Post Top Ad

4 novembre 2017

Moi, féministe, et contre l'écriture inclusive


Holà la compagnie,

En ce moment, j'entends beaucoup parler de l'écriture inclusive.
Ou plutôt, en ce moment, je vois beaucoup de personnes s'écharper au sujet de l'écriture inclusive.

Alors j'ai eu envie d'écrire cet article, afin de partager un peu avec vous mon point de vue sur la question ; mon avis à moi, blogueuse féministe et très à cheval sur les règles de la langue française.

Je suis contre l'écriture inclusive.

Bon alors soyons clairs, je ne suis pas pour autant partisane du discours de l'Académie Française. Eux et moi, on n'est pas vraiment copains. Le coup du "Nénufar", je l'ai encore en travers de la gorge. Et puis, je trouve la moyenne d'âge de ses membres profondément ridicule. Mais c'est un autre débat.

Cependant, à mon sens, il est évident que même sans être un "péril mortel" comme le scande l'Académie, l'écriture inclusive est une belle erreur.

Cette écriture, qui vise à inclure le genre féminin en plus du genre masculin (Donc par exemple, "Etes-vous des partisan.es de l'écriture inclusive ?") au pluriel, à créer des féminins pour chaque titre, métier, fonction etc, et à préférer les termes universels aux termes "genrés", part d'une très bonne intention, celle de féminiser un peu plus la langue française. Car il faut le reconnaître, notre langue, bien que magnifique et très riche, est très majoritairement masculine. Et je comprends que certains s'en interrogent.

Mais il faut aussi être un peu réaliste. Il n'est tout bonnement pas envisageable d'utiliser cette écriture dans notre quotidien. Imaginez deux secondes. Les livres. La presse. Les tweets. Les SMS. Les cours. Les copies d'examen. Je m'arrête là, mais la liste est loin d'être exhaustive, car elle est extrêmement longue. 

Ecrire deviendrait encore plus compliqué. Il faudrait plus de pages, plus d'encre, plus de caractères, plus de temps. Matériellement, c'est impossible.

Et au-delà de ça. La langue française est sublime, mais clairement très complexe. Il est déjà difficile pour certains d'apprendre à la maîtriser, à la lire, à l'écrire. Il faudrait encore rajouter quelque chose à comprendre. Oui, peut-être que pour vous, c'est facile, de penser à ajouter du féminin, de connaître le féminin de chaque mot, conjugaison. Mais vous, vous lisez et écrivez depuis tellement d'années que c'est devenu un automatisme. Il faut aussi et surtout aux futurs lecteurs, à ceux qui n'ont pas encore appris la langue française. Ils découvriront une langue encore plus difficile. Et ce n'est vraiment pas ce dont ils ont besoin.

Je suis la première à dire qu'une langue doit savoir évoluer, comme tout dans notre société. Je suis une progressiste. Mais là, ça va trop loin. Ce n'est même plus un progrès, c'est simplement une erreur.

Laisser "Le masculin l'emporte sur le féminin", comme on nous le répétait à l'école, ce n'est pas un symbole de la hiérarchie des genres. C'est simplement une règle vieille de centaines d'années et, certes, fondée sur des principes sexistes, qui est devenue, avec le temps, une règle d'orthographe et de conjugaison basique, linguistique plus que sexiste. 

D'ailleurs, en ce qui me concerne, je n'ai jamais considéré ce masculin qu'on utilise pour les groupes ou pour les sujets au genre indéfini comme un véritable masculin au même titre que celui qu'on utiliserait pour "Paul" ou "Le parc", mais davantage comme un neutre, comme en possédait notre langue latine.

A l'heure actuelle, dans notre societé telle qu'elle existe, ce n'est plus un masculin sexiste, c'est un masculin neutre. C'est tout. 

Et puis, sérieusement. Loin de moi l'idée de reprendre le discours de Nicolas Dupont-Aignan, "homme politique" que j'exècre, mais laissez-moi vous dire une chose : Ce n'est pas notre langue qui est sexiste, mais notre société, ceux qui utilisent cette langue. Et penser que mettre des .e partout est une mesure qui permettrait d'intégrer davantage les femmes dans notre société, c'est vraiment se mettre le doigt dans l’œil. Les sexistes se foutent pas mal de la langue française. Ce n'est pas ce genre d'actions qui fera reculer le sexisme. Ce n'est pas ça qui fera baisser le flot d'injures, d'agressions, les inégalités salariales, les discriminations, le dédain, la violence, et j'en passe. Et surtout, surtout, ce n'est pas ça qui crée le sexisme. Je doute qu'un homme ayant eu un comportement sexiste se soit dit avant "Le masculin l'emporte sur le féminin dans la langue française, alors dans la société aussi." C'est pragmatique, je sais, mais c'est une réalité.

Alors sérieusement, plutôt que de rendre une langue complexe si difficile qu'elle finira par en devenir impraticable, il faudrait avant tout revoir notre éducation et notre façon de penser. 
Féminiser davantage la langue française ne serait qu'une solution de façade, un accomplissement superficiel qui ne résoudrait en aucun cas le problème sexiste profondément ancré dans notre société. 

Rajouter des .e compliquerait l'apprentissage de la langue, l'utilisation de la langue, pour ne donner que l'illusion d'une amélioration. 

Oui, un jour, peut-être que la langue évoluera petit à petit vers une forme de féminisation. Mais de mon point de vue, si cela se fait, il faut que ce soit naturellement. Que peu à peu, la langue laisse plus de place au féminin. Que les choses se fassent d'elles-mêmes, à leur rythme, sans qu'on cherche à mettre en place une nouvelle écriture, mais plutôt grâce à une avancée des mœurs, des opinions, de l'éducation. C'est à ce moment-là que cette féminisation aura du sens, parce qu'elle reflétera, je l'espère, un changement concret dans notre société. 

Et là, on pourra dire que c'est un progrès. Et un vrai. 

Et toi, l'écriture inclusive, t'en penses quoi ?

A très vite,

Mathilde

♫ En fond d'écriture d'article, The Sound of Silence, reprise de Disturbed
Le 4 novembre 2017 à 16:00 / Par / 22 Commentaire(s)

22 commentaires:

  1. Coucou Mathilde,

    comme toi j'ai vu passer ces derniers temps des débats assez incroyables sur ce sujet. Et comme toi je suis contre.

    Tu l'as si bien dit, cela va être difficile à mettre en place, cela prendra du temps, de l'encre etc. De plus je suis tellement d'accord : la règle qui dit que "le masculin l'emporte sur le féminin" est là, profondément ancré dans notre langue, c'est un fait mais c'est si vieux. N'y a-t-il donc pas des inégalités bien plus graves de nos jours ? Je crois que la réponse n'est pas dure à trouver.

    Personnellement je suis encore au lycée, en classe de première. Quand je vois la manière dont certains élèves de ma classe écrivent, honnêtement, je n'ose imaginer ce que ce serait s'ils devaient en plus adopter l'écriture inclusive.

    Dans tous les cas, merci beaucoup pour ton article que j'ai trouvé très posé et extrêmement constructif.

    Victoria

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hello Victoria,

      Merci à toi pour tes mots !
      Je suis ravie si tu as pu retrouver ton opinion au travers des miens.
      Et je suis tout à fait d'accord avec toi : Il y a déjà de telles lacunes déjà présentes en ce qui concerne l'orthographe, la grammaire et la conjugaison, alors avec de nouvelles règles à rajouter... J'aurais peur du résultat.

      Merci encore pour ton commentaire !

      Supprimer
  2. Si on suit ton raisonnement il faudrait ajouter un neutre comme en allemand alors ! :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si on voulait vraiment modifier quelque chose, oui, ce serait pour moi l'option la plus cohérente. Cependant, je ne suis pas pour autant favorable à l'ajout d'un neutre, qui complexifierait encore plus une langue déjà très difficile à maîtriser ;)

      Supprimer
  3. Très intéressant cet article, merci pour ton point de vue ! Je suis d'accord avec ce que tu dis. En soi, je ne trouve pas que l'écriture inclusive soit une mauvaise idée mais je suis contre son utilisation "nationale" (je ne sais pas comment dire d'autre ahah) pour les raisons que tu as citées !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait, si certains veulent l'utiliser lorsqu'ils en ont envie, je n'y vois pas d'inconvénient. Mais chercher à en faire une écriture officielle (Je suis aussi en galère de mot pour exprimer la même idée que la tienne aha) est pour moi impensable. Merci à toi pour ton commentaire !

      Supprimer
  4. Salut, merci pour ton article Mathilde, qui est très intéressant!

    Mais je dois avouer que certaines choses m'ont fait lever les yeux au ciel plus d'une fois...
    Je suis d'accord sur le fait que l'écriture inclusive est vraiment impossible en l'état à mettre en place. Mais je suis à fond avec le principe, qui est pour moi d'un vrai progressisme.

    Peu importe le combat, homophobie, racisme, sexisme... Il n'y a pas de combats vains. Je pense qu'il faut sérieusement arrêter de toujours comparer, c'est simplement insupportable pour les victimes. Chaque pierre posée à un édifice compte, et ce n'est pas parce que cette pierre est ridicule à vue d'oeil qu'on peut se permettre d'écrire que ça ne "serait qu'une solution de facade". Je préféré qu'on se batte sur les inégalités salariales bien avant une histoire d'écriture neutre. Mais la démarche qu’entreprennent ces personnes n'est pas vide de sens, on ne peut pas balayer leur combat comme ça été fait dans l'article. "Féminiser davantage la langue française ne serait qu'une solution de façade, un accomplissement superficiel qui ne résoudrait en aucun cas le problème sexiste profondément ancré dans notre société."


    « Laisser "Le masculin l'emporte sur le féminin", comme on nous le répétait à l'école, ce n'est pas un symbole de la hiérarchie des genres. C'est simplement une règle vieille de centaines d'années et, certes, fondée sur des principes sexistes, qui est devenue, avec le temps, une règle d'orthographe et de conjugaison basique, linguistique plus que sexiste. »
    Ce paragraphe est le premier qui m'a vraiment choqué. Je trouve que ce qui y est dit est complètement problématique. Je lis ici une banalisation du fait que la langue soit basée sur des principes sexistes. Maintenant que c'est devenu chose courante, basique, on ne devrait rien dire, ce n'est plus choquant ? C'est valable pour tout, on ne peut pas banaliser des choses sous prétexte que c'est devenu normal. On ne peut pas dire par exemple que le n-word « est une vieille insulte du temps de l'esclavage et que maintenant les rappeurs l'utilisent plus parce que ça fait cool ou pour désigner les noirs que pour insulter ». Ce n'est pas possible. Le progressisme ce n'est pas effacer le passé, c'est au contraire se confronter à ce passé en plein visage et réfléchir vraiment.

    Qu'on le veuille ou non, le masculin qui l'emporte sur le féminin n'est pas simplement sexiste, c'est tout bonnement un symbole divin de la hiérarchie des genres, oui oui ! Quand un genre (masc) l'emporte sur un autre (fem), sisi c'est bien ce que l'Académie française aussi bien « aïeule et douairiére » qu'elle est appellerait une hiérarchie. Comment trouver normal, que ça soit le masculin qui l'emporte sur le féminin ??? Pourquoi ça serait aux femmes de se reconnaître dans un pronom qui assoit leur situation d'infériorité. Ce n'est peut être rien pour toi, mais pour d'autres ça signifie beaucoup. Comment une langue, comme la notre puisse décider, trancher que ce sera au masculin de l'emporter dans tous les cas, et pourquoi on ne devrait pas s'en insurger. Cet argument que tu tiens dans ton article, est le même que des extrémistes ont tenu et tiennent encore de nos jours à l'assemblée nationale quand on leur demande de dire « madame la ministre » et non pas « madame le ministre ». Ce n'est qu'un petit changement et pourtant c'est déjà un beau pas. Allons demander à ces femmes ministres si ce changement n'est que « facade », allons demander à toutes ces filles et femmes qui ont un exemple national qu'une femme ministre n'est pas une femme qui occupe un métier d'homme, si ce n’est que « facade ». Cette regle dit une réalité crue, les hommes l'emportent toujours dans ce monde et je défie quiconque de me dire que cette hiérarchie des genres n'existe pas.

    1/2

    RépondreSupprimer
  5. Ne le prends pas personnellement Mathilde car je considere enormément ton travail et ce que tu fais sur ce blog que je suis régulièrement, mais le paragraphe avec dupont aignan m'a brisé. Je ne pensais pas que tu pouvais penser de telles choses. J'ai beaucoup trop de choses à dire sur ce paragraphe mais je vais faire court parce que je ne veux pas que mon commentaire devienne une thèse lol. Déjà « notre langue n'est pas sexiste » si elle l'est, pas besoin de développer ça coule de source. Oui la société est sexiste et non ce n'est pas un .e qui va changer tout (quoique, on sait jamais), mais c'est un pas qui compte. Si tu regardes bien, chaque minorité dans son combat vers des droits à du réaliser ou demander des choses qui paraissent dérisoire et qui pourtant signifie beaucoup. « Rosa Parks aurait bien pu rester à sa place non, ce n'est pas un changement de place qui va changer les choses, au lieu d'une histoire de bus combattons plutôt la société qui réalise des violences sur les noirs  » aurait pu dire le dupont à l'époque et pourtant…

    Pour finir, quand on considère la langue et en plus la langue française il ne faut pas la considérée à moitié. Le langage est une des choses les plus précieuse, le langage est capital. La façon dont on écrit ou dit les choses est lourde de sens et de signification. Imaginons que demain c'est le féminin qui l'emporte, je te laisse imaginer la réaction des hommes… Ils seront perturbés, enervés, dégoutés, choqués, pourtant ce ne sont que « « « des mots » », ça ne change pas le fait qu'ils dominent dans la hiérarchie, ça ne change pas leur sexe ou leur genre… Non, définitivement je crois au pouvoir du langage, les exemples sont trop nombreux pour faire semblant et jamais on ne devrait nier ce pouvoir comme tu l'a fais. Je te renvoie à des études de psychologies qui approfondissent sur le poids des mots et des ée à la fin des adjectifs par exemple.

    « A l'heure actuelle, dans notre societé telle qu'elle existe, ce n'est plus un masculin sexiste, c'est un masculin neutre. C'est tout. » Masculin neutre… Masculin neutre…Là il faut que tu m'explique s'il te plait, je reste ébabi. Cette notion est tout à fait impossible à mon humble avis. C'est comme si on disait à une personne gender fluid (genre neutre) qu'elle est gender fluid masculin…
    Et même, c'est ton sentiment, il n'est pas universel, combien de fois ai-je entendu des filles faire des remarques sur la gêne que leur procurait le mot « gars » utilisé dans un contexte où justement il serait « masculin neutre » ?

    Bref, à part ça je suis d'accord sur le fait que l'écriture inclusive est assez compliquée à mettre ne place. J'ai développé ci-dessous mon avis non pas en dénigrant le tiens, je considère ton opinion et c'est justement pour ça que je me permet de rédiger ce commentaire afin que chacun ne reste pas dans les mêmes schémas de pensées et que tu puisses peut être reconsidérer certaines choses.

    Kiss, merci d'avoir lu jusque là aha;)

    2/2

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cher Anonyme,

      Avant tout, un très grand merci pour ce super commentaire détaillé ! J'adore les lecteurs qui prennent le temps de m'écrire de tels pavés, qu'on soit d'accord ou non. Vraiment, ça me fait super plaisir !

      Pour reprendre les points que tu soulèves, certes, chaque pierre apportée à l'édifice compte. Mais. Quand on construit un édifice, on commence par poser les pierres qui servent pour les fondations, on ne commence pas par poser le toit. C'est pragmatique, et je suis habituellement du genre à maudire les pragmatiques, mais c'est vrai. Ce n'est pas que je ne veux pas d'une féminisation de la langue française, c'est plutôt que je ne conçois pas qu'on s'y prenne de la sorte, et également qu'on en fasse un combat de première ligne, alors qu'il y a tant de choses à changer avant pour qu'une modification comme celle-ci tienne la route. Il faut respecter un certain ordre de passage, pourrais-je dire.

      Je ne suis pas d'accord quand tu dis que je banalise le soit-disant sexisme de la langue française. Très, très loin de moi cette idée. Ce que je veux dire, c'est qu'effectivement, suite au passage du temps, à l'évolution des moeurs, "Le masculin l'emporte sur le féminin" ne signifie plus que qu'il y a ici une suprématie du genre masculin. Maintenant, c'est simplement une règle linguistique. Si je banalisais le "sexisme" de la langue française, je te dirais "Oui, le masculin l'emporte sur le féminin, mais bon c'est normal, c'est comme ça depuis toujours." Là je te dis, "Le masculin l'emporte sur le féminin n'est plus à prendre au sens littéral, ce n'est plus une mentalité traduite par la langue, c'est dorénavant simplement une règle linguistique, ça ne veut rien dire de plus." J'aurais tenu le même discours si le féminin l'emportait sur le masculin depuis la nuit des temps.
      Bien sûr, il faut un masculin ET un féminin pour chaque titre, profession, etc. Ça, je ne dirais jamais le contraire. Ce qui me pose problème, c'est de vouloir absolument coller les deux en même temps. Pour moi, c'est une complication conséquente pour un intérêt minime. Il faut tenir compte de tous les facteurs, lorsqu'on modifie une langue : Le fond certes, mais aussi la forme. Là, on prend de gros risques "pratiques" en terme d'accessibilité de la langue pour un résultat que je me permets de penser superficiel, je maintiens le mot.

      Bon, par contre, comparer l'écriture inclusive avec Rosa Parks...Il ne faut peut-être pas non plus exagérer.

      1/2

      Supprimer

    2. Pour revenir à mon "Ce n'est pas la langue qui est sexiste, mais la société", il faut prendre la phrase dans son ensemble, et non diviser les propositions comme tu l'as fait. Je rappellerai donc ici les arguments que j'ai eu lors d'un autre débat sur Twitter. De mon point de vue, ce n'est pas la langue qui influence la société, mais la société qui influence la langue, cf les divergences de vocabulaire et d'expressions en fonction des milieux sociaux. C'est bien pour cela que j'affirme que le problème ne vient pas de la langue, mais de la société.

      Je ne nie pas le pouvoir de la langue. J'y crois ardemment. Les mots ont pour moi une dimension fascinante, même s'ils ont des limites qui me posent de plus en plus question. Mais comme je l'ai dit un peu plus haut, il faut considérer la langue dans son ensemble. Son fond, sa forme, son utilisation, et ses utilisateurs. Il ne faut pas uniquement tenir compte de ce qu'est la langue, mais aussi de ce que fait la langue.
      J'ai eu la chance d'avoir sur Facebook la réponse d'un homme dyslexique, qui a tenté de lire de l'écriture inclusive. Pour lui, ce fut impossible. La langue française, déjà complexe, ferme alors encore plus de portes. Il n'est pas possible de ne tenir compte que de l'aspect féministe de l'écriture inclusive. Tu as omis toute cette partie de mon argumentaire, et c'est pourtant un des points-clés de mon développement.

      Enfin, pour terminer, je ne comprends que tu compares ma notion de "Masculin neutre" à une identité de genre. Ça n'a absolument rien à voir. Peut-être que le terme de "Masculin neutre" n'était pas clair, mais il veut tout simplement dire que ce n'est justement plus du masculin pur à ce stade, mais du neutre. Ce n'est pas parce que c'est la même écriture que cela signifie la même chose. On écrit bien "Je parle" comme écrit "Il parle", et ça ne veut pas dire que lorsqu'on parle d'une autre personne notre ego veut forcément se superposer à l'autre personne ou je ne sais quoi.

      En tout cas cher Anonyme (Je suis hyyyyper frustrée de ne même pas avoir un pseudo auquel me raccrocher, c'est très rare qu'on signe d'un simple "Anonyme" !) un très grand merci pour cet échange, car malgré nos divergences d'opinions, c'est toujours super enrichissant de découvrir d'autres points de vue, surtout lorsqu'ils sont capables de respecter le tien même s'il est différent.

      A très bientôt j'espère !

      2/2

      Supprimer
  6. Je partage ta vision des choses et la lecture de ton article me fait plaisir : je me sens moins seul, maintenant ! Entre les progressistes aveugles et les réactionnaires sans argument, difficile de trouver quelqu'un avec qui tomber d'accord...

    Je me permets néanmoins une petite digression relativement au mot "nénufar" que tu cites au début de l'article. Au fond, le changement d'orthographe me semble plutôt justifié. De ce que j'ai compris, le son -f orthographié -ph marque l'origine grecque d'un mot. En l'occurrence, on a longtemps pensé que le mot "nénuphar" était d'origine grecque, et c'est pourquoi on l'écrivait "-ph". Puis on s'est rendu compte qu'il était en fait d'origine persane, ce qui explique la disparition du -ph au profit du simple -f. Ce n'est pas un changement arbitraire, juste de la logique et le souci d'appliquer les règles le plus strictement possible ^^

    Au plaisir de te lire !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors là, mille mercis pour cette découverte !!!!!
      Le seul argument que j'avais quant à la modification du terme "Nénuphar" était le "C'est plus simple à écrire que le PH, c'est pour simplifier l'orthographe qui est trop complexe pour les écoliers, blablabla". Et je suis toujours outrée par ce genre de nivellement vers le bas. Mais là, tout de suite, ça me semble beaucoup plus logique, cohérent, et entendable !

      Un très grand merci pour ton commentaire et pour cette information ! :D

      Supprimer
  7. Merci d'avoir posé ces mots sur ma pensée.

    Je pense comme vous que c'est la société qui forge sa langue, pas l'inverse, et que les (r)évolutions doivent se faire en douceur, naturellement et pas sous l'influence de la contrainte.

    Je n'ai pas creusé la question mais savez-vous si des études existent concernant l'état du sexisme dans des pays parlant une langue où le masculin de l'emporte pas sur le féminin ?(au passage, on peut noter qu'une langue avec "féminin-masculin-neutre" n'a pas empêché "Kinder-Kirche-Küche" en Allemagne)

    Et quitte à tout féminiser, pourquoi ne pas s'en tenir simplement aux règles de notre belle langue ? Ces féminins en "eurE" sont une abomination !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Nous sommes tout à fait d'accord !

      Malheureusement, je ne sais pas du tout si des études existent à ce sujet. J'imagine que oui, mais je ne peux pas l'affirmer. Je vais faire quelques recherches à ce propos. Et si ce n'est pas encore fait, je crois vraiment qu'il y a ici un suuuuuper sujet de thèse que quelqu'un devrait aborder !

      Merci pour ce commentaire en tout cas !

      Supprimer
  8. Je suis totalement d'accord avec toi. Je suis contre l'écriture inclusive également. Ça engendrerait trop de difficultés. La langue française est une belle langue telle qu'elle, n'allons pas la modifier. Des bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vraiment pour moi le seul argument dans mon article qui est absolument indémontable : L'écriture inclusive est beaucoup trop compliquée pour un usage courant de la langue française.

      Merci pour ton commentaire !

      Supprimer
  9. J'ai exactement le même avis et ça me rassure de voir qu'une femme pense ainsi. Surtout que le masculin n'est pas marqué en français, c'est le féminin qui l'est. Par exemple, "heureux" n'est pas masculin, il est neutre. Et puis, merde, soyons honnête : je ne pourrai jamais lire un livre de 500 pages avec l'écriture inclusive...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis vraiment pas la seule femme à penser de la sorte, heureusement !
      Tout à fait d'accord, il ne faut pas prendre tous les mots pour du 100% masculin.

      Merci pour ton commentaire !

      Supprimer
  10. Bonjour à vous,
    Un jour,j'ai eu une révélation en lisant un article sur le personnel infirmier, qui nommait explicitement les infirmières et les infirmiers. A la fin de la lecture du texte, j'ai réalisé que j'avais dans ma tête des figures de femmes, des travailleuses, des infirmières! Lorsque le texte ne parle que d'infirmiers, je ne me représente que des hommes, alors même que le personnel infirmier est majoritairement féminin. Ceci a été le début d'un travail sur mes représentations et la prise de conscience que ce masculin dit universel effaçait les expériences des femmes... Lorsque l'on me parle d'ouvriers, de députés, de chefs d'entreprise, mes représentations sont masculines, je ne vois pas de femmes dans ce monde-là... Si on me parle d'ouvrières et d'ouvriers, de directions, de député.e.s, les femmes réapparaissent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour,

      Un très grand merci pour votre commentaire très simple mais très intéressant. Votre remarque m'a vraiment frappée, il faut absolument que je vérifie si j'ai le même ressenti la prochaine fois que je lis un texte contenant ce genre de nuances. Merci encore !

      Supprimer
  11. Je suis tout à fait d'accord avec toi !
    Je lutte depuis toujours pour l'égalité des sexes et le respect de tous mais là, ça va ridiculement trop loin. Cela finit par avoir un effet contre productif.
    Merci pour ton article.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On est en effet sur la même longueur d'ondes ;)
      Merci à toi pour ton commentaire !

      Supprimer

Petite explication pour mettre un commentaire :

- Ecrivez dans le cadre dédié à cet usage.
- Choisissez votre profil. Je vous recommande "Anonyme", "Compte Google" ou "Nom/URL".
- Cliquer sur "Publier".

Et le tour est joué ! Merci !

Post Top Ad