société d’égoïstes.

Jusqu'au bout, j’ai cependant cherché le rapport entre toutes ces histoires, entre tous ces SOS lancés à l’Europe. Puis, il est enfin arrivé. Très très tard dans le roman, mais il est quand même éclairé. Je ne saurais trop vous dire si je m’y attendais ou non, je n’y avais pas vraiment réfléchi. La façon dont les choses sont mises en lien est assez particulière, notamment dans la forme d’écriture. Mais cela m’a bien plu. Il s’agit d’une fin assez ouverte, qui délivre un ultime message, empli de courage, de vie, et d’espoir. La chute est tournée de manière à marquer encore plus le lecteur, et je peux vous assurer que cela fonctionne. Sans trop en dire, l’ensemble de l’ouvrage nous scandalise, et cela se poursuit jusque dans les toutes dernières lignes. Et on ne peut que remercier l’auteure de nous ouvrir ainsi les yeux, c’est tout à son honneur…

La couverture me plaît beaucoup. Sa simplicité et ses couleurs vives correspondent bien au texte. Elle attire l’œil, sans pour autant être trop tape-à-l’œil. Le titre est lui aussi très succinct, mais lourd de sens, et reflète parfaitement les histoires qu’il renferme. Les deux ensemble, c’est le combo parfait pour représenter un texte si poignant.

Voilà, à présent, vous n’avez plus qu’à vous procurer expressément un exemplaire de cette histoire magnifique. Plus qu’un livre, il s’agit là d’un brillant message de sensibilisation, qui fera, je l’espère, écho dans nos vies. Le plus terrible, c’est que, quelque part, quand on y réfléchit, ce genre d’ouvrages qui dénoncent ne devrait pas exister. Il ne devrait pas y avoir d’horreurs à dénoncer. A méditer. Mais en attendant, elles existent, et notre devoir à nous, citoyens, c’est d’y faire face, et de les contrer. En commençant par se lire cet ouvrage pour se renseigner, par exemple…

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu grâce aux éditions Casterman. Merci à eux !

25 juillet 2015

Comme une envie de voir la mer

Couverture Comme une envie de voir la merComme une envie de voir la mer

Titre : Comme une envie de voir la mer
Auteure : Anne Loyer
Editions : Alice
Année de parution : 2015
Pages : 106 pages
Prix : 11,50 €

Résumé :

À seize ans, Ludivine vient d'avoir son bac. C'est une fierté pour ses parents. Pour elle, c'est surtout le moment tant attendu de prendre son envol et de se défaire des attentes qu'ils ont fait peser toutes ces années sur ses jeunes épaules. Entourée de tous ses amis, Ludivine fête l'événement comme il se doit. Rien ne pourrait gâcher cette journée. Sauf un message laissé sur son répondeur... Le message d'une inconnue qui va bouleverser sa vie. Du jour au lendemain, exit Ludivine, bonjour Ludie ! La jeune fille impose à tous, et surtout à ses parents, ce nouveau prénom. Mais ça amuse plus que ça n'interpelle. Alors, sans prévenir qui que ce soit, Ludie fugue vers la mer avec, en guise de bagage, son grand frère handicapé et l'espoir de trouver une réponse au mensonge qui a régi toute son existence jusqu'ici.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions Alice, mais aussi Anne Loyer pour l’envoi de cette perle !

Depuis qu’Anne Loyer avait annoncé la sortie de ce livre, ce dernier me faisait de l’œil. Aussi, je ne peux que la remercier chaleureusement d’avoir fait en sorte que je reçoive un service presse. D'autant plus que cet ouvrage a été un vrai coup de cœur…

Les personnages sont tous, les uns comme les autres, séduisants. L’héroïne, Ludivine, ou plutôt Ludie, est particulièrement marquante. Belle, brillante, elle a tout pour plaire. Mais ce qui m’a surtout charmée chez elle, c’est la force son caractère, sa détermination, et surtout, la façon dont elle se révèle au fur et à mesure de la lecture. On s’identifie facilement à sa jeunesse, à sa fougue, ainsi qu’à cette manie que les gens ont, celle de lui imposer une personnalité qui n’est pas la sienne. Autre personnage fondamental, Mat, son p'tit grand frère. Souffrant d’un retard mental,  il est on ne peut plus naturel. Sa fraîcheur et son insouciance apportent alors une légèreté non-négligeable dans ce roman si lourd de sens. Comment ne pas vous parler également de Patrick et Adeline, leurs parents ? Ce couple est atypique, car il est aussi lâche que bouleversant. Même si, au premier contact, le lecteur est déçu par leur comportement, il finit par les apprécier. Car cette famille, à l’histoire délicate, est extrêmement touchante, et chacun de ses membres a son importance, comme les quatre piliers d’un temple d’amour.

Le style m’a littéralement subjuguée. Dès les premiers lignes, on est totalement happé par cette plume si douée, et il devient impossible de s’en défaire. L’auteure utilise un certain nombre de figures de style, ce que j’ai trouvé admirable, car c’est de plus en plus rare en littérature, en tous cas jeunesse. C’est beau, c’est mélodieux, et c’est vrai. Car oui, l’écriture est surtout pleine d’authenticité, criante de vérité. Elle se lit pourtant facilement, et on ne voit pas les pages défiler. On perçoit une véritable patte, que j’avais déjà pu découvrir dans Candy, et dont  les phrases sont toujours plus belles les unes que les autres. On se sent bien, dans ce roman, parce qu’en plus de nous mettre à l’aise, il nous parle, et ça, c’est le plus important pour un bon roman adolescent.

Dès les premiers mots, on comprend qu’on va se prendre une claque monumentale. La puissance de ce texte sonne comme une évidence, et nous assoit, littéralement. Car il y a quelque chose de fantastique, avec ce bouquin. Il a beau ne faire qu’une centaine de pages, après lecture, on a l’impression d’avoir lu plus de 500 pages. Pas parce qu’il est long, fastidieux, bien au contraire. Mais plutôt parce qu’on ressent, découvre tellement de choses, de sentiments, qu’on se dit que ce n’est pas possible de faire tenir autant en si peu de pages. Cela relève forcément de la magie ! Il y a une telle poigne, ferme et sensible à la fois, qui se dessine dans cet ouvrage. Les thèmes abordés par l’histoire sont délicats, mais pertinents. Je ne vais pas tous vous les citer pour ne pas vous spoiler, mais prenez le handicap mental, par exemple. C’est loin d’être gai, mais c’est fait ici avec une telle finesse, que tout semble plus facile. Certes, les sujets traités ne sont pas forcément originaux, ils ont déjà été vus en littérature jeunesse. Toutefois, cela ne les empêche pas de faire leur petit effet, et de devenir uniques en leur genre. Ce roman, c’est aussi un livre sur la quête identitaire, passage obligé de l’adolescence. Savoir qui l’on veut devenir, comment. La situation de Ludie a ses singularités, mais elle reprend globalement toutes les grandes lignes de cette période, avec énormément de réalisme. Cet ouvrage parle aussi d’amour. Pas forcément d’amour conjugal, car c’est surtout l’amour familial qui est ici mis en jeu. A chaque page, quelque chose est là pour nous rappeler à quel point ce sentiment est indispensable dans nos vies, pour tout surmonter, et vaincre. J’ai beaucoup aimé cet aspect de l’intrigue. Car en fait, cette lecture ne se joue pas que sur l’action, qui est assez limitée, ou sur les révélations faites, qui sont dévoilées très rapidement. En réalité, elle se concentre beaucoup plus sur le cheminement à parcourir avec ces aveux, et nous invite donc à une saisissante réflexion sur la vie, sur la vérité. Il était, je pense, nécessaire, pour ce genre d’ouvrages, de miser davantage sur la pensée que sur les faits, et l’auteure l’a très bien compris. Le voyage dans lequel nous embarque Ludie est certes concret, puisqu'elle fugue vers la mer. Même si on voit du pays, on ressent l’allégresse et l’adrénaline de l’aventure, ce n’est pas ce qui nous marque le plus. Ce qui nous intéresse véritablement, c’est le chemin intérieur qu’elle parcourt, vis-à-vis d’elle-même, de Mat, qui l’accompagne avec son regard objectif. La mer n’est qu’un prétexte, l’invitation au voyage est plus implicite que ce qu’elle en a l’air…

Je dois avouer que j’ai été surprise par la fin. Je m’attendais un peu à tout, mais pas vraiment à cela. En fait, ce n’est pas une fin à proprement parler, plus une parenthèse fermée. Il y a quelque chose brutal dans cette issue. Sublime, mais brutal. Passée la surprise, j’ai, avant de totalement finir ma lecture, cherché à comprendre, à lire au travers des mots. Et, avec un peu de recul, c’est totalement différent. On se rend surtout compte que cette chute est la plus crédible, la plus sincère possible. Elle est porteuse d’un doux message, dont je tairai le sens pour ne rien vous gâcher. Très ouverte, elle est simple et passionnée à la fois, comme la suite logique d’un parcours semé d’embûches. Il s’agit d’une conclusion idéale pour un roman mémorable, qui se dévore, mais ne s’oublie pas. Jusqu’au bout, on est pris au cœur des événements, et le combat de Ludie devient aussi le nôtre, le temps d’une lecture. Et après, on ne peut s’empêcher d’y repenser…

La couverture est magnifique. Sans prétention, en harmonie avec le récit, et avec des couleurs apaisantes. Parfaitement l’état d’esprit du contenu. Quant au titre, il est tout aussi réussi. Je le trouve très intrigant, certes long, mais justement, c’est ce qui tape dans l’œil. Poétique, il rejoint bien l’intrigue, pour un merveilleux moment…

Cela me semble clair : Vous vous devez de découvrir ce livre, et plus généralement la plume d’Anne Loyer. En plus de passer une excellente lecture, vous en sortirez changé, grandi. Pour ses personnages charismatiques, pour ce style si envoûtant, pour ces thèmes si beaux, pour tout ce qu’il vous apportera, vous ne pouvez pas passer à côté. N’hésitez vraiment pas, car je vous promets que vous ne le regretterez pas… A lire d’urgence !

Coup de coeur !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.


Livre reçu grâce aux éditions Alice. Merci à eux !

23 juillet 2015

Enclave Tome 1

Couverture Enclave, tome 1Enclave Tome 1

Titre de la série : Enclave
Numéro du tome : 1
Auteure : Ann Aguirre
Editions : Le Livre de Poche (Jeunesse)
Année de parution : 2015
Pages : 314 pages
Prix : 6,90 €

Résumé :

Le monde est ravagé. A la surface, plus rien ne vit, plus rien ne pousse. Les hommes se sont réfugiés dans des villes souterraines : Les enclaves. L'enclave, c'est ma vie. C'est le lieu qui nous protège des créatures rôdant dans les tunnels, ces Monstres mangeurs de chair humaine. Et moi, je suis celle qui protège l'enclave en retour, celle qui chasse les Monstres. Il faut servir l'enclave. C'est ce que nous disent les Aînés. Mais ce n'est pas ce que dit Del, mon partenaire de chasse. Je ne sais plus qui croire...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Betty et les éditions Hachette pour cet envoi !

J'avais énormément entendu parler de cette trilogie, qui avait fini par m'intriguer. C'est pour cela que, lorsque j'ai eu l'occasion de la débuter, je n'ai pas hésité. J'ai finalement bien fait, car j'ai littéralement adoré.

Les personnages sont plutôt intéressants, et attachants. J'ai eu besoin d'un peu de temps pour vraiment les cerner et les apprécier, mais une fois que c'était fait, il m'était devenu impossible de les délaisser. La narratrice, Trèfle, est une héroïne fascinante : Elle évolue énormément tout au long du récit. De la jeune fille naïve et disciplinée à la rebelle accomplie, il n'y a finalement qu'un pas : La liberté. Voir le contraste, et le changement qui opère sur cette protagoniste lorsqu'elle goûte à ce nouveau sentiment, c'est saisissant. Sa combativité et son altruisme font d'elle une adolescente forte et touchante. Son compagnon, Del, est lui aussi, à sa manière, prenant. Plus distant, avec un mental d'acier, il est plus difficile à apprivoiser. Mais encore une fois, lorsque c'est chose faite, on ne peut plus se passer de ce séduisant jeune homme, mystérieux et brillant. Le duo qui complète ce quatuor (Les Maths et moi sommes fâchées), composé de Bandit et Tegan, est tout à fait à la hauteur des deux premiers. Bien différents, plus sombres et extrémistes, ces deux jeunes gens sont pourtant tout aussi pertinents, et complètent parfaitement les personnalités de Trèfle et Del.

Le style de l'auteure est... Particulier. A vrai dire, au début, j'ai eu un peu de mal à être emballée. Je n'accrochais pas vraiment à sa plume, que je trouvais un brin fastidieuse. Il n'y avait pas cette aura qui rend un bouquin captivant. Il me manquait quelque chose. Ce n'était pas pour autant rebutant, mais, tout me semblait assez terne. Et puis, presque d'une page à l'autre, il y a eu comme une révélation, et l'écriture s'est faite plus enlevée, passionnante, vibrante. Je ne saurais expliquer cette transformation, qui s'effectue environ au premier quart de la lecture. Mais brusquement, elle rend le livre bien plus magique, addictif, et surtout plus parlant, pour des adolescents. On ne peut plus se passer de cet ouvrage, il est tout bonnement excellent.

Venons-en à l'intrigue. Il s'agit bien évidemment d'une dystopie, fortement inspirée des plus célèbres de ce genre. Bon, je préfère vous prévenir tout de suite : Même si l'auteure parvient à faire très fort sur certains points, l'originalité reste un peu sur le banc de touche. L'univers imaginé est confortable, bien décrit et cohérent. Il n'est pas issu d'une créativité incroyable, les éléments utilisés sont ceux qui ont déjà fait leurs preuves dans d'autres séries. Toutefois, on embarque tout de même avec plaisir pour cette aventure pleine de rebondissements et de surprises. Pour ce premier tome, l'action est assez présente, bien répartie sur les divers chapitres, et suffisamment mesurée pour entraîner le lecteur. Petit à petit, l'auteure sème des indices au coeur de son histoire, afin de laisser présager les révélations faites au fur et à mesure de la lecture. En toute sincérité, on se doute assez facilement de la nature de ces aveux. Techniquement, là, vous êtes en train de vous demander ce que je vous raconte, et si vous devez véritablement vous fier à mes articles. Bin oui, je vous dis que je suis tombée raide dingue de cette série, mais en même temps, je passe mon temps à critiquer ! Et bien figurez-vous que c'est le plus fou dans ce premier tome : En utilisant une recette simple, connue de tous, l'auteure parvient tout de même à étonner, à marquer les esprits. C'est magique, tout simplement. On se prend totalement au jeu, il y a une telle poigne dans son récit qu'il est impossible de ne pas craquer. En plus de cela, il y a un autre très bon point dans ce texte. Grâce à au futur post-apocalyptique qu'elle imagine, Ann Aguirre parvient à apporter un regard critique et surtout neuf sur notre société actuelle. Vous allez me dire que c'est généralement le principe des dystopies. Oui, mais là, c'est différent, sincèrement. Il y a une telle justesse dans les explications fournies, une telle authenticité dans les réactions des personnages, que le message n'en est que plus limpide. J'ai énormément apprécié cet aspect du livre, très bien mis en valeur et développé. Vous devez également vous en douter, cette série contient une romance. Je vais vous dire qu'elle est très bien organisée, bien dosée, et belle, vous allez me croire, jusqu'à l'instant fatidique où je vais prononcer le mot maudit : Triangle amoureux. Hé, mais revenez, ne partez pas en courant comme ça ! Je sais que tout le monde ou presque s'est lassé de cette mode, mais curieusement, ici, les choses sont très bien faites. On ne tombe dans le psycho-drame romantique, et on est plus intrigué qu'autre chose. Vraiment, au premier abord, on pourrait voir ça comme étant un malus, mais je vous assure qu'il s'agit en réalité d'un bonus.

Si vous me suivez sur Twitter, vous connaissez déjà mon opinion quant à la chute choisie par l'auteure. Non, mais sérieusement, comment peut-on être aussi sadique ?! Après avoir répondu à une bonne partie des questions soulevées auparavant, l'auteure commence à nous parler d'autre chose, et puis, s'arrête là. J'ai vraiment beaucoup de mal avec les cliffhangers, et parfois, je vais jusqu'à dire qu'ils me dégoûtent de ma lecture. Heureusement, là, ce n'est pas le cas. Même si on ne rêve que d'avoir le tome suivant sous la main, le début de la fin (Si si, c'est Français) est tel qu'on oublie un peu la frustration qu'engendre la fin de la fin. (Puisque je vous dis que c'est Français !) Globalement, cela rattrape donc un peu les choses, mais cela n'empêche pas une furieuse envie de se jeter sur la suite. Avec une telle fin, j'en attends beaucoup du tome 2 : Autant sur la romance que sur l'escapade de nos jeunes héros, il y a beaucoup de choses promises dans ce premier tome, et j'espère que les promesses seront tenues...

Il faut bien que je râle un peu et que je vous quelque chose : Si je n'ai pas de suite été tentée par cette trilogie, c'est notamment "à cause" du livre-objet. J'ai du mal avec la couverture. La fille représentée fait plutôt peur, et les couleurs sont, de mon point de vue, peu encourageantes. Il en est de même avec le titre, qui, même s'il correspond bien à l'ouvrage, fait vraiment trop "fermé". Alors oui, c'est un peu stupide comme explication, mais, je ne sais pas, je le trouve sec et peu intrigant, comme si, de toute manière, on ne pouvait pas comprendre ce qu'il renfermait. Certes, tout rejoint l'état d'esprit du bouquin, mais malgré tout, j'aurais préféré qu'on me donne plus aisément envie.

C'est donc la fin d'une chronique enthousiaste. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas eu un tel entrain pour un ouvrage ! Je vous recommande vivement cette série qui, pour le moment, vaut largement le détour. Que ce soit pour ces personnages ou pour son style hypnotique, vous vous devez de vous lancer ! Sans vous attendre à quelque chose d'atypique, vous pouvez toutefois être assuré de trouver une lecture savoureuse, et ensorcelante. Quant à moi, j'ai déjà hâte de voir le tome 2 sortir en poche pour courir me le procurer !

J'ai adoré !

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Livre reçu grâce au site Lecture Academy et aux éditions Hachette. Merci à eux !

21 juillet 2015

Coeur de Brindille

Couverture Cœur de BrindilleCoeur de Brindille

Titre : Coeur de Brindille
Auteur : Yves-Marie Robin
Editions : Sarbacane (Exprim')
Année de parution : 2015
Pages : 192 pages
Prix : 15,50 €

Résumé :

Cités des Biscottes, dans le Nord de la France...
Lolita dite Brindille vit seule avec sa mère, alcoolique notoire. Mais en vraie fleur de béton, libre et indomptable, Brindille ne rêve que de partir -d'abord et avant tout, pour revoir son frère aîné Angelo, incarcéré à Marseille. A l'occasion d'une rencontre foudroyante avec un jeune jongleur, elle s'envole avec un cirque tzigane... Pour Brindille, pas de doute possible : En cargo, à pied ou sur la selle d'un scooter, elle ira jusqu'au bout de son aventure.. Par le chemin où naissent les légendes !

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Charlène et les éditions Sarbacane pour cet envoi sympathique !

J'avoue tout, c'est surtout la belle couverture de cet ouvrage qui m'a donné envie de le découvrir. Le résumé m'a semblé assez atypique, et j'aimais bien l'idée, alors, je me suis lancée. Et globalement, cette lecture restera un bon souvenir.

Les personnages m'ont sincèrement surprise. Ils ont tous une personnalité hors du commun, qu'on a rarement l'habitude de voir en littérature, surtout jeunesse. L'héroïne, Brindille, est pleine de fougue, de détermination, de courage. Jusqu'au bout, elle est insolente, forte. On s'attache très vite à elle, à sa bonté et sa fraîcheur, mais aussi à la fragilité qu'on devine sous ses airs invincibles. Son acolyte, Diego, lui ressemble énormément. Plein de vitalité, et d'amour pour sa belle, il n'hésite pas à passer outre les lois et les bonnes manières. Ces deux jeunes rebelles vivent leur aventure en parallèle de celle d'Angelo, le frère de Brindille. Celui-ci, prisonnier, plus calme, ne souffre pas moins pour autant. Irrémédiablement, ce jeune homme nous touche, on se prend d'affection pour sa gueule d'ange et son amour pour sa soeur, au sein d'un établissement sans pitié. Un autre personnage qui m'a beaucoup marqué, c'est le professeur de la jeune fille. L'attachement et la dévotion dont il fait preuve pour son élève sont incroyables, admirables et émouvants. Finalement, tout ce petit monde se ressemble dans le fait que chacun est unique, et mérite la plus grande attention de la part du lecteur.

Le style de l'auteur est intéressant, mais j'admets avoir eu un peu de mal à véritablement accrocher. Il est assez atypique, très franc, parfois limite vulgaire, ce qui, vous me direz, est totalement dans l'état d'esprit du bouquin. On sentait d'ailleurs, à travers les mots, une envie de se moquer des règles d'écriture, à l'image de Brindille et des codes sociaux qui l'étouffent. J'ai, pour le coup, apprécié ce risque, à la fois symbolique et pertinent. Une fois qu'on a pris le pli, la lecture devient facile, agréable, et je dirais même addictive. On se retrouve embarqué dans la soif de liberté de notre jeune héroïne, et on vit l'aventure au même rythme qu'elle, avec la même envie de croquer la vie à pleines dents.

Nous en venons donc à l'intrigue. Au premier coup d'oeil, je ne savais pas vraiment trop à quoi m'attendre, si ce n'est à découvrir quelque chose de nouveau. J'ai beaucoup aimé le cadre spatio-temporel de l'histoire, et notamment l'idée des années 70. Ce petit côté vintage dépayse le lecteur, qui se sent ainsi encore plus parti à l'aventure. La narration s'alterne donc entre Brindille et son frère Angelo, ce qui permet de promener le lecteur entre deux univers totalement différents. J'ai vraiment apprécié les passages dans le centre d'incarcération. De loin, ils pourraient sembler mortellement ennuyeux. Qu'est-ce-qu'un homme enfermé jour et nuit pourrait bien avoir d'intéressant ? L'auteur prend donc un risque, qui fonctionne alors à merveille. On découvre des choses, et la difficulté de cette vie en prison est palpable, même à travers de simples mots.Ces extraits sont forts, saisissants, et lourds de sens. On ne peut s'empêcher d'y repenser quand, quelques pages plus loin, nous sommes témoins de l'insouciance de Brindille. Car si les détours à Marseille sont plus "étroits", les aventures de la jeune fille, elles, ne manquent pas d'espace. Le lecteur se retrouve embarqué, sans trop savoir comment ni pourquoi, dans un fabuleux road-trip, parsemé de surprises en tous genres. La romance s'invite assez vite dans cette histoire un peu délurée, ce qui permet au texte à la fois de la douceur, et de la beauté. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont amoureux. C'est le schéma parfait du couple formé par le hasard, mais qui sonne comme une évidence aux yeux de tous. Derrière ces airs assez guillerets, il y a aussi des thématiques plus sérieuses qui sont abordées, comme l'alcoolisme, la violence. Ainsi, l'auteur glisse à son lecteur, implicitement, quelques petites mises en garde, qui ne sont pas négligeables. L'univers du cirque est également merveilleusement bien représenté, il vend du rêve, et offre au récit une dimension plus enfantine, et authentique. Et ce qui est très bien joué avec ce bouquin, c'est que, justement, l'auteur se sert d'un décor qu'on pense connaître, qu'on assimile à une certaine naïveté, pour en faire quelque chose de totalement différent, de plus mature peut-être, mais tout en conservant cette vie un peu volage qu'ont les artistes. On suit donc avec grand plaisir nos héros, qui tentent, ensemble, d'échapper à leur passé, et à la société qui essaye sempiternellement de les rattraper. Leur combat sonne juste, et m'a complètement happée. Bon, il faut admettre que parfois, certaines choses sont assez faciles, que tout se résout assez magiquement. Mais, pris dans l'engrenage du voyage, on devient moins terre-à-terre, et on oublie que la vie n'est pas toujours aussi clémente...

La fin m'a en revanché un peu laissée de marbre. Elle est bien dosée, ménage un peu de suspense, tout en donnant réponses à la plupart des questions soulevées au cours de la lecture. Mais il m'a manqué cette petite étincelle qui fait la différence... Après, je ne dis pas qu'elle n'est pas de qualité, loin de là ! Mais j'aurais peut-être aimé un peu moins de rose, et plus d'aléas de la vie... Là, c'est plutôt une chute que je qualifierais de "mignonne", même si le terme est exagéré, vous voyez ce que je veux dire. Jusqu'au bout, on passe un bon moment, mais justement, peut-être un "trop" bon moment... Cependant, je ne veux pas paraître trop négative : J'ai tout de même beaucoup apprécié cette issue, un brin poétique, quelque peu magique, et qui s'ouvre sur un très beau message d'espoir...

Je l'ai déjà plus ou moins dit, la couverture est magnifique. Les couleurs se complètent à merveille, les motifs sont de très bon goût, l'aspect un peu vintage totalement en harmonie avec le reste, et le personnage de Brindille si bien représenté... Le titre est sympa aussi, intrigant, symbolique. Bref, un très bel ensemble qui donne envie !

C'est donc la fin d'une chronique enthousiaste. Craquez pour cet ouvrage, vous en sortirez des paillettes plein les yeux... Tout n'est pas parfait, mais c'est dans l'état d'esprit de l'ouvrage : Sans chichi, juste la vie comme elle vient. A lire, pour l'été, c'est parfait ! Vous ne le regretterez pas, promis. Au coeur du cirque, sur les routes de Belgique ou derrière les barreaux de Marseille, Coeur de Brindille vous séduira toujours !

J'ai bien aimé !

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14 juillet 2015

Etoile filante

Couverture Etoile filanteEtoile filante

Titre : Etoile filante
Auteur : Youri de Paz
Editions : Oskar
Année de parution : 2015
Pages : 86 pages
Prix : 9,95 €

Résumé :

Stella Frei, une adolescente allemande, trouve une vieille photo dans le grenier : Son grand-père qu'elle adore, Otto Frei, en uniforme de la Wehrmacht, arrête un enfant juif à la sortie de l'école. Bouleversée, Stella pose des questions qui dérangent. En butte au silence obstiné de sa famille, poussée par l'envie d'en savoir plus sur le passé de son grand-père, Stella décide de mettre fin aux non-dits et découvre des secrets qui datent de la Seconde Guerre Mondiale...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Angélique et les éditions Oskar pour ce très bel envoi !

Fascinée par la Seconde Guerre Mondiale, il était donc naturel pour moi de me diriger vers cet ouvrage prometteur. Je dois dire que j'ai foncé tête baissée, et que j'ai été globalement contente de ma découverte.

Dans l'ensemble, j'ai plutôt bien accroché avec les personnages. Bon, pour être tout à fait honnête, un seul m'a légèrement énervée. Manque de bol, il s'agit de la narratrice, Stella. Elle est malheureusement assez immature, très spontanée, ce qui peut, parfois, s'avérer touchant et amusant. Mais d'autres fois, c'est plutôt agaçant. En revanche, pour ce qui est du reste de sa famille, ses parents ou Otto par exemple, je me suis réellement attachée à eux. Ce sont des personnes simples, humaines avant tout, au lourd passé captivant. Leur courage et leur volonté de préserver Stella sont leurs principaux atouts, mais sont loin d'être les seuls. Mention spéciale également à Marta, la professeur de Stella. Cette douce femme m'a marquée, sa dévotion et la relation si émouvante qu'elle entretient avec son élève sont tout simplement saisissants.

Quoiqu'assez simple, le style d'écriture m'a beaucoup plu. Du début jusqu'à la fin, il est parvenu à rendre le récit passionnant. Les pages défilent toutes seules, impossible de lâcher l'ouvrage. Le rythme de lecture est excellent, assez rapide, mais en accord avec la brutalité des événements et des révélations. Aucune longueur n'est à mentionner, et c'est bien assez rare des les livres "historico-policiers" pour qu'on le remarque. Au contraire, la plume de l'auteure ne perd jamais de son souffle, et parvient à rendre la Seconde Guerre Mondiale toujours plus marquante, vibrante et sincère. On se sent tout à fait en confiance, au sein de ce bouquin, pour mieux découvrir la tragique période de 39/45...

L'intrigue a été totalement à la hauteur de mes attentes. Bien qu'elle soit très courte, elle est véritablement intense, et riche en sens. Le lecteur est très rapidement plongé au coeur de l'histoire, de l'Histoire. Il découvre également, furtivement, le quotidien de la jeune Allemande, dans une société qui se remet tout juste des horreurs endurées. J'ai apprécié la fragilité qui se dégageait de ces passages plus modernes, qui dévoilaient, avec pudeur, la difficulté qu'ont les Allemands à passer outre leur passé. Mais ce qui est très bien avec cet ouvrage, c'est qu'il est d'ailleurs principalement porté sur cela. Au premier abord, j'ai été surprise par le choix de l'auteur. Français, il situe son récit en Allemagne, et fait quasiment abstraction de la France. Mais très vite, j'ai saisi l'intérêt de ce choix, et ne peux que le saluer. Finalement, nous, adolescents, connaissons nos cours d'Histoire (Ou pas d'ailleurs) comme ils sont inscrits dans nos cours. Mais est-ce-qu'on s'interroge sur l'impact ? Sur le présent ? L'Histoire s'est certes écrite dans le passé, mais on oublie trop souvent le présent, qui sert à la faire perdurer. Dans l'Histoire, le présent est aussi indispensable que le passé. Bref, je m'emballe, fermons la parenthèse avant que je prenne mon ton de moralisatrice/engagée/futur prof (Pas d'Histoire, j'en serais incapable) (De Lettres) (Bon Mathilde, tu arrêtes de raconter ta vie et tu finis ta chronique, merci) Je voulais donc dire par là que la pertinence de ce roman n'en est qu'encore plus importante, parce qu'il montre quelque chose d'original, qu'on a pas forcément l'habitude de voir en littérature jeunesse. Le récit est donc basé sur la quête de Stella qui, suite à une trouvaille dans le grenier familial, décide de comprendre ce qu'on lui cache depuis toujours. J'ai beaucoup aimé cette idée d'associer le secret de famille à la Seconde Guerre Mondiale. Dit comme ça, ce n'est pas forcément atypique, mais la façon dont tout cela est amenée l'est, je vous l'assure. En plus de cela, ce livre est plein de surprises, de rebondissements. A chaque indice, ou à chaque élément découvert, on ne sait jamais si on est véritablement sur la bonne piste. et tout cela, dans un laps de temps très court. Je ne comprends d'ailleurs toujours pas ce coup de maître de la part de l'auteur : Fournir tant de choses en si peu de pages, c'est impressionnant. Petit à petit, on se laisse embarquer par les exactions de notre narratrice et de sa jeunesse. Finalement, c'est son énergie et sa détermination qui nous portent, et qui rendent cette aventure si prenante. Avec un fond historique conséquent, et une intrigue vibrante d'authenticité, il s'agit là d'une belle réussite.

Lorsque la fin s'annonce, on est plus ou moins surpris. Jusqu'au bout, l'auteur nous balance entre plusieurs dénouements. Celui choisi est confortable, cohérent. Je ne vous cache pas qu'on voit venir certains éléments de la chute. Mais pas tous, fort heureusement. Les révélations fusent, toutes plus énormes les unes. Pourtant, on reste toujours dans le mesuré, ce que j'ai apprécié. Pas d'énormité, tout est crédible. Cette issue est pleine de force, d'espoir. Elle invite à assumer son passé, quelque qu'il soit, tout en veillant à conserver une certaine distance avec lui. La boucle est bouclée, et le lecteur se sent, à l'image de Stella et de ses proches, apaisé de connaître enfin la vérité.

La couverture est très belle, les couleurs harmonieuses, les symboles très forts. La citation qu'elle met en avant correspond très bien à l'état d'esprit de l'ouvrage, et est en plus de cela magnifique. Pour ce qui est du titre, il faut aller jusqu'aux toutes dernières lignes pour le comprendre. Ainsi lu, il est étrange, et semble contraster avec le contenu. Vous comprendrez mieux cet excellent choix après lecture, je vous le garantis...

Je vous recommande donc totalement cette lecture. Elle se lit toute seule, et vous fera assurément passer un agréable moment, en plus de vous instruire. D'ailleurs, il est fort probable qu'elle vous marque pour un certain temps... Pleine de surprises, criante de réalisme, elle vaut le détour, et mérite toute votre attention. A lire !

J'ai bien aimé !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu grâce aux éditions Oskar. Merci à eux !

12 juillet 2015

Challenge : L'été des vingt défis !

Population lectrice,

Lorsque je vous avais présenté mes lectures de l'été 2015, je vous avais parlé d'un challenge auquel je participais pour ces vacances. A vrai dire, je fais plus qu'y participer, puisque je fais partie des co-organisatrices.

Sur une idée originale de l'équipe d'Aldiaphora, et avec la participation de cinq de leurs partenaires, à savoir Laura d'A l'encre de plume, Pauline, Camille et Melinda des Petites Lectrices, Mel'Ange de Pel'Mel, Mallou14 de The Notebook 14, et moi-même, nous vous proposons un petit challenge, appelé L'été des vingts défis, en référence à L'été des secondes chances de Morgan Matson.


Le but est simple. Entre aujourd'hui, et le 21 Septembre 2015, nous vous proposons une liste de vingt défis littéraires à relever au cours de vos lectures estivales. Quels sont les défis ? Voici juste ci-dessous la liste à compléter au fur et à mesure de votre avancée dans le challenge :


Pour participer avec nous, rien de plus simple ! Vous pouvez reprendre le challenge sur votre blog, et mettre le lien de l'article en commentaire. Nous avons aussi mis en place un groupe Facebook, pour se motiver et partager notre avancée dans l'aventure, le lien est juste


Pas de panique si vous n'avez ni blog ni Facebook, vous pouvez tout à fait participer au challenge en postant simplement des commentaires !

Pour chaque chronique d'un livre lu dans le cadre de ce challenge, je rajouterai en bas de l'article le logo du challenge. Et je compléterai mon avancée dans cette aventure sur le groupe Facebook, et vous ferai un petit compte-rendu sur le blog à la fin du challenge. 

Voilà, n'hésitez pas à nous rejoindre dans cette aventure. Plus on est de fous, plus on rit !

Love, books and happiness,

Mathilde ♥

Les Intrigantes Tome 1 : Rivales

Couverture Les Intrigantes, tome 1 : RivalesLes Intrigantes Tome 1 : Rivales

Titre de la série : Les Intrigantes
Titre du tome : 1. Rivales
Auteure : Christine Féret-Fleury
Editions : Hachette
Année de parution : 2015
Pages : 220 pages
Prix : 15,90 €

Résumé :

Versailles est en émoi! Versailles se pâme!
Une nouvelle venue défraie la chronique: c'est une magnifique rousse flamboyante, qui se fait appeler Rouge et dont nul ne sait rien.
Le célèbre couturier Claude de Chinelle la prend sous son aile, il en fait son modèle, sa muse.
Les jalousies se déchaînent, les rivalités se déclarent: Rouge attise toutes les passions.
Ni la belle Élise de la Valle, ni le ténébreux Philippe de Saint-Agrève ne parviennent à percer son secret.
L'une la déteste, l'autre l'adore, mais Rouge demeure insaisissable...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Betty et les éditions Hachette pour cet envoi !

Ce premier tome m'a presque immédiatement fait de l'oeil. Une auteure que j'apprécie énormément, une période de l'Histoire qui me fascine, une couverture juste sublime, un résumé alléchant... Pour moi, c'était une valeur sûre. Malheureusement, le charme n'a pas vraiment opéré, à ma plus grande surprise.

Les personnages étaient plutôt intéressants. En fait, les deux narratrices, Rouge et Elise, sont véritablement antipathiques. C'est vrai, l'une comme l'autre, elles sont détestables, jalouses, cruelles, vicieuses. Elles n'ont pour elles que leur beauté. Mais c'est ce qui fait leur charme. Le fait de mettre en avant deux jeunes filles totalement pourries par le monde d'apparat qui les entoure est très pertinent, et m'a vraiment plu. Rouge est mystérieuse, froide, un brin narcissique et surtout gorgée de confiance en soi. Elise est plus cassante, plus extravertie, plus jalouse. Toutes deux se détestent. Mais j'ai trouvé cette haine mutuelle fascinante, très bien transcrite. Alors, même si on ne peut pas réellement s'attacher à ces deux pestes, on ne peut cependant être insensibles à leurs forts caractères qui les rendent irrémédiablement envoûtantes. Les personnages secondaires sont bien toutefois bien plus pâles, mais possèdent tout de même des personnalités pertinentes, quoiqu'un peu plus classiques.

Le style d'écriture m'a néanmoins laissé en bouche un goût un peu plus mitigé. En effet, j'ai lu une grande majorité des ouvrages de cette auteur, et ai été habituée à être totalement happée par sa plume, à la trouver magnifique, vibrante. Mais là, je n'ai pas retrouvé cette authenticité et cette force qui lui sont pourtant propres. J'ai donc été assez déçue de constater que son récit est intéressant, mais sans plus. Il se laisse lire, mais il n'y a pas cette petite étincelle habituelle que je connais avec l'écriture de Christine. Je n'ai pas compris pourquoi, car habituellement, l'historique lui réussit. Sa plume n'est pas pour autant rebutante, mais je ne sais pas, il n'y a pas cette accroche immédiate que j'ai pu avoir avec ses précédents bouquins. En revanche, je me dois de souligner l'incroyable richesse des descriptions. L'univers de la mode est omniprésent dans ce texte, et sincèrement, à travers les mots, on rêve des sublimes tenues décrites. Il faut avouer que cela rattrape grandement le reste, et fait un peu oublier l'aspect assez terne qu'on perçoit au premier abord.

Venons-en à l'intrigue. C'est principalement là où la déception s'est fait sentir. Il y a d'excellentes idées tout au long du texte, mais elles sont, à mon sens, mal exploitées. En effet, lorsqu'on se plonge dans l'ambiance malsaine et machiavélique qui règne à la Cour de Versailles, on s'attend à beaucoup de choses. Il est vrai qu'on a bien plus l'habitude de voir le côté très paillettes et bonne humeur de Versailles, mais son caractère pervers est souvent mis de côté. C'est bien pour cela que le principe de se concentrer, pour une fois, sur ces vices, était très prometteur. Seulement, avoir l'idée ne suffit pas, il faut aussi appliquer. Et ici, ce n'est pas vraiment le cas... Certes, l'auteure parvient très bien à instaurer un univers délicieusement égoïste et cruel. On s'y croirait presque, c'est très bien détaillé, le lecteur sent lui aussi cette tension qui domine à la Cour. Mais il n'est pas très utile d'avoir une atmosphère parfaite, si ce n'est pas pour l'exploiter... Car en effet, à mon grand regret, j'ai trouvé que ce premier tome ressemblait plus à une esquisse, un brouillon où les éléments sont jetés un peu partout, mais ne sont pas utilisés. Il faut admettre qu'il ne se passe pas grand chose dans cet ouvrage, qui ne fait que poser les bases d'une histoire qu'on cerne à peine. C'est vraiment dommage, car on sent malgré tout un certain potentiel. D'ailleurs, par moment, dans le livre, il y a des petits "mirages", qui donnent vaguement l'illusion d'une aventure pleine de péripéties. Malheureusement, à chaque fois, c'est on ne peut plus éphémère. Un autre problème de ce livre, c'est qu'il annonce de très nombreux secrets et mystères à dévoiler. C'est une bonne idée pour tenir le lecteur en haleine, et l'inviter à poursuivre la série. Néanmoins, n'avoir, dans ce tome, aucun éclaircissement, même le plus minime, c'est relativement frustrant. Du coup, on finit, par moment, par s'ennuyer... Fort heureusement, ces moments un brin monotones sont assez furtifs, mais ils sont tout de même présents. Généralement, ils sont rattrapés par l'alternance dans la narration, qui permet de donner un peu plus de souffle à l'intrigue. Je reste persuadée qu'il y quelque chose de dément à faire avec une telle ambiance, mais qu'il manque le déclic. Car il faut préciser que ce livre est très mature. J'entends par là que, derrière des apparences un peu frivoles, on est bien loin du banal livre historique jeunesse, au contraire. Il y a des thèmes abordés qui sont surprenants pour un ouvrage comme celui-ci, et qui permettent alors de pimenter un chouilla ce récit assez morose. A la base, il y a tout dans ce livre pour qu'il fonctionne. Toutefois, le fil pour les tisser ensemble semble inexistant...

La fin est, elle, plutôt satisfaisante. Dans les toutes dernières pages, l'auteure parvient à installer un tout petit peu d'action et de suspense. C'est plutôt bien joué, car pour être honnête, à ce stade de ma lecture, je désespérais d'être surprise et captivée. Cette chute assez mouvementée rattrape donc un peu le reste... Ce n'est pas non plus un florilège de rebondissements spectaculaires, mais c'est pourtant très pertinent et captivant. Le tout reste bien dans l'ambiance si particulière à la Cour de Versailles. Les toutes toutes dernières pages sont les plus saisissantes, elles ont d'ailleurs réussi à m'interloquer. Elles promettent alors une suite des plus prometteuses, que j'ai donc hâte de découvrir. En espérant que les réponses aux questions nous parviennent enfin... Mais au moins, on peut être sûrs que le prochain tome comportera plus d'action que celui-ci : C'est annoncé...

Je l'ai déjà plus ou moins dit, je trouve la couverture divine. Je l'ai en épreuves non-corrigées et elle est déjà incroyable, mais j'ai eu l'occasion de voir la version définitive, et elle est encore plus belle. Elle apprend à ne pas se fier aux apparences, et correspond totalement au livre. Pour ce qui est du titre de la série, et du titre du tome, ils sont tous deux parfaits. En plus de donner envie de lire, ils reflètent à merveille l'état d'esprit du bouquin, ce que j'ai énormément apprécié.

Au final, même si je reste assez déçue de ce premier volet, je suis curieuse de voir ce que l'auteure aura à nous proposer par la suite. Il y a d'excellents éléments, et d'autres bien plus médiocres. Maintenant que les bases sont bien posées, il serait temps d'avancer un peu, et il est regrettable que cela n'ait pas été fait plus tôt... Mais bon, il est impossible de juger une série en ne lisant qu'un seul tome, alors, j'attends d'en voir plus, et attendrai l'auteure au tournant !

J'ai été déçue...

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Livre reçu grâce aux éditions Hachette et au site Lecture Academy. Merci à eux !

11 juillet 2015

Nous les menteurs

Couverture Nous les menteursNous les menteurs

Titre : Nous les menteurs
Auteure : E. Lockhart
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Année de parution : 2015
Pages : 288 pages
Prix : 14,50 €

Résumé :

Une famille belle et distinguée. Une île privée.
Une fille brillante, blessée ; un garçon passionné, engagé.
Un groupe de quatre adolescents - les Menteurs - dont l'amitié sera destructrice.
Une révolution. Un accident. Un secret.
Mensonges sur mensonges.
Le grand amour. La vérité.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour cet envoi !

J'avais énormément entendu parler de ce roman bien avant de le recevoir. Ma première approche de ce livre a donc été ultra-positive. La seconde, beaucoup moins. Explications.

J'ai d'abord eu du mal avec les personnages. La narratrice, Cady, m'a vraiment tapé sur le système. Certes, elle est amnésique, et fragile. Mais je l'ai trouvée ennuyante, vaincue, immature, voire égoïste. Impossible de s'attacher à elle, étant donné qu'elle n'a visiblement pas de personnalité. Le souci est le même avec toute sa bande de jeunes : Ils sont ternes, moroses. Que ce soit Gat, Mirren ou Johnny, ils n'ont aucun relief, et c'est bien dommage. Le peu de choses qu'on cerne d'eux sont des stéréotypes desquels on se lasse très vite. Tout au long de ma lecture, j'ai davantage eu l'impression de les déranger que d'être intégrée à l'histoire. Et franchement, ça n'aide pas à apprécier l'ouvrage.

De même pour le style de l'auteure : Je n'ai pas accroché du tout. Je l'ai trouvé très redondant, et lourd. Il n'invite pas du tout à lire, et rebute même. L'écriture est truffée de détails futiles qui alourdissent le récit (Spéciale dédicace au poulet froid et au camembert). En effet, tout dans ce roman m'a semblé à l'excès, et cette exagération finit par tourner à la dérision. Ca devient, au fur et à mesure, réellement ridicule. Même dans les semblants d'émotion, on ne ressent plus rien tant c'est surjoué. Alors, le rythme de lecture est lent, pénible, et c'est décevant. Selon moi, il n'y a rien de captivant dans ce roman, c'est même tout le contraire.

Si seulement l'intrigue avait rattrapé le coup ! Mais je vous arrête tout de suite : Ce n'est pas le cas. Dès le début, on se demande où l'on est, où l'on va. La réponse est simple : Pas bien loin. Effectivement, on débarque dans un univers assez flou. On sent qu'il s'est produit beaucoup de choses avant le début de la lecture, mais cette espèce d'incipit in medias res ne s'éclaircit jamais. Pour vous mettre un peu dans le contexte, Cady est victime d'une amnésie, et il est interdit à ses proches de l'aider à retrouver la mémoire. Il y a là une prise de risques considérable. Plonger le lecteur dans un brouillard aussi épais est compliqué, mais pas impossible. Il aurait pour cela été indispensable de donner au roman un rythme soutenu, avec de nombreuses péripéties, des hauts, des bas... Mais ce n'est pas le cas. La chronologie de ce bouquin est très linéaire, et le lecteur ressent au final un terrible manque d'évolution. Alors, oui, l'auteure lance quelques pistes, sème quelques indices. Mais ce n'est pas suffisant. Et la majeure partie des idées lancées est vite avortée. Pour le coup, on s'ennuie. Enfin, c'est personnellement le ressenti que j'ai eu. Heureusement, la curiosité l'emporte sur la monotonie. On persiste donc dans cette lecture, jusqu'à voir apparaître un peu de lumière sur le passé. Cependant, un des problèmes de cet ouvrage, c'est que, sempiternellement, on ressasse toujours et encore la même chose, sur un ton différent (Un peu comme ma chronique d'ailleurs) qui ne suffit pas à séduire. A chaque page tournée, j'avais l'impression de reculer, de retourner à la case départ. Vous savez, quand vous courez sur un tapis roulant ? Vous avez l'impression d'avancer, mais en fait, techniquement, vous reculez. C'est un peu ça. Alors on continue cette valse infernale, qui semble ne jamais se finir. Au passage, on joue avec les clichés, l'adolescence, les premiers amours, les amitiés tourmentées... C'est vu et revu, et au bout d'un moment, si ce n'est pas pimenté, ça ne passe plus. Ici, c'est le cas. Encore une fois, on reste dans le plat, le terne. C'est franchement dommage, et décevant. Je ne dis pas que je ne suis pas passée totalement à côté de cet ouvrage. Peut-être que le problème vient de moi. Mais franchement, ce livre n'innove pas du tout. Et, en plus de cela, il rabâche non seulement ce qu'on voit dans les autres bouquins, mais également ce qu'on voit dans ses premières pages. En réalité, la situation ne se débloque véritablement que dans les trente dernières pages, et clairement, tout ce qui précède cette chute n'est qu'une futile mascarade.

Après un tel moment d'ennui, on espère que la fin va tout rattraper. Jusqu'aux dernières pages, j'ai espéré être surprise, émerveillée. J'ai espéré comprendre enfin à quoi rimait cet amas de stéréotypes mal assemblés. Surprise, je l'ai été. Le reste, on oublie. En toute sincérité, j'ai trouvé cette conclusion ridicule. Primo, elle n'est absolument pas crédible. Deuzio, elle est tout, sauf claire. Il ne faut véritablement pas compter sur elle pour déchiffrer quoique ce soit. J'ai un instant cru à une grosse blague, mais non. Avec cette issue, l'auteure perd le peu d'authenticité qu'elle avait pu transmettre à son livre. Je suis peut-être très terre-à-terre, mais là, c'est trop. Trop farfelu, trop brouillon, trop énorme. Je suis tout à fait d'accord avec le principe de faire une énorme révélation à la fin d'un livre fastidieux. Mais il y a des limites dans le gargantuesque. J'avais bien plus envie de rire que de pleurer. Faut pas prendre les lecteurs pour des pigeons, non plus. J'ai du mal à cerner l'engouement d'illustres auteurs et blogueurs pour ce bouquin, honnêtement. Alors oui, là, on fait dans l'atypique, c'est sûr. Mais il ne faut pas confondre atypique et antipathique.

La couverture est vraiment belle. Lumineuse, elle donne envie de se plonger dans cet ouvrage (à tort) et promet une histoire pétillante. Le moindre qu'on puisse dire, c'est que le contraste entre le contenu et le contenant est frappant... Pour ce qui est du titre, il est intrigant, et reflète, lui, à merveille le récit. Donc, globalement, le livre-objet est plus pertinent que le livre-tout-court.

Cette chronique assez virulente s'achève donc ici. Je n'ai pas mâché mes mots, mais je tiens toujours à ne jamais jouer la carte de l'hypocrisie dans mes chroniques, SP ou non. Je suis là pour vous conseiller, pas pour vous duper. Ce bouquin aurait pu être une réussite, il semble assez prometteur, mais n'a fait preuve d'aucun charisme. 250 pages redondantes pour 30 pages totalement perchées, je n'appelle pas ça un best-seller. Je suis amèrement déçue de ma lecture, que je ne vous recommande malheureusement pas, et croyez-moi, ça ne me fait pas plaisir. Mais bon, je m'en voudrais de vous conseiller 280 pages d'ennui mortel...

Je n'ai pas aimé...

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Et...

Livre reçu grâce aux éditions Gallimard Jeunesse. Merci à eux !