29 février 2016

Hello, adieu, et nous au milieu

Couverture Hello, adieu et nous au milieuHello, adieu, et nous au milieu

Titre : Hello, adieu, et nous au milieu
Auteure : Jennifer E. Smith
Editions : Hachette
Année de parution : 2015
Pages : 272 pages
Prix : 15,90 €

Résumé :

Dans douze heures, Clare partira pour une prestigieuse université de la côté Est des États-Unis, tandis que son petit ami, Aidan, ira étudier en Californie, à cinq mille kilomètres de là.
Pour Clare, les choses sont évidentes: elle et Aidan doivent rompre ce soir. Ils sont trop jeunes pour se promettre de s'aimer pour toujours, et les relations à distance sont trop douloureuses. Aidan, lui, est persuadé du contraire et ne peut se résoudre à quitter Clare.
Au cours de leurs dernières heures ensemble, ils vont passer en revue leur histoire d'amour, se rappeler leurs souvenirs communs.
Et retourner la question dans tous les sens : Se dire au revoir ou adieu ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Aurélie et les éditions Hachette pour cet envoi !

Ayant beaucoup apprécié L'équation de l'amour et du hasard de la même auteure, j'ai de suite été curieuse de découvrir son dernier roman, qui semblait prometteur. En réalité, ce moment de lecture, bien qu'agréable, n'a pas réellement été à la hauteur de mes attentes.

Les personnages sont assez curieux, et honnêtement, j'ai eu du mal avec la plupart d'entre eux. Clare m'a semblé un peu ingrate, un brin lunatique, et surtout pas vraiment concernée par sa propre histoire. Elle peut être très gentille, mais la plupart du temps... Elle avait un petit air supérieur dérangeant. Son petit ami, Aidan, est plus sympathique. Néanmoins, je l'ai trouvé un peu... Niais. Comme s'il avait du mal à s'imposer dans sa propre histoire... Ce couple est donc assez particulier. J'ai davantage apprécié les personnages secondaires, comme Scotty ou Stella. Ces deux jeunes gens avaient, d'après moi, plus de personnalité, et j'aurais été très curieuse de suivre plutôt leur aventure à eux deux. Bref, dans l'ensemble, ce petit quatuor s'équilibre à peu près, et nous fait tout de même passer un chouette moment de détente.

L'écriture de l'auteure est relativement addictive, d'autant plus que son style est très accessible. Il y a un vrai potentiel, qui, pour moi, n'a pas, ici, été correctement exploité. On finissait par tomber dans des moments très creux, sauvés de justesse par le ton très intéressant qu'emploie Jennifer E. Smith. De fait, on se trouve finalement face à quelque chose d'assez banal, alors qu'en réalité, il y a bien mieux à faire. C'est assez décevant, car malgré toute la bonne humeur qui se dégage de cet ouvrage, j'ai trouvé le résultat trop superficiel, alors que je sais que l'auteure est capable de beaucoup plus d'authenticité.

Quant à l'intrigue, c'est comme pour le reste, il y a du bon, et du moins bon. L'idée du couple qui doit philosopher sur son avenir, pourquoi pas, cela peut être une très belle réflexion sur la jeunesse. Mais il y a eu des éléments moins judicieux. Par exemple, le fait de conduire toute l'intrigue sur une seule et même nuit. Je comprends le choix et la volonté de l'auteure, mais, clairement, pour moi, ce n'est pas idéal. Cela occasionne bien trop de longueurs, on a l'impression d'un élastique trop tendu, qui finit par se détendre lui-même. Néanmoins, on sent un vrai souhait de tout même mouvementé le récit, avec des péripéties et révélations pertinentes. Par conséquent, le bouquin n'est pas totalement dénué de reliefs, mais c'était franchement limite. Autrement, l'idée de la sorte de pèlerinage sur la relation d'Aidan et Clare, à travers les lieux clés de leur histoire, m'a beaucoup plu. Pour le lecteur, c'est un bon moyen de rattraper aisément tout ce qu'il a pu manquer dans leur couple. Le côté un peu désordonné donné à ce chœur de flash-back est lui aussi très bien pensé, puisqu'il évite de totalement tomber dans une routine ennuyante. Toutefois, j'ai trouvé quelque chose de très étonnant dans ce livre. Quand je lis une romance, en tant que lectrice, je m'attends à un minimum de passion, même s'il s'agit, comme ici, d'un récit porté sur la rupture. Mais là... Les personnages eux-mêmes n'apparaissant pas comme convaincus par leur propre liaison, il est difficile de se sentir investi dans l'histoire. Pour moi, cela a été le gros problème de ce roman. Certes, il est frais, avec une pointe d'humour, une pointe d'émotion... Mais pas assez d'amouuuuuuur. En tant que lecteur, on a vite choisi : Séparez-vous. Je doute pourtant que ce soit le but initial de l'auteure... Cependant, il y a quand même, comme je l'espérais, des sujets très intéressants qui sont évoqués, en lien avec le passage à l'âge adulte. Les conflits parentaux, l'orientation, la quête d'identité, les amitiés hypothétiques... Tout cela est très bien représenté là-dedans. Personnellement, j'ai fini par davantage m'intéresser à ces points qu'à la romance en elle-même. C'est bien dans un sens, mais bon, ce n'est tout de même pas ce que j'attendais d'un tel bouquin. Ce roman est bien, mais pas pour ce qu'il promet, ce qui pose un peu problème. Il faut avouer qu'on a des sourires de temps en temps, des phrases qui nous touchent, des scènes qui nous plaisent... Mais j'ai cruellement manquer d'émotions, de papillons dans le ventre, de mots doux, et j'en passe.

La chute est assez... Bizarre. On ne sait plus trop à quel saint se vouer. Ce n'est pas la partie la plus crédible du roman. Mais, c'est ce qui s'est le plus rapproché de ce que j'attendais vainement. En toute honnêteté, si cette fin m'a plu, je ne suis pas sûre qu'elle satisfasse tout le monde. En effet, elle n'est pas très originale, et assez simple. Pour moi, c'est une jolie conclusion, qui se veut, je pense, plus un message d'espoir. Elle veut nous faire croire en nos rêves, nous montrer que tout est possible, que nos choix nous appartiennent. Elle combat la fatalité, quoi. Cette fin rattrape le reste, un peu trop dans la retenue, avec une ambition certaine, et beaucoup de naturel. Et puis, les derniers mots sont vraiment bien trouvés, avec un charme bien à eux, pour terminer avec l'esprit et le coeur légers !

Je suis absolument fan du livre-objet. La couverture est très classique, mais j'adore le jeu de couleurs, de polices, les traits, l'image... Même si cette dernière renforce encore plus l'idée de romance, et que cette dernière est en réalité très effacée. De même pour le titre, assez atypique, représentatif du récit... L'ensemble est de très bon goût, et attire très bien l’œil.

Pour conclure, j'ai donc été déçue par cette lecture. Bien qu'intéressante, elle ne correspond pas à ce qu'elle nous vend en apparence. Trop de longueurs et de détachement m'ont laissé un goût mitigé en bouche, malgré un réel talent d'écriture chez l'auteure. Appelons-ça un loupé, et rendez-vous pour sa prochaine sortie, qui rattrapera sans doute celle-ci !

J'ai été déçue...

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

   

Livre reçu grâce aux éditions Hachette et au site Lecture-Academy. Merci à eux !

21 février 2016

La Grande Guerre

Couverture La Grande Guerre : Histoires inspirées par des objets emplématiques de 1914-1918La Grande Guerre

Titre : La Grande Guerre
Auteurs : David Almond, John Boyne, Tracy Chevalier, Ursula Dubosarsky, Timothée de Fombelle, Adèle Geras, A.L Kennedy, Tanya Lee Stone, Michael Morpurgo, Marcus Sedgwick & Sheena Wilkinson
Editions : Hachette
Année de parution : 2015
Pages : 314 pages
Prix : 14,90 €

Résumé :

Chaque année, depuis le 11 Novembre 1918, à 11 heures du matin, la onzième heure du onzième jour du onzième mois symbolise la fin de la Première Guerre Mondiale. Un conflit international sans précédent, quatre années de combats, seize millions de vies sacrifiées. Cent après, onze des plus grandes plumes contemporaines font revivre des objets emblématiques de cette Grande Guerre. Ces onze nouvelles évoquent un élément du quotidien des soldats et de leurs familles. Médailles, casques et nécessaires d'écriture que les Poilus ont pu posséder dans les tranchées deviennent autant de sources d'inspiration, afin que nous n'oubliions jamais celle qui devait rester "La Der des Ders"...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Aurélie et les éditions Hachette pour ce magnifique envoi !

Si vous me suivez régulièrement, vous savez à quel point j'aime les romans historiques, et particulièrement ceux qui portent sur les guerres mondiales. Il était donc évident pour moi de découvrir ce recueil de nouvelles, que j'ai littéralement dévoré.

Format oblige, je ne vais ici pas adopter le schéma habituel de mes chroniques, mais plutôt vous faire un petit paragraphe sur chaque nouvelle, au fur et à mesure de mon avancée dans l'ouvrage, à chaud, donc ! 

Notre Jacko, de Michael Morpurgo : Ah, celle-là, c'est une perle. Pas étonnant, tant l'auteur est brillant. Elle m'a permise de me plonger directement dans la lecture, et je l'ai lue d'une seule traite. J'ai été assez surprise de constater qu'elle se déroulait au XXIème siècle, choix qui s'est finalement révélé excellent. L'écriture est fluide, avec une certaine profondeur dans les mots choisis. Malgré le format, on sent une véritable évolution au cours de l'histoire, grâce à des personnages touchants, et bien travaillés. Plus qu'un moment de souvenir, c'est une brillante réflexion sur le devoir de mémoire que nous offre ici l'auteur. Le lecteur en sort inévitablement songeur, marqué. Puissant, vibrant, criant de réalisme, ce récit m'a sincèrement bouleversée. Belle entrée en matière, donc...

Une autre façon d'être disparu, d'A.L Kennedy : Une nouvelle fois, j'ai été profondément saisie. Ce texte est comme une petite plume délicate et tendre, qui effleurerait de sa pureté la masse sombre et lourde qu'est la guerre. Racontée du point de vue d'un enfant épatant, cette nouvelle est une splendide claque. Elle dégage tant de pureté, de naïveté, et surtout, de vérité. On y voit la fuite des adultes, la bravoure de l'innocence incarnée par l'enfance. Il y a tellement d'espoir entre ces lignes, c'est magnifique. C'est le genre d'intrigue qui vous prend tant à la gorge, que vous devez faire des pauses, pour ne pas étouffer sous le poids de l'émotion. L'écriture est si belle, si simple et poétique à la fois, que vous êtes immédiatement subjugué. Vous l'aurez donc compris, j'ai été plus que séduite, et ce, pour un long moment.

N'appelez pas ça "gloire", de Marcus Sedgwick : Bon, pour être honnête, j'ai un peu moins apprécié cette nouvelle. Elle a de très bons côtés, et des petites choses qui m'ont un peu moins plu. Pour le négatif, j'ai eu un peu de mal avec la présence du fantastique. Même si c'est relativement discret, selon moi, cela n'avait pas sa place ici. J'ai également trouvé quelques longueurs, qui coupaient un peu trop. Néanmoins, à côté de cela, j'ai beaucoup apprécié le choix du thème, qui m'en a appris plus sur les zeppelins. De plus, le fait de découvrir la Grande Guerre d'un œil britannique plutôt que français ou allemand, a été selon moi un véritable plaisir. L'écriture est agréable, les personnages sympathiques, mais je reste cependant plus mitigée. La nouvelle est enrichissante, mais n'a pas réussi à me transporter.

Le pays que tu appelais ta patrie, de John Boyne : Cette nouvelle a été extraordinaire. Instantanément, le lecteur est happé par le récit d'une superbe famille, et ne peut plus le lâcher. Cette histoire véhicule de très belles valeurs, notamment le courage, la générosité, et d'autres encore. Bien que tendre et renversant, le style est simple, accessible. L'idée de mettre en parallèle les deux conflits internationaux est très bien vue, et permet à ce texte de se démarquer. C'est une très belle leçon de vie, ici aussi narrée du point de vue d'un enfant, offrant ainsi un regard neuf et pur à la situation. Rien n'est rose, on se prend même des vérités en pleine figure qui n'ont rien de réjouissant. Et pourtant, on profite de chaque mot, de chaque instant dans cet univers si vrai et pertinent. Jusqu'au bout.

Quand on en aurait le plus besoin, de Tracy Chevalier : J'ai été très, très intéressée par cette nouvelle. En effet, elle met à l'honneur les colis envoyés aux soldats britanniques selon l'ordre de la Princesse Mary, ce dont je n'avais absolument pas connaissance. Voilà donc un récit qui a bien assouvi ma soif de connaissances historiques. Là encore, en centrant son récit sur un enfant, l'auteure parvient à rendre son travail très délicat, et très innocent. Un petit point noir cependant, avec le côté très romancé, qui peut déranger un peu. Néanmoins, le souci du détail et les descriptions précises compensent très bien. Il s'agit donc d'une nouvelle que j'ai, personnellement, vraiment appréciée pour son aspect historique plus que pour son aspect littéraire.

Un monde où il n'y aurait pas de guerre, de David Almond : Quel texte étonnant ! Initialement assez éloignée du principal objet de ce recueil, la façon de lier le tout est très, très ingénieux. Inspiré, je pense, d'une certaine oeuvre shakespearienne, ce récit est comme un miroir, qui nous force à ouvrir les yeux sur notre comportement, notre société. Cette nouvelle provoque en duel l'utopie dont nous rêvons tous, plus communément appelée la paix. Très réaliste, elle trouve sa force dans son terre-à-terre. L'auteur se contente de constater, sans idéaliser, ce que j'ai trouvé tout à fait honorable. Avec une intrigue et un style classiques mais efficaces, il embarque son lecteur dans une belle réflexion, à l'aide de l'écriture, des mots. Et c'est beau.

Un Harlem Hellfighter et son cor, de Tanya Lee Stone : Probablement OVNI officiel du recueil, je dois avouer que j'ai eu un sursaut de surprise en découvrant cette nouvelle rédigée, si je ne m'abuse, en vers libres. Cependant, cette petite originalité n'est pas déplaisante, et correspond parfaitement bien à l'histoire. Cette dernière mêle à la guerre un autre sujet auquel je suis particulièrement sensible, à savoir la musique. Le message véhiculé, comme quoi la musique fait vivre, survivre, est très beau. Il s'agit d'un texte court, qui se lit très vite, mais très bien. Pleine de poésie (En dehors de la forme, si si), cette nouvelle est assez universelle, et non uniquement centrée sur 14-18. C'est un joli moment hors du temps, très délicat, accompagné d'un personnage sincèrement touchant, que nous offre cette auteure talentueuse.

L'histoire de Maud, d'Adèle Geras : Il s'agit ici d'une jolie histoire de famille, et de sacrifices. J'ai été un petit peu déçue de constater que le rapport avec la Grande Guerre était assez étroit, malgré le travail à l'usine en arrière-plan. A l'image des autres nouvelles, l'écriture est aussi belle que facile à lire, pour un agréable moment pratiquement 100% féminin. Je ne dirais pas qu'il s'agit de mon texte préféré dans le recueil, mais j'ai aimé l'approche de certains thèmes qui me tiennent à coeur, et que je tairai pour plus de suspense. De plus, on apprend des choses très intéressantes sur le statut de la femme de l'époque, ce qui est très intéressant. Bref, c'est donc une lecture sympathique, et douce.

Capitaine Rosalie, de Timothée de Fombelle : Khjpajbdkhfjd. Voilà. En autres termes, je n'ai pas de mots pour décrire cette nouvelle. Elle est fantastique. Dès les premiers instants, le lecteur est mis au parfum. C'est l'histoire d'un petit bout de chou de même pas six ans, secrètement capitaine en mission, au fond de sa salle de classe. Tout simple, tout innocent, et pourtant, tellement beau. Le lecteur est bouleversé par la détermination de cette enfant, troublé par sa sagesse, sa logique. Il est déchiré, admiratif, amusé. Le monde des grands nous semble alors si faux. Lorsque les pièces du splendide puzzle qu'est ce récit se remettent en ordre, qu'on comprend où l'auteur voulait en venir... C'est grandiose. Du De Fombelle à l'état pur, que vous n'oublierez pas de si tôt.

Chaque lent crépuscule, de Sheena Wilkinson : Il me semble que cette nouvelle est l'une des plus sombres du recueil. Je ne vais pas vous le cacher, elle est dure, sur bien des points. Mais elle est aussi très instructive, puisqu'on apprend bien des choses, notamment la préparation des colis pour les soldats, dans les écoles. Mais on y découvre aussi le retour des blessés de guerre, le traumatisme enduré. Le lecteur comprend alors à quel point la guerre a bouleversé, détruit des avenirs, pour les soldats, comme pour leurs proches. Le filet d'espoir qui perle aux pages de cette nouvelle est mince, mais pas inexistant. Ce récit est fait d'émotions brutes, c'est une claque qu'on se prend en pleine figure, sans pincette. Un beau moment glaçant de réalisme.

Petites Guerres, d'Ursula Dubosarsky : Encore une fois, cette nouvelle s'intéresse de près au rapport des enfants à la guerre. On s'intéresse alors aux jeux d'enfants, et plus particulièrement aux petits soldats de plomb. J'ai un petit peu moins accroché ici, car j'ai trouvé certains passages un peu creux, ou redondants. Néanmoins, le contraste innocence/violence est bien entendu pertinent à observer, et ici très bien représenté. La chute m'a davantage plu, parce qu'elle m'a semblé crédible, pas trop romancée, et en même temps, poétique, joliment amenée. On sort de ce texte avec un petit sourire, et une certaine affection pour Jemima, petite fille incomprise fascinée par les soldats de plomb...

Le livre objet est splendide. Le titre convient bien entendu très bien au contexte. La couverture est très belle, le jeu de couleurs très agréable. De plus, il s'agit d'un hard-back, et j'adore les ouvrages en dur, comme celui-ci. Et puis, le livre est plein d'illustrations en noir et blanc, superbes, réalisées par Jim Kay. Elles sont un véritable plus, donnent du relief aux histoires, permettent de mieux se représenter chaque élément des textes. Et vous avez même, à la fin, un présentation de chaque objet emblématique ayant inspiré une nouvelle, en textes et en photos. Un livre aussi beau que bon, donc.

Pour conclure, je vous recommande de toute évidence ce splendide recueil de nouvelles. Certaines sont bonnes, d'autres géniales, d'autres exceptionnelles. Toutes sont très accessibles, poignantes, et surtout enrichissantes pour votre culture. Magnifiquement illustrées, ces histoires ne vous laisseront pas de marbre, et valent vraiment le détour, rien que pour la mémoire. A lire !

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

  

Livre reçu grâce aux éditions Hachette et au site Lecture-Academy. Merci à eux !

20 février 2016

Dans le désordre

Couverture Dans le désordreDans le désordre

Titre : Dans le désordre
Auteure : Marion Brunet
Editions : Sarbacane (Exprim')
Année de parution : 2016
Pages : 251 pages
Prix : 15,50 €

Résumé :

Ils sont sept. Sept qui se rencontrent en manif, dans la révolte, dans le désordre, refusant la vie qu'on leur impose. Ils décident de vivre ensemble, en squat et en meute.
Et au cœur de la meute, il y a Jeanne et Basile, qui découvrent l'amour, celui qui brûle et transporte.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Roxanne et les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Marion Brunet est une auteure que j'adore, et j'étais donc plus qu'impatiente de découvrir son nouveau trésor, surtout après la belle présentation qu'elle nous avait offerte lors du SLPJ 2015. Avec tous les avis élogieux qui fleurissent sur la toile, je m'attendais à un réel coup de coeur. Mais, que s'est-il VRAIMENT passé avec ce roman ?

Pour les personnages, je suis un peu partagée. (Et vous comprendrez vite que le terme "partagée" semble avoir été mon leitmotiv pour cette lecture) Il y en avait beaucoup, trop, pour moi. Je me perdais assez facilement, et cela m'a empêchée de m'attacher vraiment à eux, de les cerner. Néanmoins, j'ai au moins réussi à comprendre Jeanne et Basile. La première est sympathique, intéressante. Elle se révèle tout au long du roman, et nous offre une belle progression. Toutefois, je crois que cela se sent dans ma phrase... Je ne peux pas dire l'avoir adorée. En revanche, la relation qu'elle a avec Basile la rend toute autre. Seule, elle me laissait plutôt indifférente, mais dans le duo qu'ils forment, ça fonctionne beaucoup mieux. J'ai d'ailleurs eu un peu plus d'atomes crochus avec le jeune homme. Il est l'audace, il est la détermination, il est l'attention. Lui aussi, évolue beaucoup tout au long du livre. On le sent tellement... Vivant. Quant aux autres personnages, comme Marc, Alison, ou encore Jules et Lucie... Ils sont débordants de sympathie et de personnalité, c'est certain. Mais à ma grande déception, je n'ai pas réussir à établir un feeling avec eux.

L'écriture de Marion est égale à elle-même : Puissante et délicate, tellement vraie, tellement cinglante. Plusieurs fois, face à des phrases, des réflexions, je me suis dit "Mais merde, c'est tellement beau, tellement réel." Chaque mot est à déguster, il n'y a rien de trop, seulement une terrible authenticité qui vous prend aux tripes. C'est ce qui me plaît chez Marion, c'est qu'elle n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour vous coller une claque monumentale et mémorable. La vérité qu'elle, au moins, ose vous mettre sous le nez, suffirait à la rendre brillante. Mais comme, en plus, elle vous fait ça avec un talent phénoménal, vous n'avez plus qu'à vous incliner bien, bien bas. (Plus bas s'il vous plaît, merci.)

Il faut que je vous parle de l'intrigue. Là, de même que pour les personnages, je suis divisée. Commençons par le négatif. Je pense, en toute sincérité, que ça vient de moi, de la période à laquelle j'ai lu l'ouvrage. Mais. Souvent. Je me suis ennuyée. Voilà, c'est dit. (En fait, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point c'est une torture pour moi d'admettre ça. J'aime tellement le travail de Marion Brunet, j'attendais tellement de choses de ce livre, et je me sens tellement mal et désolée d'avoir eu du mal à accrocher) (C'est pour ça que je repousse sans cesse l'écriture de cette chronique) (Ce que je suis encore actuellement en train de faire, notez-le) (BON, BREF) Je n'attendais pas de l'action à gogo. Cela n'a donc pas pu me décevoir. Je m'attendais à réfléchir, à sentir la réalité étouffer lentement ma gorge de ses doigts agiles. C'est ce que j'ai eu. Mais, parfois, notamment, je l'ai remarqué, lorsque les projecteurs étaient braqués sur des personnages "secondaires", j'avais du mal à suivre, et moins l'envie de les suivre. Je pensais à Jeanne et Basile, et j'avais envie de les retrouver. J'ai eu du mal à m'intéresser à ce qui les entourait. C'est vraiment dommage, car je pense être passée à côté de très belles choses. Je crois que ma lecture aurait été différente, si les passages à propos de chaque personnage avaient été proportionnés autrement. Il y avait tellement de choses qui se passaient dans la tête de ces deux jeunes, et dans leur univers à eux, que le reste m'a semblé... Vide. La relation du jeune couple est fracassante, pleine de bon sens, d'optimisme, de fraîcheur, de simplicité. Elle domine tout. C'est pour cela qu'à mon sens, si la présence des autres membres du squat était nécessaire, elle aurait pu être moins imposante. A part ça, il y a vraiment du high level. L'idée de mettre en avant les manifestations m'a beaucoup plu, car je n'ai pas souvent eu l'occasion de les découvrir dans la littérature. Ce côté un peu rebelle, revendicateur, anti-conformiste, m'a vraiment plu. Au diable les histoires d'amour bien sages, les histoires d'amitié banales. Ici, on mord la vie à pleines dents, on avance, on se fout d'une société qu'on ne comprend plus. J'adore. Certes, il y a des passages qui ne parvenaient pas à m'entraîner. Mais quand les autres y parvenaient... On se laisse totalement emporter, et on passe par mille et unes émotions. Et puis, l'auteure a des références au top du top. Pour une fois que je vois mon roman préféré, On achève bien les chevaux, cité quelque part. Cela m'a fait sourire niaisement. En fait, c'est vraiment frustrant, de tant aimer certains passages, et de rester de marbre face à d'autres.

Dois-je vous parler de la fin ? Pas trop, mais un peu quand même. Est-ce-que je m'attendais à ça ? Non. Est-ce-que j'ai aimé ? Non. J'ai surkiffé. Oui, rien que ça. C'est explosif. C'est plus qu'une gifle. C'est l'apothéose du roman. C'est bouleversant. C'est un poids, que vous sentez, littéralement, vous rentrer dedans. C'est tellement bien pensé, tellement sensé. Je n'en revenais pas, mais avec du recul... On ne pouvait rêver meilleure fin, plus logique, plus pertinente. Ceux qui l'ont lue vont peut-être me prendre pour une cinglée, mais je vous assure. Cette chute vous donne envie de vous battre, elle véhicule tant d'espoir, tant de détermination, tant de force. Et surtout, elle vous marque. Impossible de vous la sortir de la tête, les images défilent en boucle dans votre esprit, vous restez hanté par ce qu'il advient. Il y a aussi beaucoup de finesse, de poésie. Elle démultiplie toutes les émotions de ce livre, tous les messages qu'il délivre. Je vous assure que les mots de la fin font partie de ceux qui vous changent.

Le titre correspond totalement au roman. On ne pouvait trouver plus symbolique. J'aime aussi beaucoup la couverture, véritable cri de colère illustré, avec des couleurs qui frappent. En réalité, le livre-objet résume à lui-seul tout l'état d'esprit du bouquin. Il vous fait tout comprendre avant même de l'avoir lu. (Ou presque)

Pour conclure, il me faut avouer qu'il y a eu, entre ce récit et moi, un loupé. Qui m'embête beaucoup. Cependant, il y a eu aussi de magnifiques moments, grâce à un style unique, à une histoire d'amour qui déchire, à une fin magistrale. Je suis partagée, donc. Néanmoins, je vous recommande, sans hésiter, cette lecture. Ce n'est pas dans mon habitude de le faire, mais sincèrement, on ne peut pas passer à côté d'un tel message, et de passages si incroyables. Et il me semble que ce loupé est plus une affaire personnelle. Alors, ne vous arrêtez pas à mon avis. Ecoutez votre instinct, et lisez. Vous y trouverez toujours quelque chose d'exceptionnel. Toujours. Car on parle quand même d'un Marion Brunet. A lire !

J'ai été déçue...
Mais !

Il faut le lire. Car il n'y a pas que la déception, il y a aussi la claque.

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Partenaires

Livre reçu grâce aux éditions Sarbacane. Merci à eux !

15 février 2016

Arena 13 Tome 1

Couverture Arena 13, tome 1Arena 13 Tome 1

Titre de la série : Arena 13
Numéro du tome : 1
Auteur : Joseph Delaney
Editions : Bayard
Année de parution : 2015
Pages : 379 pages
Prix : 15,90 €

Résumé :

Les temps sont funestes pour l’humanité, qui a presque disparu de la Terre, vaincue par des machines douées de conscience. Les derniers humains vivent confinés dans le pays de Midgard, entouré par une infranchissable barrière de brouillard. Au-delà, personne ne sait ce qu’est devenu le monde. Dans les arènes de Gindeen, la seule ville du pays, des combats se succèdent toute la journée. Dans l’Arène 13, on mise sur celui qui, le premier, fera couler le sang, on parie sur celui qui trouvera la mort... Un jour, un jeune garçon, Leif, arrive à Gindeen... Son ambition ? : Combattre dans l’Arène 13 et défier Hob qui terrorise les habitants et vole leurs âmes. Il veut prendre sa revanche sur l’infâme créature qui a détruit sa famille, devrait-il y laisser la vie.

[Pour lecteurs avertis.]

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Dimitri et les éditions Bayard pour cet excellent envoi !

J'avoue tout : J'étais très dubitative en débutant cette lecture. Ma copine Marie, ancienne blogueuse à la retraite, pour ceux qui l'ont connue, était une fan inconditionnelle de Joseph Delaney. N'ayant jamais rien lu de cet auteur, j'étais un peu inquiète de commencer avec cette série, dont la couverture me rebutait un peu. Néanmoins, en réalité, c'est une brillante surprise que j'ai eue.

Les personnages sont très intéressants, et très attachants. Le narrateur, Leif, est un jeune homme ambitieux, brave, déterminé. Il m'a largement fait penser à un héros mythologique, et en a toute la trempe. Je l'ai beaucoup apprécié, car, pour une fois, ce n'est pas un personnage principal à qui tout réussit. Il se prend des vents, des ratés. Il ne s'en sort pas toujours. Il nous semble ainsi plus humain, et le lecteur s'identifie mieux à lui. Quant aux personnages secondaires, ils sont tout aussi fascinants. Les deux camardes de Leif, Deinon et Palm, sont aux antipodes l'un de l'autre, aussi bien dans leurs personnalités bien définies que dans le coeur du lecteur. Kwin, la fille de Tyran, maître de Leif (Je crois que je vous ai perdus, non ?) est absolument égoïste, capricieuse. Et vous savez quoi ? C'est génial. Parce que, pour une fois, la minette du bouquin n'est pas un ange. J'aime l'originalité. Dernier personnage qui m'a profondément marquée : Kern, le professeur du protagoniste. J'ai été très touchée par son caractère, et par l'attention qu'il porte à son brillant et fougueux et élève. Tout à fait le genre de mec discret, mais mémorable.

Le style de l'auteur est très simple, mais très efficace. Il y a beaucoup de soin dans les descriptions, ce qui nous permet de tout à fait nous représenter le très riche univers mis en scène. Le rythme est entraînant, convaincant. A ma grande surprise, alors que je pensais ramer un peu, j'ai accroché dès le début, comme prise dans une bourrasque de talent. On se retrouve absolument immergé dans l'histoire, qui défile toute seule, sans effort de notre part. Excepté le fait de devoir lâcher le bouquin pour réviser son BAC blanc. C'est tout à fait accessible, (Le style, pas les révisions de BAC blanc, malheureusement) et pourtant, c'est très réfléchi, cela se sent. C'est donc une très belle découverte, qui donne réellement envie de découvrir les autres ouvrages de Joseph Delaney.

Quant à l'intrigue, et bien, en ce qui me concerne, c'est aussi une réelle réussite. Comme je vous le disais, l'univers imaginé est brillant, séduisant, déroutant. Très détaillé, il ne semble avoir aucune faille. Je dis semble, car en réalité, il y a un petit tracas qui m'a hantée tout au long de ma lecture : QUAND ? Au début, j'étais persuadée de lire un récit mythologique. Puis, post-apocalyptique. En fait, je ne sais pas. Comme je suis très chiante pointilleuse, cela m'a taraudée pendant toute ma lecture, et je regrette d'avoir rencontré l'auteur avant de lire le livre, au SLPJ 2015. Néanmoins, cela n'est pas pour autant gênant dans la compréhension, c'est juste que j'aime tout savoir sur tout. Voilà, c'était mon instant chiant, car après, ce n'est que du positif. A ma grande surprise, j'ai trouvé dans ce récit des idées novatrices, qui se démarquent. On a devant nous une trame assez violente, assez déshumanisée. Pas d'ambition de sauver le monde, de briller. Simplement, une histoire très personnelle, des choix très personnels. Et cela m'a semblé bien plus crédible, et donc bien plus intéressant. Les grandes aventures altruistes, c'est beau, mais utopique. Là, il y a davantage d'intérêt. Les relations entre les personnages sont elles aussi plus parlantes, car plus simples, plus naturelles. Il n'y a pas de revirement de situation abracadabrantesques, (Même si j'ai récemment appris que ce mot n'existait pas) simplement quelque chose de terre-à-terre. Ce qui m'a sincèrement plu. Je vous parlais de violence, il faut que je le reprécise : Cœur bien accroché indispensable. C'est certes captivant, mais aussi sanglant. Toutefois, n'exagérons rien : C'est tout à fait lisible. Et sensé. Oui, sensé, car ce n'est pas taper pour taper. Rah, je m'emballe, je perds le fil de ce que je veux dire, sûrement trop de choses d'ailleurs. Où en étais-je ? Ah oui ! Je voulais vous parler de l'évolution que connait ce roman. Petit à petit, les événements se font plus mûrs, plus sombres. L'auteur joue avec nos nerfs, mais aussi avec notre coeur. A un moment bien précis, j'étais tellement choquée, dégoûtée, que j'ai dû relire le passage et faire une pause, pour digérer la nouvelle. Pas question de nous ménager. C'est parfait, cela nous permet de vivre l'aventure à 100%. On a également l'occasion de découvrir plusieurs révélations diversifiées, qui apportent encore plus de relief au texte. La plupart du temps, on ne les voit même pas venir. On pense savoir, et en réalité... Non. Bref, c'est un peu brouillon tout cela, mais je déborde d'enthousiasme pour ce premier tome, et j'ai réellement envie de vous motiver à le lire. Si je vous ai perdus en chemin, retenez le titre, et l'adresse de la librairie la plus proche de chez vous. Cela devrait suffire.

La chute est tout à fait à la hauteur du reste. Bien proportionnée, entre révélations, explosion d'actions, et calme, elle permet au lecteur de dresser un rapide bilan de la situation, avant d'ouvrir sur quelque chose de nouveau. Etant donné que les choses vont en s'accélérant dans l'ouvrage, on a besoin d'une fin plus mesurée pour ne pas perdre le fil. Et ça, l'auteur l'a très bien compris. Bon, c'est simplement un réel supplice de ne pas en savoir plus. Les pistes sont lancées, il n'y aura plus qu'à les suivre. Je suis extrêmement impatiente de dévorer le tome 2, et d'avoir encore plus de réponses, mais surtout, encore plus de questions. Je sens que Joseph Delaney nous réserve de grandes choses. Je serai donc assurément au rendez-vous. Vous aussi, d'ailleurs !

Je pense que vous l'avez plus ou moins compris ; j'ai réellement du mal avec la couverture. Je ne suis pas persuadée qu'elle reflète bien la flamme de cet ouvrage, ni qu'elle attire vraiment l'oeil. C'est dommage, car le contenu est sensationnel. Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine ! Le titre est assez neutre, mais bien représentatif du livre. J'aime bien !

Au final, il s'agit d'une excellente lecture que je garderai en mémoire. Tout est fait pour plaire : Les personnages, le style, le schéma narratif. Entraînant, époustouflant, grisant ; voilà ce qu'est ce roman. Et surtout, surtout, il change, se fout des codes, et adopte un état d'esprit plus réaliste qui fait du bien. Je vous recommande vivement ce début de série, très prometteur, et absolument démentiel. Quant à moi, il me tarde de lire la suite !

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.



Livre reçu grâce aux éditions Bayard. Merci à eux !

9 février 2016

Tes sourires, tes secrets

Sylvie Baussier et Pascale Perrier - Tes sourires, tes secrets.Tes sourires, tes secrets

Titre : Tes sourires, tes secrets
Auteures : Pascale Perrier & Sylvie Baussier
Editions : Oskar (Court métrage)
Année de parution : 2015
Pages : 65 pages
Prix : 7 €

Résumé :

Un matin à l'aube, Manon est réveillée par le téléphone ; Ophélie, sa meilleure amie, est dans un état grave. Que lui est-il arrivé ? Va-t-elle s'en sortir ? Manon se précipite à l'hôpital. Dès qu'elle le peut, elle se réfugie dans l'écriture, et imagine l'avenir de différentes manières... Toujours avec Ophélie à ses côtés.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Angélique et les éditions Oskar pour ce bel envoi !

Les sujets principaux de ce tout petit roman, à savoir le suicide et l'écriture, m'avaient tous deux énormément intriguée. J'étais donc curieuse de découvrir l'alliance des deux, et, bien qu'ayant été un peu déçue, j'ai tout de même bien apprécié ma lecture.

J'ai eu un peu de mal à m'attacher aux personnages. Est-ce du au très faible nombre de pages ? En partie, oui, je pense. La narratrice est donc Manon, jeune fille perdue, brisée. Elle ne comprend pas, elle est totalement désorientée suite à ce qui s'est passé. Elle essaye cependant de rester forte, et de croire en l'avenir. Nous avons également Ophélie, que nous découvrons à travers les souvenirs de Manon et des autres personnages. Même si l'on comprend qu'elle est une adolescente charmante, j'aurais aimé avoir l'occasion de mieux la cerner. Il y a aussi, entre autres bien sûr, Mathis, le petit ami d'Ophélie. J'ai été touchée par ce jeune garçon, visiblement très amoureux de sa belle, et si mal, si angoissé... Là, j'ai vraiment eu le sentiment de connaître un personnage, de m'intéresser à lui.

Le style des auteures est agréable, pertinent. On se retrouve très rapidement pris dans l'histoire, qui se lit très vite et très bien. Elles parviennent à faire ressortir une certaine émotion, une certaine délicatesse. Je me demande d'ailleurs comment s'est déroulée l'écriture à quatre mains, cela m'impressionne toujours... Elles prennent un parti intéressant ; celui d'écrire comme si Manon s'adressait à Ophélie. Ainsi, l'héroine est peut-être plus à même à se confier. Néanmoins, d'un autre côté, cela m'a un tout petit peu déplu : En réalité, j'avais parfois l'impression de déranger, de tomber dans une intimité qui ne me regardait pas, d'être exclue de la relation si particulière que les jeunes filles entretiennent. Mais, globalement, l'écriture est vraiment bien amenée.

Venons-en à l'intrigue. Sur certains points, j'ai été séduite. Sur d'autres, moins. J'ai énormément apprécié les deux principaux thèmes, et encore plus l'idée de lier, et d'opposer les deux. Le suicide, c'est la mort. L'écriture, c'est la vie. Le jeu de contraires que les auteures parviennent à instaurer tout au long de la lecture est époustouflant. D'un récit sombre, difficile, elles réussissent à faire une histoire pleine de foi et de détermination. De plus, il y a, entre les lignes, énormément d'authenticité, de simplicité. On lit l'aventure comme les personnages la vivent, pure et brute. C'est magnifique. Cependant, je vais me contredire totalement, mais dois admettre qu'à la fin, je saturais un peu des écrits de Manon. L'idée d'aborder la délivrance dans l'écriture est bonne, mais, de là à retranscrire chacun des textes de la narratrice... Pour moi, c'est un peu trop. A côté de cela, j'ai trouvé les relations entre les personnages très bien amenées. Parfois délicates, elles sont bien travaillées, et il est facile de les percevoir, de les sentir. Elles apportent un certain relief à l'histoire, sont comme les nœuds sur la corde de l'attente. Finalement, dans cet ouvrage, le plus important n'est pas le geste d'Ophélie, ni même l'avant. Ce qui est réellement mis en avant, c'est l'après. Là encore, je suis assez partagée. Cela est assez original, puisque, généralement, on a tendance à se concentrer sur l'avant, pour des romans sur le suicide. Toutefois, j'aurais sans doute préféré en savoir quand même un peu plus sur le passé, pour mieux comprendre le présent, et mieux espérer le futur. J'avais comme l'impression qu'il me manquait une des clés de l'énigme, ce qui est assez frustrant. Petit à petit, finalement, on oublie ces quelques petits détails qui nous chiffonnent, pour nous concentrer, nous aussi, sur l'état d'Ophélie. J'ai eu un peu le sentiment que l'étau se refermait, que ce livre était comme un entonnoir. On commence avec des milliers de questions, de flous, et au fur et à mesure, cela se réduit. On commence avec l'esprit alerte pour le moindre détail, et on finit par ne se focaliser que sur la survie de la jeune fille. J'aime beaucoup me sentir, comme ici, envoûtée par une histoire. Le lecteur aussi finit par se lier d'amitié avec l'intrigue, et attend, impatiemment, le mot de la fin, avec espoir et curiosité.

Justement, quand vient la fin... Personnellement, j'ai été cruellement déçue. Je ne m'attendais pas à une chute aussi ouverte. Pour être honnête, cela m'a plutôt coupée dans mon élan. C'est vraiment dommage. J'imagine qu'il y avait un réel but dans ce choix, mais, pour ma part, je n'ai pas réussi à le saisir. Par conséquent, ce bouquin m'a fait un peu l'effet d'un soufflet, avec quelque chose qui gonfle, qui gonfle, pour finalement retomber d'un seul coup. En revanche, je tiens à souligner que les derniers mots sont inscrits et choisis avec beaucoup de poésie et de délicatesse, ce que j'ai adoré. Mais, selon moi, ça n'a pas suffit à me transporter totalement.

Je trouve la couverture très jolie. Elle est simple, colorée, mais dans des tons chauds. Forte en symboles, vivante par les diverses polices, elle attire l’œil, et représente bien l'état d'esprit du texte. Le titre, ainsi que le sous-tire, sont eux aussi bien adaptés, et intrigants.

Au final, j'ai bien aimé cette courte lecture, malgré quelques petites ombres au tableau. Elle véhicule cependant un joli message d'espoir, prenant à découvrir. Je vous la recommande, en vous précisant de ne pas non plus trop en attendre. C'est un dur mais agréable moment hors du temps qu'elle vous offre, alors, tentez, vous apprécierez certainement.

J'ai été déçue..
Mais !
J'ai bien aimé !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Afficher l'image d'origine

Livre reçu grâce aux éditions Oskar. Merci à eux !

4 février 2016

J'étais là

Couverture J'étais làJ'étais là

Titre : J'étais là
Auteure : Gayle Forman
Editions : Hachette
Année de parution : 2015
Pages : 355 pages
Prix : 17 €

Résumé :

Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret. Elle avait tout prévu : La méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie. Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages. Oui, Meg était ma meilleure amie. Non, je n'étais pas au courant. Pourquoi ne l'avait-elle rien dit ? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur. Pourtant, j'étais là.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Cécile et les éditions Hachette pour ce bel envoi !

Gayle Forman est une auteure qui m'intrigue beaucoup. J'adore ses idées, mais mon avis sur son style est plus volatile. J'ai été déçue par Si je reste, mais totalement accro à Là où j'irai. J'étais alors très curieuse de voir ce qu'il allait en être pour ce nouveau roman, que j'ai finalement beaucoup aimé.

Les personnages sont dans l'ensemble très agréables. La narratrice, Cody, est une jeune fille à laquelle on s'attache facilement. Elle est très torturée, n'a pas vécu des choses faciles. Néanmoins, sa détermination est impressionnante, et son petit côté sarcastique très séduisant. Malgré certains airs qu'elle peut se donner, on sent chez elle une certaine fragilité, ce qui la rend encore plus touchante, et intéressante. Il y a également sa meilleure amie, Meg, qu'on apprend à découvrir à travers les souvenirs de tous ses amis. L'image qu'ils nous en donnent varie plus ou moins, mais on parvient tout de même à comprendre la noirceur qui hantait cette jeune fille, derrière un visage pétillant et brillant. Autre personnage marquant, Ben. Un jeune homme charmant, généreux, quoiqu'un peu cliché, avec son côté bad boy... Malgré cela, on se prend rapidement d'affection pour ce garçon un peu perdu. Un dernier mot sur un personnage secondaire qui m'a bien plu ; Harry, ancien colocataire de Meg. Bien qu'assez accessoire dans l'histoire, j'ai beaucoup aimé sa personnalité, pleine de bon sens, et de sympathie à l'état pur.

Pour mon plus grand plaisir, le style d'écriture m'a cette fois convaincue. Certes, il est fluide, et captivant. Mais surtout, il dégage quelque chose, de l'émotion, ce qui peut parfois manquer à Gayle Forman. Là, j'ai vraiment trouvé de la profondeur dans sa plume, ce qui permet au lecteur de sentir réellement intégré au récit. S'il faut un peu de temps pour vraiment être pris par le texte, après, il est impossible de se détacher de ce roman, notamment grâce au juste rythme proposé par l'auteure. Il y a en réalité une belle authenticité dans ce bouquin, et c'est ce que j'ai principalement retenu.

L'intrigue est elle aussi très percutante et plaisante. Vous l'aurez compris, à la base, elle n'a rien de très joyeux, puisque le thème principal est le suicide. Pourtant, l'auteure parvient à en faire une magnifique histoire, qui, au-delà de ses instants sombres, permet au lecteur de se sentir vivre. Comme je le disais un peu plus haut, le récit met un peu de temps à se mettre concrètement en place, et il faut quelques chapitres avant de se sentir pleinement embarqué par le bouquin. Néanmoins, lorsque c'est chose faite, vous le dévorez en un rien de temps. Cette histoire est dure. Elle relate toute la culpabilité, l'incompréhension, le manque que vit Cody suite à la disparition de sa meilleure amie. Nous ne faisons plus qu'un avec la première, et nous vivons nous aussi les pénibles étapes qu'elle traverse. Indéniablement, on se trouve bouleversé par cette aventure si déstabilisante. L'auteure parvient à faire un juste milieu entre toutes les émotions que ressent sa narratrice et ses autres personnages, de manière à ne pas ennuyer son lecteur. Ainsi, on reste dans un bon équilibre qui crédibilise l'intrigue. Le sujet est abordé avec beaucoup de pudeur, mais sans pour autant tomber dans l’insensibilité pure. On ne s'apitoie pas sur le sort de Cody, on cherche, comme elle, à comprendre, avec une certaine rage. Le besoin de savoir devient, pour nous aussi, vital. On se prend au jeu de l'enquête, du grand Pourquoi ?. Petit à petit, on remonte les souvenirs de chaque personnage, pour assembler les pièces d'un puzzle bien plus compliqué qu'on n'aurait pu l'imaginer. Au fur et à mesure, l'histoire se fait plus obscure, plus machiavélique. Plus l'on en apprend, plus les choses évoluent, et plus le récit nous prend aux tripes. Nous allons de surprise en surprise, c'est un véritable marathon de la vérité qui finit par se mettre en place. Le crescendo des événement suit celui des sentiments, formant ainsi une sorte de coup de poing. Ce roman nous apprend à vivre, à profiter de chaque instant. Bien que, parfois, certains passages soient un peu plus creux, ce livre est comme une gourmandise douce-amère. Parce que malgré la noirceur qu'il transmet inévitablement, il respire la bonne humeur, la vie. On pleure, oui, mais on rit aussi. C'est ce qui fait tout son charme, toute sa force. En plus de cela, ce livre veut briser les codes moraux, les clichés. C'est très bien agencé, et cela change des drames bidons sur lesquels on peut parfois tomber. Ici, il s'agit d'un ouvrage qui nous parle, qui nous claque.

La fin est assez étonnante, mais elle aussi bien amenée. Elle contraste plutôt bien avec le reste du récit, ce que j'ai trouvé très pertinent. On remarque ainsi la sorte de sphère dans laquelle évoluait notre héroïne, et nous aussi, par la même occasion. On peut dire que cette chute est assez violente, à des kilomètres du reste. Et cette rupture, bien qu'assez brutale, est idéale. Très réaliste, elle m'a beaucoup plu, car elle achève très bien cet épisode de réflexion existentielle que l'ouvrage nous offre. Elle n'est pas pour autant cloisonnée ou déprimante, elle est simplement bien mesurée. Bon, vous dire qu'on ne sent pas une pointe de romanesque pur serait vous mentir, mais je vous assure qu'on l'oublie vite. En réalité, après la lecture, on a le sentiment d'avoir grandi, d'avoir compris. Et puis, les derniers mots sont splendides. De plus, l'auteure nous offre, en fin d'ouvrage, quelques notes, qui apportent une double valeur à ce roman déjà très fort. Notes que je vous laisserai découvrir par vous-même...

Le livre-objet est lui aussi une belle réussite. La couverture est juste splendide. Elle correspond tout à fait à l'univers de Gayle. Chaque petite image est forte en symbolique, et reflète à merveille l'état d'esprit du roman. Il en est de même pour le titre, simple, mais très efficace. (Même si, apparemment, il serait judicieux d'offrir un GPS à Gayle, au vue des titres de ses bouquins, n'est-ce- pas Guillaume ?) Et surtout, il est porteur d'un message très puissant, qu'on comprend à la lecture du roman.

Vous l'aurez compris, je vous recommande vivement cette lecture. Nécessaire, vibrant, il dégage quelque chose de très impressionnant. Grâce à des personnages attachants et à une plume authentique, le thème du suicide est apporté avec énormément de finesse et de délicatesse. Bien qu'il ne soit pas forcément une partie de plaisir en soi, ce livre est incontestablement une belle leçon de vie, une de celles qui vous marque. Ca, je vous le garantis.

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

   

Livre reçu grâce aux éditions Hachette et au site Lecture-Academy. Merci à eux !