18 avril 2016

D.R.A.M. Mémoire vive

Couverture D.R.A.M. Mémoire viveD.R.A.M. Mémoire vive

Titre : D.R.A.M. Mémoire vive
Auteur : Antony Altman
Editions : Auto-édition
Année de parution : 2015
Pages : 188 pages
Prix : 8,70 €

Résumé :

Paris, 1992. Gabriel est un jeune homme de 23 ans, lunaire et romantique, qui nourrit une passion détonante pour une héroïne de série télévisée des années 1970 mondialement connue. À ses yeux, l’actrice qui incarne le rôle représente l’idéal féminin. Aussi croit-il rêver lorsqu’un soir il fait la connaissance de Marzi, sa nouvelle voisine de palier, qui ressemble en tous points à son égérie.
Gabriel ne tarde pas à déclarer sa flamme à la jeune femme, qui de son côté ne reste pas insensible à ce garçon osant porter ses émotions et ses sentiments à fleur de peau. Mais voilà que le meilleur ami de Gabriel fait son apparition au beau milieu de cette romance naissante. Il s’appelle Sacha, possède le physique d’un apollon, le cerveau d’un docteur en mathématiques – ce qu’il s’apprête à devenir dès la fin de ses examens universitaires – et un charme ravageur. Bref, de quoi semer une belle pagaille...
Dans la réalité, tout se termine-t-il aussi bien qu'à la télé ?

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Antony Altman pour l'envoi de son étonnant roman !

J'avais vu cet ouvrage passer entre les mains de certaines de mes camarades blogueuses, et avais été très intriguée par la couverture et le résumé. Aussi, lorsque l'auteur m'a proposé de découvrir son livre, j'ai de suite accepté, très intriguée. Le moins que l'on puisse dire, c'est que côté surprises, j'ai été servie.

Les personnages sont, en apparence, assez classiques. Le narrateur, Gabriel, est un homme qui se dévoile énormément tout au long de la lecture. Ce personnage, qui évolue beaucoup, nous en fait voir de toutes couleurs. Même s'il est en réalité incernable, on s'attache à lui. Il nous rend curieux. On a presque pitié de lui, de l'aliénation qui le torture. Les personnages secondaires sont eux aussi très intéressants. Je pense notamment à l'intrigante Irina, qui, venant du corps médical, incarne tout le contraire du protagoniste, apportant ainsi une sorte d'équilibre entre les personnages. Seule petite déception, j'aurais aimé en savoir davantage sur la fameuse Marzi. En effet, c'est d'elle que tout découle, en quelque sorte, et j'ai été un petit peu déçue de ne pas mieux connaître la source du drame.

Le style de l'auteur est agréable, fluide à la lecture, et surtout, captivant. C'est bien simple : J'ai lu ce roman d'une traite. Sans aller chercher compliqué, il parvient à être très efficace, et à séduire le lecteur. Mieux, il s'introduit dans notre esprit, pour nous fasciner, et nous torturer un peu, aussi. C'est typiquement le genre d'ouvrages qui vous racontent des choses un peu compliquées, mais avec beaucoup de simplicité. J'ai adoré me perdre dans les pensées et tourments de Gabriel. Car c'est réellement le sentiment que vous avez : Faire partie intégrante de son esprit.

L'intrigue m'a beaucoup, beaucoup étonnée. Au premier regard, on voit une romance, qui tourne mal. Mais en réalité, c'est bien plus que cela. Ce livre est délicieux cyclone psychologique, qui vous rend fou, vous aussi. Comme précisé sur la quatrième de couverture, avec cette histoire, l'expression "fou d'amour" prend tout son sens. C'est exactement cela. L'auteur décortique et envenime le sentiment amoureux comme je ne l'avais jamais vu auparavant. C'est à la fois envoûtant, et terrorisant. Mais commençons par le commencement. Tout part d'une fascination, d'une obsession, pour un personnage de fiction, Super Jaimie. (Je ne connaissais absolument pas cette série avant -1998 oblige-, mais je me suis renseignée au début de ma lecture) J'avoue qu'au début, j'étais assez sceptique, et me demandais sérieusement comment il était possible d'articuler correctement la chose, sans tomber dans un délire incompréhensible. Toutefois, mes doutes se sont révélés infondés, et c'est une histoire tout à fait cohérente qui s'est déroulée devant mes yeux. J'en reviens un peu de nouveau à Marzi, néanmoins, j'ai juste été un peu frustrée de ne pas avoir davantage de pages sur la relation entre Gabriel et Marzi. J'entends bien que ce n'était pas le coeur-même de l'intrigue, mais c'est cependant l'élément perturbateur, et pour encore mieux comprendre la réaction du narrateur, j'aurais aimé avoir mieux perçu son état d'esprit au cours de ce passage. Ensuite, tout va très vite. On tombe dans une sorte de spirale infernale, qui étouffe le protagoniste. Le lecteur, quant à lui, alterne sadisme et souffrance, puisqu'il vit les tourments de Gabriel aussi bien qu'il les observe. C'est très étrange comme sensation, c'est même délicieusement malsain. L'auteur a une imagination débordante, et va toujours plus loin. Il ne semble avoir aucune limite, aucune censure, et c'est ce qui me plaît. Il parvient alors à nous retourner le cerveau, à torturer aussi bien ses personnages que son lecteur. Grisant, ce bouquin vous propose quelque chose de différent, un brin machiavélique, et surtout ensorcelant. La mise en page suit le rythme de l'ouvrage, ce qui, en quelque sorte, met en forme le ressenti du lecteur, et rend la lecture encore plus agréable. En réalité, ce livre vous fait réfléchir sur l'amour, mais aussi sur d'autres sujets que je tairai pour vous ménager le suspense. En dehors d'une forme toute en réussite, il y a un véritable fond, et ça, c'est un très bon point.

Vous vous en doutez sûrement, mais la fin est elle aussi très surprenante.  Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, ou plutôt, je m'attendais à tout. L'idée de chute pour laquelle l'auteur a opté est très intéressante, pertinente. Elle part dans tous les sens, tout en gardant le cap. Oui, c'est assez contradictoire, mais avec ce livre, il ne faut pas chercher à tout comprendre, et se laisser porter. Il vous contrôle, et vous suivez la danse, c'est tout. Je ne vous cache pas que l'ultime choix de l'auteur est un parti pris, même un risque. Je ne sais pas si c'est l'option idéale, mais en tous cas, c'est une option qui fonctionne. Le lecteur sent, tout au long de la lecture, la pression et la folie qui monte. Il considère ainsi les dernières pages comme l'apothéose de cette démence. Ainsi, vous achevez cet ouvrage avec l'esprit totalement embrumé, mille remises en question en tête, et une nouvelle obsession pour cette histoire loin d'être banale. C'est très bien joué.

Je suis absolument fan de la couverture. Elle a un petit côté moderne que j'aime beaucoup, tout en restant simple. Mais surtout, elle représente très très bien l'intrigue. Il en est de même pour le titre, assez intrigant, et parfaitement symbolique. C'est, pour moi, un livre-objet qui donne envie, et ce à juste titre.

Pour un premier roman, le résultat est donc, à mon avis, très encourageant. Le style est bon, les idées sont là... Je suis très curieuse de découvrir la prochaine proposition de l'auteur. En attendant, je vous recommande cet étonnant roman, qui, en plus de vous faire passer un bon moment, vous laissera pantois...

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

Livre reçu de la part de l'auteur, Antony Altman. Merci à lui !

1 avril 2016

Cher blog, tu as maintenant quatre ans.

Cher blog,

Ma Malle aux Livres

C'est officiel, cela fait maintenant quatre ans que tu es entré dans ma vie. Je revois très précisément le moment où, cachée dans ma chambre, j'avais pris l'initiative de ta création. Cachée, oui, car à l'époque, mes parents m'avaient interdit d'ouvrir un blog. C'est à peu près la seule fois où je leur ai réellement désobéi, (Non non, ne crois pas pour autant que je suis un ange) mais je n'ai aucun regret. Et je crois d'ailleurs pouvoir affirmer qu'ils ne m'en ont jamais tenu rigueur.

Tout est parti d'une sensation de lire pour rien, de lire dans le vide. Je voulais donner un sens à mes lectures, qu'elles servent à d'autres ; rendre cette activité moins égoïste, quelque part. J'avais envie, et besoin, de m'investir dans quelque chose, d'occuper mon temps et mes pensées, pour moins songer à la réalité qui n'était pas forcément rose, il y a quatre ans. Tu vas me dire que c'est terriblement cliché, mon histoire, mais c'est la pure vérité. On n'atterrit pas sur le Web par hasard. Pour tout t'avouer, j'ai longuement hésité avant de te mettre en place. En 2012, il y avait nettement moins de blogs littéraires que maintenant, on se posait donc plus de questions. Il a suffit qu'une amie chère à mon coeur, Marie, blogueuse à la retraite pour ceux qui l'ont connue, se lance dans l'aventure, pour que, le lendemain, je me jette à l'eau à mon tour.

Pour être honnête avec toi, je ne te donnais pas plus de quatre mois à vivre. Dans mon esprit de collégienne de 13 ans et demi, tu étais très éphémère, de passage, pour m'amuser un peu. Je pensais me lasser rapidement, faire de toi un hobby passager. Je pensais aussi que mes lecteurs se compteraient sur les doigts de la main, que cela resterait une petite folie partagée avec Marie uniquement.

Quatre plus tard, tu es toujours là, et tu fais plus partie de ma vie, de moi, que jamais. Parfois, j'essaye de m'imaginer ce que serait mon quotidien sans toi, sans tout ce que tu m'offres chaque jour. Je ne vois rien. Un profond ennui, sans doute. Tu m'apportes tellement, tellement de choses. Je n'ai jamais tant lu que depuis que tu existes. Ma culture a doublé, mon vocabulaire a triplé. J'ai découvert mille et un paysages littéraires, mille et un personnages de fiction. J'ai appris à être autonome, à respecter des délais, à avoir un point de vue critique, à écrire, à analyser, à mieux maîtriser les outils informatiques, à gérer plusieurs choses à la fois, à m'organiser, à rédiger des messages à caractère professionnel, à ouvrir mon esprit, à orchestrer des moyens de communication, à être patiente, à exprimer une opinion, à prendre des responsabilités, et encore tant d'autres choses. Grâce à toi, je n'ai fait que gagner, je n'ai jamais rien perdu. Peut-être des heures de sommeil, tout au plus. Dérisoire, face à tout le bien que tu me fais.

 Tu m'as aussi apporté des lecteurs formidables, réguliers ou occasionnels, féminins ou masculins, français ou non, grands lecteurs ou non, blogueurs ou non. Des lecteurs incroyables, qui prennent parfois le temps de laisser un commentaire, comme, pour les plus présents, Marinette, Eden, Azur, Herbe Folle, Sandrine, Memelessorcièreslisent, Twogirlsandbooks, Boom, La route des lecteurs, et bien d'autres encore. Je ne peux pas tous les citer, mais j'aimerais qu'ils sachent que je retiens tous leurs pseudos, que lorsque je réponds à leurs commentaires, je sais les repérer. Et ils sont tous extraordinaires, même ceux qui ne laissent pas de commentaire, qui se contentent de lire. Ils te font vivre autant que moi. Sans eux, tu n'en serais pas là, et moi non plus.

Tu as entraîné des projets que je n'aurais jamais envisagés une seule seconde sans toi. Pour n'en citer qu'un, La Bookinade, ta version dérivée, à la radio, deux fois par mois. Mais si je voulais, je pourrais t'en faire une liste phénoménale ; qu'ils soient petits, grands, personnels, collectifs, ils ont tous une importance capitale à mes yeux.

Tu m'as permis des rencontres fabuleuses, et pour ça, je te remercie encore plus que pour le reste. Des personnes qui sont devenues plus que de simples collègues ou de simples lecteurs. Des rencontres virtuelles, puis en chair et en os, qui m'ont marquée, chacune à leur façon. Si on les classait par ordre alphabétique, cela donnerait Agathe, Andréa, Audrey, Cassandra, Cléa, Fanny, Juliette, Guillaume, Laura, Nathan, Saefiel, Tom. J'espère n'oublier personne. Mais bien sûr, il y a encore d'autres noms que je pourrais donner, ceux des nombreux blogueurs et booktubers merveilleux que j'ai croisés sur le Web littéraire. Ils se reconnaîtront, j'en suis sûre.

Si je devais réellement te faire la liste exhaustive de tout ce que tu représentes pour moi, cher blog, cet article serait infini. Mais je crois que tu peux à présent tenter d'imaginer tout ce que tu signifies pour moi. Imaginer seulement, car il n'y a pas de mot qui existe pour décrire un tel bonheur et un tel enrichissement. En réalité, le bonheur ne se nomme pas, il se ressent, non ?

Tout cela pour te souhaiter, cher blog, un excellent anniversaire. Quatre ans, tu te ferais presque vieux, pour ce qui devait être un délire de pré-adolescente... Mais tu ne seras jamais trop vieux pour moi. Car toi, c'est moi, et moi, c'est toi. C'est grâce à toi que je suis devenue celle que je suis aujourd'hui. Bon, tu me diras, on ne sait pas si c'est vraiment une bonne chose ! Mais en tous cas, ce que je sais, c'est que pour rien au monde, je ne prendrais le risque de te perdre.

Merci encore pour ce que tu es pour moi.
Car pour tout te dire, tu es sans doute la meilleure chose qui ne me soit jamais arrivée.
La meilleure partie de moi-même, en fait.

Alors merci à toi, merci à tous.
Merci.

Mathilde ♥