31 octobre 2015

Idées pour un Halloween littéraire en partenariat avec le magazine Paulette !

BONJOUR...
...BONSOIR.

(Ou quand j'essaye de donner, de manière absolument pas convaincante, un petit air "hanté" à mon article)

Nous sommes le 31 Octobre, et, pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, qui dit 31 Octobre, dit Halloween. Je n'avais initialement pas prévu de vous faire d'article particulier pour l'occasion, tout simplement car je n'ai pas pour habitude de faire de billets "Recommandations littéraires". (Cependant, j'avoue que l'idée me séduit, alors si vous êtes intéressés, si vous avez des idées de thèmes ou autres... Commentaires mes bons amis !), mais le hasard a fait que finalement, il y aura bel et bien un petit post pour l'événement. 
J'ai été contactée il y a quelques jours par Emeline Piucco, de la rédaction web du magazine Paulette, pour participer à un article intitulé "Livres terrifiants pour un Halloween effrayant". Le but ? Dresser, sur les conseils de blogueurs et booktubers, une sélection d'ouvrages parfaits pour trembler de peur. 

Je vous propose donc de découvrir ma suggestion, qui n'est autre qu'une série dont je vous parle souvent, et dont le tome 3 sera chroniqué prochainement sur le blog, à savoir King's Game de Nobuaki Nanazawa, publié aux éditions Lumen.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir !

Je vous laisse également le lien de l'article en son intégralité juste

ICI ! 

Vous pourrez, entre autres, y retrouver les idées de Margaud LiseuseBulledop... Et bien d'autres !

Un grand merci à Emeline pour l'article !

Et vous, quel livre auriez-vous proposé pour passer une effayante soirée d'Halloween ?
Je suis curieuse d'avoir peur grâce à vous...

Bonne lecture,

Mathilde ♥

20 octobre 2015

Une femme à Berlin

Afficher l'image d'origineUne femme à Berlin

Titre : Une femme à Berlin
Auteure : Anonyme (Marta Hillers)
Editions : Folio
Année de parution : 2009
Pages : 394 pages
Prix : 8,50 €

Résumé :

La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal, du 20 avril 1945 - les Soviétiques sont aux portes - jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1951, et après. A la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi. Sur un ton d'objectivité presque froide, ou alors sarcastique, toujours précis, parfois poignant, parfois comique, c'est la vie quotidienne dans un immeuble quasi en ruine, habité par des femmes de tout âge, des hommes qui se cachent : vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la faim, scandée par les bombardements d'abord, sous une occupation brutale ensuite. S'ajoutent alors les viols, la honte, la banalisation de l'effroi. C'est la véracité sans fard et sans phases qui fait la valeur de ce récit terrible, c'est aussi la lucidité du regard porté sur un Berlin tétanisé par la défaite. Et la plume de l'auteur anonyme rend admirablement ce mélange de dignité, de cynisme et d'humour qui lui a permis, sans doute, de survivre.

Mon opinion personnelle :

Ce témoignage semblait me poursuivre. Vous avez été nombreux à me demander quel sujet j'avais travaillé pour mon épreuve de BAC de TPE, je vous donne donc la réponse ici : Les préjugés qui existaient entre Berlin Est et Berlin Ouest lors de la période du mur. J'avais donc d'abord entendu parler de cet ouvrage au cours de mes recherches pour cette épreuve. Plus tard, mon professeur d'Histoire (Oui, encore lui !) avait eu l'occasion de nous le recommander en cours, lors du chapitre sur la Guerre Froide, il me semble. J'ai donc fini par me le procurer. Je n'avais absolument pas prévu de le lire en ce moment, absolument pas le temps, mais un concours de circonstances, incluant mon Kestenpenses ?, les cours sur les Mémoires de la Seconde Guerre Mondiale, et les cours sur le Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne, m'a décidée à tout mettre en pause pour me plonger immédiatement dans ce livre. Ce que je ne regrette absolument pas.

C'est le même refrain à chaque témoignage que je vous chronique, mais ici, pas question de parler de personnages. Même si les noms ont été modifiés, comme expliqué dans le dossier, chaque personne évoquée dans ce récit a réellement existé, à commencer par la narratrice. Je me suis vraiment attachée à cette jeune femme, pour mille et une raisons. Sa force. Sa détermination. Sa bonté. Sa passion pour la littérature. Son poste dans l'édition. Son style. Et je pourrais continuer la liste encore longtemps. Cette femme est simple, et pourtant, sa personnalité ne peut que vous fasciner. Malgré tout ce qu'elle endure, elle parvient à garder une présence d'esprit et un courage incroyables. Le lecteur se trouve indéniablement séduit par cette anonyme si étonnante. Parmi les nombreuses personnes qui défilent dans ce récit, on voit de tout. Berlinois épuisés, Russes alcoolisés, étrangers pratiquement apatrides... Cette diversité permet de toucher à tous les aspects de cette fin de Seconde Guerre Mondiale, du moins, pour la situation de Berlin. Il est impressionnant de constater les écarts qui divisaient la population, entre les sexes, les âges, les nationalités, les origines... Le texte n'occulte pratiquement aucune catégorie, ce qui est fondamental pour comprendre la conjoncture berlinoise de l'époque. Même si, bien entendu, il faut prendre un certain recul sur les propos tenus (Oui, je le précise, même si je ne le pense pas forcément) pour avoir un véritable point de vue historique...

Le style est très étonnant, et surtout très agréable. Comme je vous le répète (J'ai l'impression de dire toujours la même chose quand je chronique des bouquins historiques) souvent, dans les témoignages, parfois, l'écriture laisse à désirer, car le fond est nettement plus important que la forme, pour ce genre, du moins. Cependant, là, on sent une belle plume, et l'expérience dans le domaine de l'édition. Plusieurs fois dans ma lecture, je me suis arrêtée sur certaines phrases, afin de les relire. Non seulement parce qu'elles sont belles, mais surtout parce qu'elles sont vraies. On sent beaucoup d'authenticité dans ce livre, mais aussi de la pudeur. L'évolution est palpable, tant dans le style que dans la maturité de l'auteure. La lecture est fluide, dès les premières pages, on se trouve emporté dans l'histoire de cette jeune femme. Très étrangement, j'avais beaucoup de mal à fermer l'ouvrage. Parce qu'il est captivant, mais notamment parce que sinon, j'avais l'impression d'abandonner la narratrice à son triste sort, et je me sentais coupable. C'est pour vous dire à quel point elle a bien réussi à transcrire la réalité dans ses mots...

Ce texte est loin d'être une partie de plaisir, d'être léger et facile. Je vous préviens de suite, même si vous l'aurez sans doute déjà compris. Je vais rentrer dans le vif du sujet, et vous parler un peu du sujet "majeur" de ce récit, ce qui revient le plus souvent, de manière alarmante, à savoir les viols subis par les Berlinoises. (Oui, j'y vais franco, vous me connaissez) En cours, on voit des chiffres. Oui, je savais qu'environ 100 000 femmes avaient été violées par les Soviétiques en l'espace de quelques mois. Mais au final, un chiffre, qu'est-ce-que c'est ? Rien. Ca ne veut rien dire. Ce qu'il y à savoir, c'est ce que l'auteure vous explique de manière percutante. Le viol devient une banalité, les Berlinoises sont résignées. Il est presque tout aussi naturel d'être violée que d'être saluée. Le lecteur est évidemment éberlué par cette situation, et pourtant, elle est bien réelle. On pourrait penser que, pour ces femmes, le viol devient alors un tabou. Absolument pas. Au contraire, comme le précise la jeune narratrice, il est étonnamment normal de parler des abus sexuels endurés avec sa voisine ou, n'importe qui. Pour cela, pour leur capacité à garder la tête haute, ces femmes sont admirables. On a tendance, lorsqu'on parle de la Seconde Guerre Mondiale, à se représenter les Allemands comme étant des monstres, des bourreaux. Pas tous. Ce témoignage est parfait pour contrer les préjugés. Les civils, et surtout civilEs, ont aussi été victimes de cette guerre. Il est également très intéressant de noter les divergences entre les comportements des hommes, et des femmes. Plusieurs fois dans son journal, l'auteure, que j'ai sentie féministe, (Avec la VRAIE définition, pas celle passée dans le langage vulgaire et ignorant) fait remarquer que, contrairement aux stupides clichés véhiculés par notre société, les femmes ont davantage su rester dignes face au carnage qu'était devenu Berlin. Mais ce livre, ce n'est pas que les viols, pas que les femmes. Au-delà de cet aspect très spécifique, il y a aussi une dimension plus générale et très enrichissante. Ce bouquin, c'est aussi la faim. Les difficultés de ravitaillements, les coupons de rationnement, les vols... Finalement, la situation ressemblait beaucoup à celle de la France... Ce livre, c'est aussi la souffrance. Les maladies, les suicides, les bombardements... Je pourrais continuer longtemps ainsi, à vous énumérer tout ce que ce livre représente. Mais ce récit, c'est surtout une formidable leçon de vie, de bravoure. Inévitablement, le lecteur se remet en cause en lisant ces lignes, et se sent bien bête et naïf, dans son petit confort. Ce livre est un de ceux qu'on devrait tous lire, pour être conscient. Je ne suis pas objective à vous dire cela, mais j'espère que vous l'entendrez. C'est une chance que nous avons de pouvoir connaître le passé, il faut donc en profiter. Je ne vous cache pas qu'il y a plus divertissant comme ouvrage, mais lire, c'est aussi s'instruire. Et ce texte vous fait voir une multitude de teintes de l'Histoire de Berlin, des Soviétiques. Et surtout, il vous rappelle que malgré tout, l'humanité existe entre chacun d'entre nous. Je me perds un peu dans mes explications, alors la meilleure solution pour comprendre, c'est bel et bien de dévorer ce texte, croyez-moi. Il sera bien plus clair, et surtout, bien plus pertinent.

Encore une fois, chronique un peu particulière... Mais avec les témoignages, je ne peux pas vraiment faire autrement. J'espère de tout coeur que j'aurais réussi à vous convaincre, car ce récit mérité d'être lu et connu. Accessible mais percutant, il fait partie de ces écrits qui vous changent. On ne pourra jamais assez remercier les personnes qui ont pris ainsi le temps de témoigner, car ils sont tellement précieux... A lire, sans hésitation. Même s'il est dur, c'est une question de mémoire. Merci...

Comme d'habitude, je ne note pas les témoignages.
Je pense que mon article suffit à vous faire comprendre mon ressenti...

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

10 octobre 2015

La porte de la salle de bain

La porte de la salle de bain

Titre : La porte de la salle de bain
Auteure : Sandrine Beau
Editions : Talents Hauts (Ego)
Année de parution : 2015
Pages : 95 pages
Prix : 7 €

Résumé :

"J'attendais mes seins avec impatience. C'est à partir des p'tits oeufs au plat que tout s'est déglingué. Comme s'ils s'étaient passé le mot pour gâcher ma joie toute nouvelle. Ca a commencé dans le bus. C'est là que j'ai vu le regard des hommes changer. Enfin de certains hommes... Ceux-là, ils ne se gênaient pas pour me regarder. Ou plutôt pour me regarder directement dans les seins. Pas gênés ! Tranquilles. Je détestais ça."

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Gabriel et les éditions Talents Hauts pour ce bel envoi !

Ce petit roman m'intriguait énormément. Il faut dire que le principal sujet qu'il aborde, la pédophilie, est loin d'être le plus facile à traiter... Je l'ai dévoré d'une traite, et ne regrette absolument pas cette très belle lecture marquante.

Les personnages sont très intéressants, et surtout très approfondis, malgré le peu de pages que contient l'ouvrage. La narratrice, Mia, est une jeune fille qui évolue beaucoup dans le texte. D'une adolescente naïve, insouciante et souriante, elle devient petit à petit plus sombre, poursuivie par des démons qui la rendent sans cesse apeurée, inquiète. On s'attache aisément à cette petite, qu'on a envie de protéger, d'aider, tout en se sentant impuissant... Il y a aussi Lloyd, son beau-père, son cauchemar. Un homme à la personnalité complexe, sans pitié, dont le naturel et la fausseté sont déconcertants, voire même effrayants. Mais également Maminette, la grand-mère de l'héroïne, une femme brave, douce, mais forte, qui fait ici office de corde pour empêcher Mia de plonger. Je pourrais encore vous parler de nombreuses personnes, mais j'ai envie de vous ménager un peu quelques surprises... Car en réalité, ce sont les caractères de ce petit monde qui font tout le charme de ce récit. (Enfin, pas que non plus, mais vous comprenez ce que je veux dire, you know)

Le style de l'auteure est très agréable à lire. Il est accessible et captivant, et la lecture se fait en deux temps trois mouvements. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de simplicité dans les mots choisis, ce qui offrait plus d'authenticité au texte. Malgré la difficulté du sujet, l'auteure parvient à narrer son histoire avec beaucoup de pudeur, ce qui est une très bonne chose. Par conséquent, on parvient à trouver entre les lignes une certaine douceur, qui facilite la lecture pour des plus jeunes. Dans ce livre, tout est mis en oeuvre pour sensibiliser, sans pour autant choquer, et pour intéresser le plus possible chaque lecteur, et cela fonctionne très bien. Inévitablement, on se sent concerné par l'histoire de Mia, et chaque phrase nous donne encore plus envie de nous investir, de nous mettre en garde.

Il est assez difficile de vous parler d'une intrigue si délicate. Le résumé ci-dessus explicite moins la trame que les autres qu'on peut trouver sur le Web ou dans les communiqués de presse que j'ai reçus. Cette histoire, c'est celle de Mia. Lorsque son corps commence à changer, la porte de la salle de bain devient sa pire crainte. Ou plutôt, voir son beau-père ouvrir, chaque jour, la porte de la salle de bain, devient sa pire angoisse. Je commence par saluer le risque pris par l'auteure, car s'il est fondamental d'être averti, d'avoir connaissance de ce genre de situations, je crois pouvoir dire que les auteurs, et surtout les auteurs jeunesses, qui osent écrire à ce propos sont rares, bien trop rares. Cette originalité est un des gros points forts de ce livre. Car l'auteure ne se contente pas de prendre se risque : Elle le fait à merveille. En moins de 100 pages, elle parvient à créer une véritable évolution dans l'ambiance du bouquin. La tension est palpable, les changements moraux de Mia et de son entourage aussi. Sans pour autant bâcler son travail, Sandrine Beau enchaîne les évolutions, de manière à garder son lecteur en haleine. On se pose mille et unes questions, on s'indigne. Un franc sentiment d'impuissance nous envahit alors. Le lecteur finit par ne faire plus qu'un avec la narratrice, craignant à chaque instant de voir Lloyd arriver, hurlant en silence sa haine. Mais ce qui m'a le plus frappée dans cette lecture, c'est l'injustice qu'il dégage. Voir ainsi Mia souffrir, sans pouvoir en parler... Dans trop de situations difficiles, pédophilie ou non d'ailleurs, les jeunes ne parviennent pas à se confier, et préfèrent se murer dans un silence, de peur de représailles, ou par simple souci de ne pas gêner les autres avec leurs ennuis. Avec ce livre, on prend conscience de ce qui se passe dans la tête d'une jeune fille, d'une victime. Et cela fait froid dans le dos. C'est pour ça que nous nous devons de lire ce genre d'ouvrages, car ce n'est pas en nous cloîtrant dans notre confort égoïste que nous allons aider des personnes qui, comme Mia et tant d'autres, souffrent. Les sentiments divergents que ressent l'héroïne sont très bien décrits, et ne peuvent que vous prendre aux tripes. Ici, pas un seul instant on ne peut être agacer par le comportement de la jeune fille. Pourtant, en apparence, c'est bien l'ado type que j'aurais souhaitée claquer dans un autre roman. Mais pas là. Pas là, parce que l'auteure va plus loin, et nous pousse à ne pas seulement voir Mia, mais plutôt à la comprendre. Je ne sais pas si je suis très claire, toutefois, ce que j'essaye maladroitement de vous dire, c'est que ce tout petit roman vous apprend à voir au-delà des apparences, car parfois, un air maussade cache bien plus qu'un caractère de cochon. (Expression-la-plus-glamour-du-monde-oh-yeah)

J'ai beaucoup, beaucoup aimé la fin. Je l'ai trouvée... Poétique. Je ne peux, veux pas trop vous en dire non plus. Mais elle est parvenue à trouver l'équilibre parfait, alliant douleur, espoir, et encore de nombreux sentiments à découvrir. Elle conclut très bien cet ouvrage, de manière à faire résonner son contenu dans nos esprits. J'espère que cela le cas pour vous, lecteurs. J'espère aussi que cela incitera peut-être des gens, des auteurs, des victimes, à en parler. Ce n'est pas par hasard ou par plaisir qu'on écrit ce genre de bouquins, et ce n'est pas par hasard qu'on les lit. Il doit y avoir une certaine forme de réflexion derrière. C'est pour cela que je vous invite vivement à découvrir ce petit livre, que nous devrions tous dévorer, pour connaître, comprendre, aider.

J'aime beaucoup le titre, qui représente très bien le récit, de façon symbolique, discrète, pudique. La couverture correspond elle aussi très bien au texte, et intrigue incontestablement. Le livre-objet est donc lui aussi tout aussi tentant et réussi que le contenu, alors, qu'attendez-vous ?

Voilà donc la fin de la chronique d'une excellente lecture. J'espère vous avoir intrigué, car ce roman mérite votre attention. Son originalité, sa douceur et sa force font de lui une vraie réussite. Je ne risque pas d'oublier de si tôt ces quelques pages si puissantes... A lire de toute urgence, pour vous, pour eux !

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu des éditions Talents Hauts. Merci à eux !