29 novembre 2015

Agent Will Tome 1 : Ultimatum à Washington

Afficher l'image d'origineAgent Will Tome 1 : Ultimatum à Washington

Titre de la série : Agent Will
Titre du tome : 1. Ultimatum à Washington
Auteur : Guillaume Benech
Editions : L'PM Editions
Année de parution : 2014
Pages : 94 pages
Prix : 6,99 €

Résumé :

Quand un accident de voiture tue la mère de William Clarck, 13 ans, celui-ci croit être devenu orphelin. Mais bientôt, il rencontre à l'hôpital un homme qui prétend être son père, pourtant décédé quelques années plus tôt dans des circonstances troublantes...D'abord abasourdi par cette révélation, Will ne tarde pas à apprendre l'ahurissante vérité. Son père est un agent secret travaillant pour l'AFS, l'Agence Française des Surentraînés, et lui-même a été recruté pour en faire partie grâce à sa formidable intelligence, froide, calculatrice, surhumaine.Avec l'aide d'une sœur dont il ne connaissait pas l'existence, il sera rapidement envoyé en mission pour l'AFS. Sa tâche : empêcher une troisième guerre mondiale qui, pour l'humanité, serait la dernière car se muerait en conflit nucléaire... Du jour au lendemain, la responsabilité d'un monde entier à sauvegarder s'abat sur les épaules de cet adolescent brillant aux capacités d'adulte. Qui découvrira bien vite qu'en ces conditions, amis et ennemis, doutes et certitudes, se confondent parfois jusqu'à n'être plus qu'un...

Mon opinion personnelle :

C'est un peu par hasard que je me suis trouvée à lire ce petit roman. Avant de le connaître, j'ai d'abord connu son auteur. La curiosité m'a poussée à me renseigner sur cet ouvrage, puis l'intérêt sincère pour le sujet m'a poussée à l'acheter. Et je suis à présent ravie de vous dire que ce fut une très belle lecture.

Les personnages sont très intéressants. Bon, le nombre de pages est assez limité, par conséquent, il est difficile de vraiment dire qu'on s'attache bien à eux. Disons qu'il y a plutôt une sorte de feeling qui passe avec le lecteur. Le personnage principal, Will, est un adolescent mature, vaillant. Il évolue au fil des pages, devenant plus déterminé, plus ingénieux. Le jeune lecteur s'identifie très facilement à ce héros, même si on souhaiterait le voir plus approfondi encore. Les personnages secondaires sont plus discrets, mais pas moins pertinents. Je pense notamment à Zoé, acolyte du protagoniste. Pétillante et pleine de vie, elle m'a beaucoup plu. Un autre personnage m'a intriguée par sa personnalité mystérieuse et complexe : Le père de Will. Là encore, j'ai été un peu frustrée de ne pas en savoir davantage sur lui. C'est un peu le problème avec les personnages : On sent leur potentiel, mais on ne parvient qu'à les voir en surface... En les creusant un peu plus, on arriverait à quelque chose de très, très bien.

Le style de l'auteur est... Jeune. Lors de l'écriture, il n'avait que 12 ans. Cela n'excuse pas tout, et n'est pas un critère forcément représentatif d'une certaine maturité. Alors, oui, je suis honnête avec vous. Il y a des maladresses, des fautes, des incohérences, des petits loupés... Certes, il y a des défauts, bien qu'ils ne rendent pas pour autant la lecture désagréable. Mais ce n'est pas sur cela que j'ai voulu me concentrer. Et ce n'est pas ça ce qui m'a frappée, sincèrement, même sans avoir besoin de me concentrer. Ce que j'ai vu, c'est avant tout une fluidité, un naturel déconcertant. Une aisance et un talent assurés, qui parviennent à nous faire oublier les vices précédemment cités. Il y a, dans ces mots, cette petite étincelle qui rend quelqu'un auteur. Cette étincelle, qui devient un magnétisme, qui vous happe et vous garde jusqu'au bout, sans avoir besoin de vous forcer. Le style de Guillaume Benech est un diamant brut qu'il n'a qu'à polir au fil des années, et qui, à ne pas en douter, s'annonce très prometteur.

Venons-en à l'intrigue. Je pense que vous l'aurez compris, le thème principal de cet ouvrage est donc l'espionnage. Ma culture dans ce domaine se limite aux Totally Spies, autant dire au néant. Pour moi, c'était donc un peu une première en la matière, première que j'ai appréciée. Dès les premières pages, le lecteur se trouve pris dans le feu de l'action, et comprend très vite que cette lecture sera mouvementée, et rapide. Oui, car il faut admettre que bien qu'elle soit approfondie et intéressante, l'histoire va très vite. Disons qu'elle va droit au but. Elle aurait pu être davantage détaillée, même si personnellement, je n'ai pas été trop dérangée par ce fait. En revanche, je tiens à saluer le fantastique travail de recherches de l'auteur. A la lecture, on remarque de nombreux éléments très précis, qui prouvent une certaine maîtrise du sujet. J'ai ainsi gagné en culture générale, notamment en ce qui concerne la Maison Blanche, ce qui n'a pas été pour me déplaire. Ainsi, en plus d'un riche fond de connaissances, nous avons une action très pertinente, et prenante. L'auteur a beaucoup d'imagination, ce qui permet à ses personnages d'évoluer dans un univers bien construit, et de vivre une aventure aussi palpitante pour eux que pour le lecteur. En effet, on se sent, au fil de la lecture, très proche de l'histoire, grâce à une certaine finesse dans l'écriture. Guillaume Benech sait jouer avec les faux-semblants et les rebondissements, afin de pimenter au maximum une trame déjà très vivante. Bon, vous connaissez cependant mon côté très pointilleux et terre-à-terre, pour rester polie. De fait, je suis restée assez dubitative quant à la crédibilité de certains passages, un peu trop vite négociés à mon goût. Toutefois, ce n'est pas non plus traumatisant, je vous rassure ! Simplement, il faut savoir lâcher un peu la bride pour apprécier ce livre à sa juste valeur. Cela confirme ce que je vous disait un peu plus haut, pour le style : Il y a encore du travail à faire, mais surtout un grand potentiel caché entre ces premiers pas un peu hésitants d'auteur en herbe. Guillaume a de la suite dans les idées, et cela se sent. En travaillant davantage les relations entre ces personnages, et en étirant plus son intrigue, on arriverait à un résultat très prometteur... Même si, là, on a déjà un très bel aperçu de son univers, et une agréable lecture, je suis persuadée qu'il peut nous offrir encore plus.

Je suis un peu partagée en ce qui concerne la fin. J'ai trouvé la façon dont la chute est amenée vraiment bien pensée, avec des péripéties qui vont crescendo, jusqu'à une conclusion explosive et très bien rythmée. Elle annonce une suite qui promet d'être aussi saisissante que ce premier tome, bref, il s'agit donc d'une fin que j'ai beaucoup aimée. Néanmoins... J'avoue avoir été un peu déçue de trouver un épilogue, ou du moins, un épilogue aussi.. Cadré. J'ai même été un peu interloquée, car j'ai eu un peu le sentiment qu'il coupait court à toute possible suite, c'était assez étrange. S'il n'y était pas écrit qu'un second tome était prévu, on aurait pu presque croire que cette fin se suffisait finalement à elle-même. Disons que c'est un petit loupé dans ce roman pourtant bien agencé. Je suis à présent curieuse d'en lire plus, tant pour les aventures de Will, que pour les écrits de l'auteur !

En conclusion, je vous conseille de vous pencher sur ce premier ouvrage. Même s'il n'est pas parfait, il n'en est pas moins captivant, et ingénieux. Et n'oubliez pas qu'il faut encourager nos jeunes auteurs ! Si vous cherchez une lecture courte mais pétillante, vous serez comblé. Et je vous donne rendez-vous pour ma chronique du prochain épisode des aventures de Will...

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

16 novembre 2015

Nom de code : Blackbird Tome 1 : Cours ou meurs

Couverture Nom de code : Blackbird, tome 1 : Cours ou meursNom de code : Blackbird Tome 1 : Cours ou meurs

Titre de la série : Nom de code : Blackbird
Titre du tome : 1. Cours ou meurs
Auteure : Anna Carey
Editions : Bayard Jeunesse
Année de parution : 2015
Pages : 286 pages
Prix : 15.90 €

Résumé :

Liste des choses que je sais :

Je suis à Los Angeles
Je me suis réveillée sur les voies du métro à la station Vermont-Sunset.
Je suis une fille et j'ai de longs cheveux noirs.
J'ai un oiseau et un code (FNV02198) tatoués sur le poignet droit.
Je suis en fuite.
Des gens essaient de me tuer.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Mélanie et les éditions Bayard pour ce bel envoi !

J'avais un peu entendu parler de ce livre à sa sortie, et avais alors eu de très bons échos. Ainsi, lorsque les éditions Bayard me proposèrenet la lecture de ce roman, je me jetai sur l'occasion. Et ne le regrette absolument pas, car j'ai adoré, tout simplement.

Les personnages m'ont sincèrement plu. L'héroïne, jeune anonyme, est une fille forte, mais très particulière. Elle ne sait rien d'elle, et nous non plus. En réalité, on apprend à la découvrir en même temps qu'elle se redécouvre. Il s'agit donc d'un personnage complexe, mystérieux, mais terriblement attachant. En effet, on ne peut qu'être touché par l'histoire de cette adolescente dépaysée et traquée, mais qui, malgré tout, garde la tête haute. Il y a également Ben, son compagnon de route. Ce jeune garçon est lui aussi assez secret, mais surtout brave et chaleureux. Très présent pour notre héroïne, il pique la curiosité du lecteur, qui finit par l'apprécier. A juste titre ?... En fait, il y a beaucoup de personnages secondaires dans ce texte, aux caractères très différents. Mais tous ont ce petit quelque chose qui les rend fascinant, indispensable, vibrant. Et ça, c'est une très bonne chose.

J'ai beaucoup aimé le style de l'auteure. Alors, avant toute chose, il faut que je vous précise que la narration se fait à la deuxième personne du singulier. Sur le coup, j'ai été très surprise. J'avais déjà lu un ou deux livres de ce genre, mais ne savais pas si j'allais parvenir à m'y remettre. S'il m'a fallu un petit temps d'adaptation, j'ai finalement beaucoup aimé cette idée. On se sent alors au plus près de l'intrigue, qu'on vit plus qu'on ne la lit. Cette originalité permet également de marquer le lecteur, et c'est indéniablement ce qu'on recherche dans un bon roman. En plus de cela, la plume est captivante, le rythme du récit entraînant, la lecture est donc fluide et agréable. Que demander de plus ?!

L'intrigue est assez atypique, et surtout très intéressante. Clairement, on part de zéro, étant donné que l'incipit in medias res est on ne peut plus flou. On peut alors dire que le lecteur est immédiatement plongé au coeur de l'action... Le ton est donné : Ce récit sera mouvementé. Avec lui, il est d'ailleurs impossible de s'ennuyer : Vous aurez toujours quelque chose à découvrir, et vous pouvez être sûrs qu'il se passera toujours quelque chose. Pour notre plus grand plaisir, on en voit de toutes les couleurs. Il y a une sorte de magnétisme étrange qui se dégage de ce bouquin. Effectivement, pendant une très, très grande partie du texte, on enchaîne les actions sans savoir ce qui se passe vraiment. Comme l'héroïne, Sunny, nous sommes dans l'incompréhension la plus totale. Cela pourrait être très frustrant. Mais l'auteure est une magicienne, qui parvient à faire de cette ignorance un incroyable leitmotiv dans la lecture. Et bien oui, car les questions se posent par dizaines, et on ne peut s'empêcher de toujours vouloir lire plus pour tenter d'obtenir des réponses, qui arrivent petit à petit. Bon, il faut tout de même que je vous avoue que, malgré toutes ces péripéties, ce premier tome sert surtout à poser les bases. Même si je ne peux pas trop vous en révéler, je tiens à vous dire que ce qui se passe entre ces pages est juste dément, et plutôt osé. Personnellement, j'ai adoré être un peu provoquée, comme ça. D'ailleurs, Anna Carey n'hésite pas à briser les codes classiques des thrillers, afin de nous surprendre. Pièce par pièce, nous nous appliquons à reconstituer le puzzle de l'histoire. Cependant, on ne s'en rend pas vraiment compte. Je veux dire par là que ce n'est absolument pas un effort, au contraire, c'est même tellement naturel, qu'on a du mal à réaliser qu'on est en train d'enquêter sur le passé de Sunny. Le lecteur est tout bonnement happé par l'intrigue, il ne fait plus qu'un avec l'ouvrage. Les rebondissements sont tellement nombreux, tellement hallucinants, qu'on ne sait plus où donner de la tête, on ne sait plus démêler le vrai du faux, on se laisse porter, tout simplement. On passe par différentes émotions, peur, colère, haine, stupéfaction, attendrissement... Tout est mis en oeuvre pour que le lecteur se sente vraiment à la place de ce "Tu". Il s'agit d'une histoire sombre par son fond, mais brillante par sa forme.

La fin est très, très pertinente. Une bonne partie des révélations sont faites, à propos de sujets qu'on voulait dores et déjà éclairer. Néanmoins, il y a aussi de grosses surprises sur des éléments de l'intrigue qu'on pensait actés. Vraiment, l'auteure ne laisse aucun instant de répit à son lecteur, et c'est ça, ce qu'on adore. L'imagination et le sadisme d'Anna Carey sont très étonnants, mais surtout fantastiques. Avec une telle chute, beaucoup d'autres interrogations sont soulevées. Et de nombreuses pistes sont lancées. Maintenant que les bases sont bien posées, à ne pas en douter, l'intrigue va prendre un tournant encore plus ahurissant. Mon impatience à l'idée de lire la suite est vive, à l'image de ma curiosité ! J'attends maintenant l'auteure au tournant, afin de voir comment elle pourra encore nous étonner, après tant de grandes surprises...

Le livre-objet est magnifique. La couverture et les couleurs sont sobres, mais bien choisis, elles reflètent bien l'état d'esprit du roman. Chaque détail rappelle un point du texte. Et je ne vous parle même pas de la tranche rouge ! Quant au titre de ce premier opus... Très direct, angoissant, moderne, original. Je suis charmée !

Vous l'aurez compris, ce début de série est pour moi une belle découverte. Les idées sont plaisantes, l'écriture est ensorcelante, les personnages attachants. Bref, tout est réuni pour vous faire passer un parfait moment ! Si vous aimez les histoires au large suspense haletant, vous serez séduits ! Pour ma part, j'ai vraiment hâte d'en voir plus !

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu grâce aux éditions Bayard. Merci à eux !

14 novembre 2015

LETTRE OUVERTE A LA VIOLENCE

Salut.

Je ne sais même pas par où commencer. Est-ce-que je devrais t’insulter ? Probablement.

Oui, il serait facile de cracher des vulgarités, des termes agressifs dits et redits. Et peut-être que cela me soulagerait un peu.

Mais en cet instant, j’ai surtout envie de t’ouvrir les yeux, et de faire état de ta triste définition.
Tu sais, en réalité, tu es lâche. Tu as beau errer partout dans le monde, telle une ombre qui se veut menaçante, tu n’es qu’une lâche. Ce que tu n’approuves pas, tu le détruis, sans aucune forme de procès. En fait, tu ne cherches pas à entendre, à comprendre. Et je ne parle même pas du verbe « tolérer ». Tu fuis le discours, tu n’es pas capable d’exprimer clairement, avec des mots diplomates, ce que tu défends. Parce qu’entre nous, sais-tu vraiment ce que tu défends ? Je ne crois pas. Tu te penses réponse à tout, mais tu as tort. Tu es simplement le moyen le plus pusillanime d’exprimer un désaccord. Car tu es vide de sens, tu n’exprimes rien, si ce n’est un amer goût de sang.

Cette nuit, tu as frappé Paris. Ils étaient anonymes, s’amusaient, innocents, et tu as fait de leur bonheur un crime que tu as puni. C’est ridicule, honteux, inhumain. Il n’y a qu’une criminelle ici, et c’est toi. Faire couler le sang de civils, qui ne veulent qu’un peu de paix dans ce monde de brutes que tu animes, est un acte inqualifiable, inexcusable. Tu dis rendre justice, mais tu ne fais que creuser l’écart entre elle et toi. Tu n’es rien, tu ne vaux rien.

Je ne suis qu’une voix parmi tant d’autres. Mais tant d’autres qui ne se tairont jamais, car face à toi, nos mots se feront toujours plus forts et nombreux. Tu ne nous feras jamais taire, car tu es couarde, et nous sommes braves. Nous n’avons pas peur de te dire que la défaite sera la tienne.

Si violence rime avec démence, paix, elle, rime avec respect.

Et cela pour toujours.

Je te le promets.

Mathilde.

8 novembre 2015

Objectif BAC de Français : Que lire ?!

Hello !

Aujourd'hui, je vous retrouve pour un article un peu particulier, qui me trotte en tête depuis longtemps. J'ai longuement hésité entre format vidéo et format écrit, mais je n'arrivais pas à être assez succincte et organisée en me filmant, alors voici donc un billet à la place.

L'année dernière, j'ai passé diverses épreuves anticipées pour le BAC, dont l'oral et l'écrit de Français. Dès le début de l'année, j'ai voulu mettre toutes mes chances de mon côté en cherchant un maximum de lectures à faire pour préparer l'examen. J'ai demandé à droite, à gauche, fouillé le Web... Et me suis finalement rendue compte qu'il n'y avait pas tellement de pistes de lecture qui étaient disponibles. J'ai cependant eu la chance d'avoir un excellent professeur de Français (Que d'éloges envers mes professeurs dites-moi, je suis une vraie fayote mes chers, lol mdr ptdr) (Bon, reprenons) qui nous a confectionné une liste aussi variée que riche, et pas forcément élitiste. J'en ai lu une grande partie, et à cela, j'ai ajouté quelques lectures personnelles.

Au final, j'ai été satisfaite de mes notes de BAC (Pour ça que je me permets de vous dresser cette liste, je précise) et ai pensé qu'il pourrait être intéressant de partager avec vous la liste exhaustive des ouvrages qui m'ont servi, de près ou de loin, pour mon BAC. Je vais toutefois me concentrer sur l'oral uniquement, car pour tout vous avouer, en ce qui concerne l'écrit, je suis une abonnée aux écrits d'invention, et n'ai donc pas assez de recul pour prétendre vous donner des conseils sur cette épreuve.

Pour information, je suis en filière Littéraire. Cependant, nous avons le même programme que les S/ES, à la différence près que nous avons deux objets d'étude supplémentaires, que je mettrai en fin d'article. Pour les objets communs, les propositions sont valables pour toutes les sections !

Ah, dernière précision : Pour ma part, je suis passée à l'oral sur A la musique d'Arthur Rimbaud, qui fait partie des Cahiers de Douai.

Trêve de bavardages, voici donc mes lectures d’œuvres complètes, objectif BAC de Français !

1. Le personnage de roman, du XVIIème siècle à nos jours

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 J'ai en réalité lu ce roman deux fois. La première fois, j'avais 10 ans, et j'en gardais un excellent souvenir. La deuxième, j'étais en Seconde, et j'ai nettement moins accroché. Cependant, le personnage d'Eugénie peut être mis en lien avec de nombreux autres personnages, par son innocence et la façon dont son entourage en joue, mais aussi par l'évolution dont elle fait preuve au fil de la lecture. Un nombre de pages relativement correct et un style accessible et simple pour ceux qui ne sont pas spécialement des grands lecteurs devraient achever de vous convaincre. Pour une ouverture, c'est parfait !


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Je plaçais de grands espoirs en cet ouvrage. S'il n'a pas totalement été à la hauteur de mes attentes il n'en reste pas moins un roman très court, et moderne. Le style d'Albert Camus est époustouflant, vous n'aurez aucune peine à retenir quelques citations et leur analyse. Le personnage de Meursault est très particulier, mais peut tout à fait être rapproché de protagonistes désincarnés, voire même victimes de la fatalité. De plus, votre jury notera que vous êtes capable de faire des liens entre les personnages des "vieux" classiques, souvent étudiés en cours, et les plus contemporains, comme celui-ci.


2. Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen-Âge à nos jours

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Rimbaud est un poète prodige, qui rédigea les Cahiers de Douai à l'âge de 17 ans, si ma mémoire est bonne, suite à une énième fugue. Vous n'aurez donc aucune peine à vous identifier à cet adolescent révolté, et à vous servir de cet argument face à votre jury. Les poèmes de ce recueil sont majoritairement courts, et regorgent de figures de style que là encore, vous pourrez retenir facilement, et analyser en direct, lors de l'entretien. De plus, je suis persuadée que vous connaissez déjà une bonne partie de ces poèmes... Les thèmes sont assez variés, allant de la prostitution à la guerre, en passant par la bourgeoisie, ce qui vous permettra sans doute de faire un rapprochement avec un autre poème !


Afficher l'image d'origineIl s'agit ici, chose étrange, d'un roman traitant de l'art poétique, et des haïkus. Personnellement, j'ai ouvert mon oral sur ce livre. Extrêmement rapide à lire, d'une beauté sans pareil, ce roman est très accessible, et la poésie et la puissance des mots vous emporteront. L'audace d'ouvrir sur un roman plutôt qu'un poème pourrait être appréciée par votre jury, à condition bien sûr que vous sachiez bien l'expliquer. Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas d'atome crochu avec la poésie, c'est une autre manière d'aborder le genre. Vous aurez le sentiment de passer de l'autre côté du miroir, celui de l'écriture et la quête du sens, pour ne plus voir simplement le poète, mais l'homme qu'il y a derrière.



3. La question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours

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Et oui, là encore, on retrouve Camus ! Rédigé dans un contexte de Seconde Guerre Mondiale, ce texte confronte le non-sens de la vie et la quête de sens de l'Homme, grâce à la philosophie de l'absurde. Toujours aussi accessible et efficace, ce récit vous permettra de vous interroger sur les codes sociaux auxquels notre société est contrainte. Si la démarche peut s'avérer très pertinente, il faut cependant, de mon point de vue, être bien sûr de soi avant de faire une ouverture sur Camus, afin d'éviter les extrapolations. Toutefois, si c'est bien fait, là encore, vous pourrez prouver à votre jury que vous êtes capable de faire des liens entre différentes époques...


Afficher l'image d'origineJe ne sais pas trop le comment du pourquoi, mais toujours est-il que j'ai eu envie d'inclure du Voltaire dans ma liste de lectures. Le conte philosophique me semble être un moyen sûr et accessible d'aborder l'argumentation, et de diversifier les époques. Vous dire que j'ai apprécié ma lecture serait vous mentir, si j'apprécie beaucoup la façon de penser de Voltaire, j'ai du mal avec ses oeuvres complètes. Néanmoins, il s'agit d'une référence en la matière, et, avec ces trois contes très courts, vous devriez sans problème trouver quelque chose à mettre en lien avec votre autre oeuvre. Pour une ouverture, il s'agit de mon point de vue d'une bonne piste, à condition de maîtriser la pensée voltairienne un minimum, afin d'éviter les contresens.

4. Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours


Afficher l'image d'origineCette pièce m'a énormément plu. Plutôt courte, légère tout en abordant des thèmes profonds, elle dégage une énergie incroyable. S'inscrivant dans le fameux Siècle des Lumières, c'est l'occasion rêvée pour orienter votre jury sur cette période fascinante, et relativement simple à expliquer. De plus, elle vous permet d'avoir un regard intéressant sur la société du XVIIIème siècle. Vous aurez également l'occasion de mettre en avant vos connaissances sur l'importance des didascalies dans le jeu. Et pour avoir eu l'occasion d'en jouer un extrait, je peux vous assurer que c'est une véritable partie de plaisir ! Toujours est-il qu'une ouverture sur cette pièce me semble assez sûre, à condition bien sûr qu'il y ait un lien logique avec l'extrait que vous aurez étudié.


Afficher l'image d'origineMolière est un dramaturge que j'admire énormément, et que je me devais de placer au moins une fois dans mes fiches de révisions. Cette pièce, que j'ai mise en lien avec celle ci-dessus, demande elle aussi beaucoup de présence scénique, et est donc très pertinente à présenter. Principalement basée sur la dialectique du couple maître/valet, elle inverse elle aussi les rôles. Courte, pleine d'humour et pétillante, il s'agit pour moi d'une valeur sûre. Et, très honnêtement, si vous avez ainsi la possibilité d'ouvrir sur le travail de représentation de Molière, c'est tout bénef pour vous. Attention cependant à bien connaître les détails de la pièce !



5. Vers un espace culturel européen : Renaissance et Humanisme (Série L uniquement)

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Non, ne partez pas en courant ! Si ce monument de la littérature n'est pas facile à lire, voire même bien souvent incompréhensible, il n'en est pas moins intéressant. Déjà, si vous montrez à votre jury que, de vous-même, vous avez lu Gargantua, il appréciera sans doute la démarche et notera une certaine curiosité d'esprit. Attention toutefois à ne pas prétendre être un Dieu de la pensée rabelaisienne, vous ne ferez que vous ramasser ☺. Certains passages sont plus accessibles que d'autres, n'hésitez donc pas à concentrer votre ouverture sur ces derniers. Ne cherchez pas à tout comprendre, au risque de vite vous décourager. Mais pour appuyer le fait que les auteurs cherchent à approcher le "peuple", c'est selon moi un excellent exemple à présenter !

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Je vous précise de suite que je n'ai pas (encore) lu cet ouvrage en son intégralité, mais seulement De l'institution des jeunes enfants. Montaigne est
avant tout un humaniste de référence, plutôt abordable à mon sens. En choisissant de mettre en avant un texte portant sur l'éducation, vous pourrez ainsi souligner le côté un peu "réformiste" des humanistes, qui voulaient, si je ne dis pas de bêtise, vulgariser leur pensée pour s'adresser au plus grand nombre. De plus, si vous faites le choix de ne lire qu'un chapitre bien précis, la lecture devrait être assez rapide



6. Les réécritures, du XVIIème siècle à nos jours (Série L uniquement)

Pour ce dernier point, je vous précise que l'ouvrage de référence, en lien avec toutes ces réécritures, est Oedipe Roi, de Sophocle, que j'ai également lu.

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Très accessible, cette réécriture conserve le genre théâtral, tout en modernisant très largement l'intrigue initiale. La lecture est rapide, ce qui conviendra bien aux petits lecteurs. L'écriture de Cocteau est très riche en procédés stylistiques, ce qui promet une analyse étoffée. Les références au texte original sont bien mises en avant, mais quelques modifications sont apportées, ce qui permet une comparaison pertinente. Le dramaturge prend de nouvelles libertés, qui offrent un nouveau regard sur ce mythe si connu. 

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Cette fois-ci, place au genre romanesque. Sous forme de récit policier, l'intrigue reste la même, mais la magie de la réécriture la rend cependant très différente à la lecture. Ceci peut donc être intéressant, pour montrer l'influence du genre sur le lecteur. L'écriture est très fluide, ce qui permet également une lecture captivante et abordable



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Totalement autre, ce roman, plus compliqué à lire, est un petit bijou. Vous découvrez le mythe d'Oedipe d'un oeil neuf, grâce à une écriture envoûtante. Contrairement aux précédents ouvrages, ici, ce n'est pas véritablement l'histoire-même d'Oedipe qui est narrée, mais plutôt son après. Par conséquent, ce récit nous permet d'enrichir notre connaissance du mythe, et, au passage, de celui d'Antigone. S'il faut s'accrocher pour vraiment être pris par l'histoire, la poésie et la créativité de l'auteur vous surprendront, et vous charmeront. Pour être honnête, c'est probablement LA réécriture que je retiens de cette étude.



Ensuite, deux réécritures d'Antigone, qui m'ont été utiles, même si j'avoue ne pas avoir encore la pièce originale.

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Je ne pouvais pas ignorer cette fameuse réécriture, que tout le monde connaît. Personnellement, je vous déconseille de vous servir de cette pièce pour votre ouverture. Elle est vue et revue, et l'originalité est un critère à ne pas négliger lorsqu'on passe son oral. Je vous la mets ici pour la forme, mais franchement, il y a bien mieux. Je n'ai d'ailleurs pas du tout accroché avec cette réécriture qui, selon moi seulement, n'innove pas assez. Cependant, il faut reconnaître qu'elle est simple et rapide à lire, ce qui conviendra aux peureux de la lecture. Mais franchement, par pitié, laissez-moi de côté cette version qu'on ne présente plus, et creusez un peu plus.


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Même pas besoin de vraiment creuser, puisque je vous sers ici-même une autre réécriture d'Antigone. Je ne vais pas vous dire qu'elle a été la révélation, loin de là. Cependant, elle a le mérite d'être moins connue, et de changer un peu, puisqu'elle est appartient au genre romanesque. Il y a ainsi plus d'approfondissement et de détails, nés de la créativité de l'auteur. Le fond reste inchangé, seule la forme est modifiée. Alors, éventuellement, si vous êtes très têtus et que vous voulez absolument parler d'Antigone lors de votre épreuve, choisissez au moins cette réécriture plus que l'autre. Certes, elle est moins "académique", mais elle a le mérite d'être différente, et quand même bien écrite.


Voilà, vous avez donc la totalité des ouvrages que j'ai lu en amont de mon épreuve. Je vous rajoute ci-dessous le panel d'ouvrages qui me restaient à lire, mais que j'ai pas eu le temps de terminer à temps, et qui sont à présent, pour certains, lus, et pour d'autres, toujours dans ma PAL. Néanmoins, cela pourra peut-être en inspirer certains !

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Normalement, à présent, vous savez tout de mes épreuves ! 

Alors, bien entendu, cet article n'est là qu'à titre indicatif, et n'engage que moi. Je ne me base que sur ma propre expérience, en vous conseillant ce que j'ai lu, vu, su, compris, entendu. Je ne peux pas vous garantir que votre jury appréciera telle ouverture ou trouvera tel ouvrage pertinent, car chaque cas est différent. Ce billet est donc à prendre avec un certain recul, je ne suis qu'une élève, comme vous, et même si j'espère passer un jour de l'autre côté de la Force, pour le moment, je ne suis rien ni personne pour vous ordonner telle lecture. N'oubliez pas que mes conseils ne vaudront jamais ceux de votre professeur de Lettres ! 

J'espère donc vous avoir donné quelques idées de lecture, que vous prépariez le BAC de Français ou non, d'ailleurs. Si vous avez des questions, des remarques, des suggestions, n'hésitez pas, les commentaires sont là pour vous, et mon adresse mail vous est toujours ouverte, vous le savez.

[Ah oui, sauf pour les petits malins qui souhaitent bien gentiment récupérer le travail d'analyse. Je ne vous réponds jamais, sachez-le.]

En attendant, bonnes lectures à vous, et bon courage pour préparer cette épreuve !

Mathilde ♥

5 novembre 2015

King's Game Tome 3 : Origin

Couverture King's Game (roman) : OriginKing's Game Tome 3 : Origin

Titre de la série : King's Game
Titre du tome : 3. Origin
Auteur : Noabuaki Kanazawa
Editions : Lumen
Année de parution : 2015
Pages : 408 pages
Prix : 15 €

Résumé :

Été 1977, village de Yonaki. Les adolescents de ce petit hameau de montagne ont enfin trouvé de quoi pimenter leurs longues journées de vacances : Yûji, le meilleur ami du jeune Kazunari Honda, a reçu dans sa boîte aux lettres une étrange enveloppe noire qui contient un message… plutôt effrayant. Les jeunes gens décident de se prêter au jeu de son mystérieux expéditeur, le roi, et de relever le macabre défi : ils doivent toucher avant la fin du jour un cadavre humain…
Mais ce que Kazunari et ses amis prenaient au départ pour un canular vire en un rien de temps au cauchemar. D’autres missives leur parviennent – des challenges de plus en plus insurmontables –, et les habitants de Yonaki succombent un à un aux châtiments attribués par le roi, sous les yeux de la police impuissante. Pour les 32 villageois, c’est le début d’une partie d’échecs mortelle contre un ennemi invisible et tout-puissant ! Combien survivront au carnage ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Emily et les éditions Lumen pour l'envoi de cette pépite !

Est-ce-que je vous ai déjà dit combien j'étais dingue de la série King's Game ? Le premier tome avait été incroyable, le deuxième tome exceptionnel, et ce troisième est sensationnel. Même s'il ne s'agit pas d'une suite à proprement parler, mais ça, nous y reviendrons plus bas. En attendant, je ne peux que vous confirmer que cette série se place assurément dans mon Top 3....

Les personnages de ce nouveau volet sont totalement différents, puisqu'il se déroule des années avant les tomes 1 et 2. Le narrateur n'est autre que Kanuzari, un jeune garçon brave et mature, qui nous fait fortement penser à Nobuaki. Il fait preuve, tout au long de l'histoire, d'un admirable self-control, et d'un attachement à sa petite amie, mais aussi à son village tout entier. En effet, il est assez impressionnant de constater que l'adolescent tient sincèrement à chaque membre de Yonaki. Pour cela, on ne peut que le respecter. Je pourrais aussi vous parler longtemps des nombreux personnages secondaires. Mais je ne trouve pas cela nécessaire. Pourquoi ? Car bien qu'ils soient travaillés, le but avec King's Game, ce n'est pas de s'attacher aux personnages. Ils ne sont que des pions. Moins on en sait sur eux, moins on se sent proche d'eux, et meilleure est cette lecture...

Je suis toujours aussi séduite par l'écriture simple mais efficace de l'auteur. Il possède toujours cette sorte de magnétisme, qui, des premiers mots jusqu'aux derniers, vous envoûtent et vous tiennent en haleine, insensibles à votre besoin de respirer et de reprendre vos esprits. Le style est si fluide, si réel, que malgré la violence de l'histoire, on se sent bien dans le roman. En terme d'effroi, l'auteur monte encore d'un cran. Vous vivez l'aventure à fond, ne pouvez vous empêcher de trembler et d'avoir des sueurs froides. Nobuaki Kanzawa maîtrise à merveille son suspense, et étend son emprise jusqu'au lecteur lui-même...

Quant à l'intrigue, elle est largement à la hauteur des deux autres. Que je vous explique un peu : Cette histoire est donc une préquelle, et se déroule en 1977. Ainsi, elle reprend les origines du jeu du Roi. (Bravo Mathilde, fine analyse du titre) Néanmoins, je vous conseille très vivement de considérer cet opus comme étant un tome 3, et non pas un tome 0. Sinon, vous perdez tout le suspense des tomes précédents, qui perdent de leur intérêt, et de leur côté mystique... A vous de voir. Je vous avoue que si j'étais extrêmement impatiente de découvrir ce nouvel épisode, j'étais également un peu inquiète. Comment l'auteur allait-il parvenir à se renouveler ? Allais-je m'ennuyer ? Je viens donc balayer vos craintes, car honnêtement, vous n'avez pas à en avoir. Si les grandes lignes sont les mêmes, ce n'est pas pour autant que la lecture nous laisse un goût de déjà-vu, bien au contraire. Premièrement, le fait de changer de siècle est un bon point. Les enveloppes ont remplacé les SMS, ce qui donne à l'ouvrage une autre dimension, dans laquelle les personnages ne savent jamais où ils vont trouver les messages du Roi. De fait, j'ai trouvé que le suspense augmentait toujours plus. Parlons du suspense, justement. Au bout de trois livres, on se dit qu'on connait les trucs et astuces, qu'on connait sur le bout des doigts les "moyens de décès", qu'on y va tranquille et que rien ne peut nous surprendre. On est persuadé qu'on va pouvoir deviner les ordres, même les plus ambigus. Que nenni. J'ai un exemple bien précis en tête, que je ne développerai pas ici pour éviter de spoiler. Alors que j'étais convaincue d'avoir deviné les choses... L'auteur est parvenu à imaginer un dérivé de ses stratagèmes habituels, et en lisant cela, je me suis inclinée très, très bas. Le rythme de cet ouvrage est impressionnant, haletant, déconcertant. Il se passe, ou se trame toujours quelque chose. Le lecteur n'a pas d'instant de répit, mais c'est délicieux. Je n'ai pas de mot assez fort pour décrire le magnétisme stupéfiant qui vous accapare sur ces quelques 400 pages. J'imagine que les époustouflantes descriptions de l'auteur y sont pour quelque chose. Alors oui, quand je dis époustouflantes, c'est à prendre avec des pincettes, bien sûr. Comme ces prédécesseurs, ce livre est extrêmement cru, gore. Le sang coule, et pas de la façon la plus propre qui soit. Autant vous prévenir qu'il faut avoir le coeur bien accroché ! Toutefois, curieusement, au lieu de nous rebuter, ceci nous fascine. C'est toute la magie de Nobuaki Kanazawa. Il se dégage tant de réalisme de son texte, c'est saisissant. De fait, il parvient à faire naître chez le lecteur un certain sentiment de peur, un nœud qui nous prend au ventre sans qu'on s'en rende vraiment compte. Et sincèrement, pour que le mur que je suis vous le dise, c'est que c'est vrai ! On ne ressort pas indemne d'une lecture comme celle-ci...

La fin est plutôt intéressante à découvrir. Pour être tout à fait honnête avec vous, l'identité du Roi n'est pas LA grande révélation. Avec notre intuition de lecteur, on s'en doute un peu. Néanmoins, ce n'est pas pour autant que nous ne sommes pas du tout étonnés, bien au contraire. L'auteur propose en réalité une chute davantage concentrée sur les réponses aux grandes questions du Jeu du Roi en général, que sur cette partie en particulier. Tout est savamment expliqué, détaillé, de manière à ne rien laisser en suspens. Même pour une chipoteuse comme moi, tout est clair, tout est crédible. Jusqu'aux tous derniers mots, les surprises continuent à se déclarer. Et lorsqu'on achève bel et bien sa lecture, on ne peut s'empêcher de repenser aux tomes précédents, et de les considérer sous un angle totalement différent. J'ai cherché un peu sur le Web si un quatrième tome pouvait arriver, et apparemment, ce n'est pas le cas. Cependant, ce n'est selon moi pas une mauvaise chose. Même avec le talent de l'auteur, je pense que la série aurait fini par s'essouffler assez rapidement, en tournant en rond. Il s'agit donc d'une excellente conclusion à la série, enrichissante et déroutante.

L'ouvrage porte bien son nom, vous l'aurez compris. Pour ce qui est de la couverture, je la trouve assez différente des deux précédentes. Mais justement, elle permet de noter la nuance qui existe entre le 1&2, et le 3. J'aime toujours autant les couleurs sombres et agressives, sans oublier ce couteau lourd de sens...

Ainsi donc s'achève ma chronique d'une suite que j'ai réellement adorée. Une fois de plus, je suis restée coite face à la technique infaillible de l'auteur pour s'amuser avec son pauvre lecteur. Dans un univers sanglant et impitoyable, les révélations d'un jeu sans merci se font enfin grâce à ce brillant opus. Si vous cherchez quelque chose de terrifiant, et que vous n'êtes pas phobique de l'hémoglobine... Cette saga est faite pour vous ! En attendant, je signe cette ultime chronique d'un coup de coeur, tant pour ce tome que pour la série en général. Voilà ce que j'appelle une intrigue palpitante. Voilà ce que je ne me lasse pas de lire. Voilà ce que je vous conseille.

Coup de coeur !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Merci aux éditions Lumen pour cet envoi !

3 novembre 2015

Revanche

Couverture RevancheRevanche

Titre : Revanche
Auteure : Cat Clarke
Editions : Robert Laffont (R)
Année de parution : 2013
Pages : 491 pages
Prix : 18,50 €

Résumé :

La vie est injuste.
Jem Halliday est amoureuse de Kai, son meilleur ami, qui est gay. Pas vraiment l'idéal, mais Jem s'est faite à l'idée.

La vie est cruelle.
Une vidéo de Kai en compagnie d'un garçon a été postée sur Internet. Il ne l'a pas supporté et s'est suicidé.

Sa vie ne sera que vengeance.
Quoi qu'il lui en coûte, Jem a décidé de découvrir qui sont les responsables et de les faire payer, un à un, jusqu'au dernier...

Mon opinion personnelle :

Ah, ce livre... Combien de fois l'ai-je dévoré du regard, impatiente de me le procurer, puis surtout, de le lire ? C'était probablement THE roman, celui qui vous appelle de manière irrésistible, mais vous fait peur à la fois. Lors du SLPJ 2014, j'ai rencontré Cat Clarke, et ai enfin pu acheter un exemplaire dédicacé de ce bouquin. Il m'a fallu presque un an pour m'y mettre, et ce grâce à une lecture commune avec Pauline, du blog Les Petites Lectrices. Cependant, ai-je été aussi charmée que je ne l'espérais ? Apparemment, j'en attendais trop, car ce ne fut pas le cas...

Les personnages sont aussi attachants qu'étonnants. La narratrice, Jem, est une jeune fille marginalisée, anticonformiste, mais surtout mal à l'aise dans la société qui la juge. Sous des airs farouches, on sent chez elle une certaine fragilité, qu'elle dissimule du mieux qu'elle peut sous une détermination incroyable. Elle évolue beaucoup tout au long de la lecture, et passe par diverses étapes qui révèlent plusieurs facettes de sa personnalité. C'est surtout une héroïne qui m'a impressionnée, tant par son imagination, son sang-froid, son amour pour Kai... On ne sait jamais si on doit être touché par son histoire, ou la détester pour les plans machiavéliques qu'elle met en place. C'est ça, ce que j'ai aimé chez elle. Ce côté un peu bipolaire sans l'être non plus totalement. Sans trop vous en dire, on a également la possibilité de connaître un peu mieux son meilleur ami, Kai. Ce dernier est assez différent de Jem, plus "sociable" et pétillant. Cependant, j'ai trouvé ce personnage moins travaillé que celui de sa comparse, même si cela est probablement dû au fait qu'il reste très peu présent dans le texte. J'ai donc moins accroché avec ce jeune homme, même si je dois avouer qu'il a beaucoup de charisme et d'humour. Quant aux personnages secondaires... Ils sont nombreux, mais extrêmement intéressants, et diversifiés. Il y a beaucoup à apprendre d'eux, de leurs personnalités, de leurs erreurs... Chacun d'entre eux a su m'intriguer. Alors, au niveau des personnages, honnêtement, aucune déception, au contraire.

Pour ce qui est du style, cela se gâte un peu. Il s'agissait de mon second Cat Clarke, juste après Cruelles. J'avais adoré ce dernier, et, de mémoire, le style ne m'avait pas plus interloquée que cela. Pourtant, ici, j'avoue avoir eu vraiment du mal. En effet, l'écriture est très, très familière, voire souvent vulgaire. Alors oui, je sais qu'à l'inverse, j'ai tendance à abuser du langage soutenu, pompeux quoi. Mais habituellement, je ne suis pas gênée par des romans écrits en langage courant, et même familier. Simplement, là, c'était trop, la lecture devenait, selon moi, presque désagréable. A par cela, je reconnais que l'auteure a un don pour captiver rapidement son lecteur, et s'amuser avec lui. Le rythme de l'intrigue est excellent, le bouquin se lit facilement et rapidement. Toutefois, je n'ai pas réussi à apprécier ma lecture à sa juste valeur à cause du langage employé, et c'est vraiment dommage.

Il faut en venir à l'intrigue. Dans l'ensemble, je l'ai beaucoup aimée. Bien entendu, ce n'est pas très joyeux, comme histoire. Mais de base, j'adore les récits dramatiques, ce n'était donc pas un problème pour moi. L'idée m'a beaucoup plu. Dès les premières lignes, le lecteur est mis au parfum : Ce livre est terriblement machiavélique. Les thèmes qu'il aborde sont variés, mais prenants. Il y a, tout d'abord, l'homosexualité, mêlée à l'homophobie. Il s'agit d'un sujet qui se banalise de plus en plus dans la littérature jeunesse, ce qui est une très bonne chose. Pourtant, ici, le jeune Kai est conduit au suicide. C'est là qu'intervient un second thème sensible présent dans l'ouvrage : Le cyber-harcèlement, les dangers d'Internet. Le fait de lier les deux points est très intéressant, car il permet de prouver que la souffrance n'a pas de limite. Il s'agit d'une histoire moderne, mais qui pourrait tout à fait être universelle, par son combat. Je pourrais encore épiloguer longtemps sur tous les poignants sujets présents dans cette histoire, mais je crois que cela serait un brin ennuyeux pour vous. Parlons un peu d'action. Je ne sais sincèrement pas si je peux vous dire que ce livre en contient beaucoup. Je crois qu'il est plus juste de vous parler d'évolution. Cette intrigue connait mille et une facettes. Que ce soit par les personnages, par l'ambiance, par les événements... J'ai rarement vu un ouvrage si "lunatique". Et honnêtement, cela est génial. On ne peut pas s'ennuyer, car il y a toujours un rebondissement qui va relancer toute l'histoire. On se laisse porter par le fil de choses, c'est ensorcelant. Pourtant, ce n'est pas comme si le récit était relaxant, ou quelque chose comme cela. Simplement, Jem et son plan de vengeance dégagent un magnétisme perturbant. En fait, ce roman dérange. Il pointe du doigt des comportements, des actes, qui sont devenus banaux dans notre société, mais qui n'ont rien de normal. Et c'est là toute sa force. Un autre bon point de ce roman : L'utilisation passagère du genre épistolaire. Ménageons un peu le suspense, je ne vous dirai pas comment ni pourquoi. Sachez cependant que le rendu est juste dément, et sert très bien l'intrigue. Egalement, j'ai énormément apprécié les relations qui liaient les personnages entre eux. Il y avait vraiment de tout. De très beaux sentiments, de ceux qui vous prennent aux tripes et vous bouleversent. Mais aussi des liens malsains, qu'on sent dangereux, qui dégagent une certaine aura qui vous met mal à l'aise. On sent qu'il y a beaucoup d'approfondissement derrière tout cela, et le lecteur se sent inévitablement pris par ce qu'il lit. Ce roman est sombre, délicieusement sombre. Et cette partie-là de lui, je l'ai adorée.

Mais alors, qu'est-ce-qui a cloché, me direz-vous ? Nous y venons, puisqu'il s'agit de la fin. On m'avait promis énormément de choses à son propos. Connaissant un peu Cat, j'imaginais une chute énormissime. J'en attendais peut-être trop, justement. Toujours est-il que lorsque les grandes révélations ont eu lieu... J'ai été déçue, sincèrement. Oui, c'est une grosse surprise, car oui, l'auteure maîtrise avec brio son suspense. Mais en réalité, je n'ai pas été convaincue par ces révélations. De mon point de vue, elles étaient assez déséquilibrées : Soit trop rocambolesques, soit trop légères. Il m'a manqué à la fois de la crédibilité, et de l'imagination. Je ne sais pas réellement vous l'expliquer, mais les réponses aux énigmes qui composent cette aventure n'étaient, selon moi, pas vraiment appropriées pour une telle épopée. Toutefois, j'ai trouvé la toute fin vraiment très intéressante. Je ne saurais vous dire si je m'y attendais ou non, car le tout est assez ambigu. Mais la façon dont les choses sont amenées est très, très bien vue. Cependant... Il y a un Mais : Pourquoi ce dernier chapitre ? Il est en trop... J'ai trouvé qu'il brisait le charme de la fin, et qu'il faisait d'une idée de génie une frustration peu agréable... Du coup, je suis vraiment déçue, car alors que ma lecture commençait à devenir excellente, la chute a tout gâché. Mais est-ce-vraiment la chute, ou le tapage médiatique autour de ce livre, qui a tout gâché ?...

La couverture est superbe. On la perçoit de deux façons différentes, avant et après la lecture. Elle signifie beaucoup de choses, et ce jusque dans ses moindres détails. Les couleurs sont bien choisies, les petits symboles aussi. Il en est de même pour le titre, qui, d'un seul mot, exprime tellement de sentiments contradictoires... Il n'y a pas à dire, ce bouquin donne envie.

Bon, en réalité, j'exagère : J'ai quand même réellement apprécié ma lecture. Les personnages et les bases de l'intrigue sont brillants. Seuls le style et la fin m'ont, vous l'aurez compris, dérangée. A vrai dire, je crois surtout qu'on peut dire qu'avec moi, dès qu'un roman fait trop de bruit et gonfle de promesses, je vais être déçue... Il s'agit donc d'un ouvrage que je vous recommande, car au fond, il a quand même un très grand intérêt. Mais simplement, n'en attendez pas trop, au risque de ne pas en avoir assez...

J'ai été déçue...

Mais !
J'ai bien aimé !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Les Petites LectricesLivre lu en lecture commune avec Pauline, des Petites Lectrices.

L'avis de cette dernière rejoint en partie le mien, avec avec certaines divergences. Pour le lire en entier, cliquez sur la bannière !

2 novembre 2015

Animale Tome 2 : La Prophétie de la Reine des Neiges

Couverture Animale, tome 2 : La Prophétie de la Reine des NeigesAnimale Tome 2 : La Prophétie de la Reine des Neiges

Titre de la série : Animale
Titre du tome : 2. La Prophétie de la Reine des Neiges
Auteur : Victor Dixen
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Année de parution : 2015
Pages : 432 pages
Prix : 18,50 €

Résumé :

1833, sur une île perdue du Danemark. Elle s’appelle Blonde, il se nomme Gaspard. Elle est animale, il est fou d’elle. Le destin s’apprête à les arracher l’un à l’autre : ils sont les victimes d’une prophétie qui bouleversera le monde à jamais. Blonde parviendra-t-elle à déjouer les plans de l’énigmatique Reine des neiges, avec pour seul allié un jeune écrivain nommé Andersen ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Frédérique et les éditions Gallimard Jeunesse pour ce sublime envoi !

Souvenez-vous, il y a deux ans, le premier tome d'Animale avait été un véritable coup de coeur pour moi. J'étais extrêmement impatiente de découvrir la suite des péripéties de Blonde, surtout depuis ma rencontre avec Victor Dixen au SLPJ 2014, au cours de laquelle j'avais appris la sortie du prochain tome. J'ai été plus que comblée d'avoir l'occasion de lire ce nouvel épisode, et suis ravie de vous dire qu'une fois de plus, il s'agit d'un coup de coeur.

J'ai été ravie de retrouver les personnages. Blonde est fidèle à elle-même, toujours aussi ensorcelante, mystérieuse. Du début à la fin, la suivre dans son aventure est un délice, tant on s'attache à elle naturellement. Son fort caractère, son courage et sa détermination à toute épreuve font d'elle une héroïne brillante, assez sombre, mais tellement bien travaillée. Son compagnon, Gaspard, est lui aussi tout aussi charismatique que dans le premier tome. Altruiste, il sait toucher le lecteur. Son amour Blonde est profond, admirable. En tous points, Gaspard est sincèrement humain. Dans cette suite, un p'tit nouveau fait sa grande apparition, et pas des moindres, puisqu'il s'agit d'Andersen. Oui oui, l'auteur. Mais non, pas d'Animale, du conte original de La Reine des Neiges ! J'ai énormément apprécié ce personnage, jeune, plein de fougue et d'ambitions, mais surtout beaucoup de générosité et de bravoure. L'idée de l'insérer au roman m'a semblé originale, et surtout excellente. Ancrer ainsi le roman dans le réel est un grand bonus pour le lecteur. Mais ça, j'y reviendrai plus tard. Je rajoute juste que je salue l'énorme travail de Victor Dixen auprès de ses personnages, qu'on sent travaillés, aimés, et vrais.

Ai-je réellement besoin de vous vanter une nouvelle les mérites de l'écriture de l'auteur ? Encore une fois, je me suis trouvée subjuguée. Les premiers mots vous ensorcellent, et ne vous lâchent plus. Poursuivre la lecture devient un besoin vital. Il y a tellement de fluidité dans les mots choisis, mais aussi tellement de poésie, qu'on ne peut que se laisser porter par ce style si époustouflant. Sans être particulièrement compliquée, la plume de l'auteur est recherchée, de manière à nous dessiner un univers fabuleux, dont je vous reparlerai plus bas. On finit par ne faire plus qu'un avec l'intrigue, par se sentir acteur de cette tumultueuse épopée, tant tout nous semble réaliste. Je crois bel et bien qu'on appelle cela le talent.

Sans surprise, l'intrigue est largement à la hauteur de celle du premier tome. Et pourtant, il y avait déjà du level ! Très rapidement, le lecteur se retrouve plongé au coeur de l'action. Pour ça, je vous assure, avec Animale, impossible de vous ennuyer, car de l'action, il y en a ! Les péripéties sont, pour notre plus grand plaisir, très nombreuses, sans jamais devenir redondantes. Avec cette suite, on voyage à travers le monde, ce que j'ai beaucoup apprécié. En effet, cela nous permet de découvrir diverses cultures, et d'assouvir notre curiosité de lecteur. Mais ce que j'ai préféré dans ce tome, c'est, je crois, le fait qu'il devienne plus sombre. Alors, certes, le précédent n'était déjà pas très paillettes-licornes-cœurs-fleurs. Toutefois, avec celui-ci, on passe au niveau supérieur. J'ai trouvé qu'ainsi, l'histoire gagnait en maturité. De fil en aiguille, on se retrouve embarqué pour une épopée incroyable, pleine de dangers et de surprises. Surprises, oui oui. A chaque nouveau chapitre, l'auteur pousse l'imagination plus loin encore, et parvient à nous étonner toujours plus. Il en devient difficile de respirer normalement ! L'équilibre entre les thématiques est parfait. Je me demandais comment Victor Dixen allait parvenir à utiliser la romance qu'il avait mis en place dans le premier tome, sans pour autant tomber dans les gros clichés bien dégoulinants. (Ce qui m'aurait fort étonnée de sa part, soit dit en passant) Et bien, je peux vous affirmer que c'est très, très bien fait. Je vous conserve bien entendu le suspense autour de cela, mais vous précise néanmoins que pour une fois, justement, les stéréotypes se sont fait la belle. Et ça, c'est un gros bonus. Cependant, Animale, ce n'est évidemment pas que de l'amour. C'est aussi et notamment du fantastique. On aurait pu craindre avoir déjà fait le tour de l'idée de base du récit. Que nenni, mes bons amis. Que nenni. C'est même tout le contraire. De façon particulièrement ingénieuse, l'auteur se renouvelle, à l'aide d'une créativité que j'admire. C'est à la fois consternant et déconcertant, mais il parvient toujours à repousser les limites qu'on croit apercevoir. Est-ce de la magie ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c'est mes yeux pétillaient pendant la lecture. Un peu plus tôt, je vous parlais de la place de la réalité dans ce récit, avec l'intervention d'Andersen. Personnellement, j'adore les textes qui se servent d'événements passés pour se construire, et surtout ceux inventent une explication au passé. (Je ne sais pas si vous me comprenez, moi pas trop parler la France) Et je peux vous garantir qu'après avoir lu ce bouquin, vous aussi, vous allez les adorer. On redécouvre ainsi ce que l'on pensait connaître, tout est remis en cause. Il s'agit là d'un travail remarquable, qui offre ainsi une certaine crédibilité à l'ouvrage. J'aime les romans qui me changent, qui me bousculent, qui me taraudent. Celui-là en fait partie.

Parlons un peu de la chute, sans vous spoiler, bien entendu. Lorsqu'on arrive sur cette dernière, tout s'accélère. L'énigme s'éclaircit, pour laisser place à des réponses rondement menées. On ne sait plus trop où donner de la tête, tant l'action va crescendo. Et, encore une fois, j'ai été totalement convaincue par les choix de Victor Dixen. Celui-ci mesure à merveille son récit, entre guerre et paix, entre larmes et rires, entre vrai et faux. Et pour ce qui est de la toute, toute fin... Wouah ! C'est tout simple. Mais, c'est tellement symbolique. On ne peut que refermer le livre avec un vague sourire aux lèvres, perdu dans nos songes... Et se ressaisir brusquement, en criant hystériquement qu'on en veut encore. Si j'ai bien tout compris, l'auteur n'a pas encore totalement tranché sur une possible suite. Pour ma part, je suis assez partagée. Cette fin se suffit clairement à elle-même, même si elle offre de nouvelles pistes d'écriture. Et j'avoue que l'univers et les personnages vont me manquer... S'il y a l'occasion d'en avoir plus, je prendrai. Néanmoins, si ce n'est pas le cas, je ne me sentirai pas pour autant frustrée. En gros, les deux options me vont. Et vous savez quoi ? C'est ce que je préfère, et qui fait, selon moi, qu'une série est à 100% réussie.

Le livre-objet est lui aussi un petit bijou. Le titre est très bien choisi, il représente bien le récit, quoiqu'assez sobre. Quant à la couverture... Je dois vous faire un dessin ? (Ne me dites pas oui, la seule chose que je sache dessiner sont les pommes de terre) Sincèrement, les couleurs sont splendides, glaciales et majestueuses à la fois. Et le trait de l'illustratrice... Délicat et imposant, à l'image de Blonde, et de la série en général.

De tout coeur, j'espère vous avoir convaincus. Vous l'aurez compris, Animale est un énorme coup de coeur. Et c'est moi, l'éternelle insatisfaite, qui vous dis ça ! Foncez en librairie, les yeux fermés. Quant à moi, je me charge pour vous de surveiller l'actualité de Victor Dixen qui, sans l'ombre d'un doute, s'annonce être un nouveau pilier de la littérature jeunesse...

Coup de coeur !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu grâce aux éditions Gallimard Jeunesse. Merci à eux !