14 mars 2017

The Duff

Couverture The DuffThe Duff

Titre : The Duff
Auteure : Kody Keplinger
Editions : Hachette
Pages : 304 pages
Prix : 15,90 €

Résumé :

Bianca n’est peut-être pas la fille la plus jolie, ni la plus populaire du lycée mais elle a d’autres atouts : Deux meilleures copines, un esprit mordant et beaucoup de second degré.
Elle est aussi bien trop maligne pour tomber sous le charme du sexy Wesley, coureur de jupons invétéré et son ennemi juré depuis qu’il la surnomme la D.U.F.F (Dodue, Utile et Franchement Fade).
Jusqu'au jour où elle commence à se demander si ses vraies ennemies ne seraient pas en fait ses amies si jolies, si parfaites et si populaires qui ont fait d’elle leur faire valoir : la copine un peu moche mais bien utile… leur D.U.F.F. ?
Fatiguée d’être toujours reléguée au second plan, Bianca décide de sortir de l’ombre et de se débarrasser de son surnom en menant une véritable révolution contre les impitoyables règles sociales du lycée. Et en croisant sur son chemin un improbable allié…

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier les éditions Hachette pour cet envoi !

On m'avait plusieurs fois parlé de ce livre, du film qui l'accompagnait. J'avais vu des avis élogieux fleurir un peu partout sur le Web, lors de sa sortie VO. J'étais donc très curieuse de voir ce qui pouvait à ce point déchaîner les foules. Au final, j'ai passé un agréable moment de lecture, mais qui ne sera cependant pas mémorable. Explications...

Les personnages sont chouettes, sympathiques. Ils dégagent une atmosphère légère, beaucoup de bonne humeur. Bianca est une ado très clichée de la littérature young-adult : Maladroite, pas forcément sublime, un peu à l'écart, en décalé sur son temps. Elle nous fait sourire, grâce à son terrible sens de la répartie, à son humour, et à sa ténacité. Wesley est lui aussi un personnage-type de ce genre de littérature, le beau-gosse adulé qui se révèle finalement moins con qu'il n'en a l'air. Idem pour les copines de Bianca, ainsi que pour tous les autres personnages, en fait. Ca fonctionne donc, on s'en doute, puisque ça l'a toujours fait. Néanmoins, je dois avouer que je suis un peu lassée de tout cela, et que par conséquent, je n'ai pas réussi à m'attacher à tout ce petit monde trop peu original pour moi...

Le style de l'auteure est frais, moderne, entraînant. Il m'a bien plu. Il correspond tout à fait à l'état d'esprit du bouquin, et permet une lecture fluide, agréable. On s'amuse tout en prenant une bonne leçon de morale, et c'est exactement ce qu'on attend d'un ouvrage comme celui-ci. Les pages défilent sans qu'on s'en rende compte, pour le plus grand plaisir du lecteur. L'écriture est à la fois drôle et intelligente, touchante et divertissante. Elle porte très bien le récit, et en fait une aventure très agréable à découvrir.

Pour ce qui est de l'intrigue, je vais être honnête : Elle ne casse pas trois pattes à un canard. En effet, ici, il n'est pas vraiment question d'originalité, ou d'audace. Tout le schéma du récit est relativement classique de ce genre d'ouvrages : La fille banale, le mec populaire et canon, ils se détestent, ils finissent par s'aimer. C'est gros comme un nez au milieu de la figure. J'avoue que j'aurais aimé, pour un livre aussi vanté, un peu de démarcation, quelque chose de différent. Du coup, j'ai été un peu déçue. Ceci mis à part, j'ai passé un bon moment de lecture, c'est certain. Il y a beaucoup d'énergie dans ce bouquin, très communicative. De ce fait, inévitablement, on se trouve embarqué dans une histoire pétillante, qui nous fait jouir d'un moment de détente très agréable. Après, vous dire que j'ai été subjuguée par le charme de ce texte serait vous mentir. Bien que réussi et appréciable, ce roman manque à mon goût de nouveauté. Il y a du potentiel, mais j'aurais aimé qu'il soit davantage exploité. Je n'ai pas été marquée par ma lecture, qui n'a pas "changé" quelque chose en moi, comme j'aime voir un livre le faire. Ma chronique est assez délicate à exprimer, parce qu'en fait, ce n'est pas que je n'ai pas aimé cet ouvrage, mais ce n'est pas non plus que je l'ai aimé. Il est simplement banal, classique, et c'est à la fois un avantage et un inconvénient, puisque c'est une valeur sûre, et qui fonctionne toujours et encore, mais aussi du vu et revu, dont on peut se lasser. De fait, vous pouvez aussi bien adorer ce roman que le détester. C'est LE type de livre à la qualité subjective par excellence. En ce qui concerne le schéma narratif lui-même, c'est cohérent, c'est rythmé. Il y a des péripéties, des revirements de situation, une morale. Bon, pour le suspense, bien entendu, il n'est pas immense : On comprend très rapidement comment l'histoire va tourner, il n'y pas grande surprise, même si on est toujours amusé/touché de suivre les aventures des personnages. Je dois admettre que j'ai eu du mal avec les relations qui liaient ces derniers : Effectivement, elles m'ont semblé plutôt superficielles, pas forcément approfondies comme elles auraient pu l'être. De même pour les divers sujets de société abordés au travers des pages, ainsi que pour les thèmes plus classiques comme l'amitié, l'amour, la famille... On a une mise en scène de valeurs certes intéressante, un engagement palpable, mais on aurait pu aller encore plus loin. Pour un ouvrage si reconnu, j'en attendais beaucoup plus. Globalement, ce livre a été sympathique, mais sans plus. En fait, il m'embête, car je n'ai pas vraiment d'arguments pour le critiquer, puisqu'il reste dans un bon modèle de réussite. Mais c'est justement ça, le problème : Il reste trop dans ce modèle de réussite qu'on voit partout.

La fin est à l'image du reste du récit : Chouette, mais classique, attendue. Oui, on sort du livre avec une morale, mais elle reste très habituelle à ce type d'ouvrage. Il n'y a pas de petite étincelle qui ferait la différence, vous comprenez ? C'est un roman qui bouge, en un sens. Mais dans un autre sens, c'est un roman qui est très linéaire : Il ne m'a jamais surprise, alors que c'était exactement ce que j'espérais qu'il fasse. Donc, oui, c'est une belle fin, oui, c'est bien écrit, oui, c'est un beau message. Tout cela est indéniable. Mais il manquait quelque chose, qui aurait fait la différence, un risque, par exemple. Ce roman est trop lisse, il ne provoque pas assez, il ne s'aventure pas en terre inconnue, il n'ose pas. Et c'est frustrant pour le lecteur, d'avoir de la qualité clairement sensible, mais de constater qu'elle n'est pas exploitée à sa juste valeur.

Le titre, et le surnom de Bianca par la même occasion, est lui une très belle invention, bien pensée, (Si on se réfère à la VO, du moins) qui permet une bonne représentation de l'histoire, et qui provoque une certaine curiosité chez le lecteur (surtout anglophone). Bon, par contre, pour la couverture, je dois admettre que je ne suis vraiment pas fan de cette affiche du film (Grossière adaptation cinématographique typiquement américaine d'ailleurs, je vous le déconseille, navrée). C'est trop flashy, trop criard, et un peu cheap, malheureusement.

Bon, au final, vous aurez compris que ce roman m'a déçue. Même s'il est de qualité, il est beaucoup trop sage, alors qu'il aurait largement matière à tenter sa chance hors des sentiers battus. Cela en fait un roman parmi tant d'autres, alors qu'il pourrait faire beaucoup mieux, j'en suis convaincue. Si vous aimes les histoires détentes, bien écrites, classiques de la Littérature YA, ce roman vous enchantera. En revanche, si, comme moi, vous cherchez le petit truc qui fera mouche, vous risquez d'être aussi déçu que moi. A vous de voir, donc !

J'ai été déçue...

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

     

Livre reçu grâce aux éditions Hachette et au site Lecture Academy. Merci à eux !

9 mars 2017

La guerre sur le porte-bagages - 1940

Résultat de recherche d'images pour "la guerre sur le porte-bagages"La guerre sur le porte-bagages -1940

Titre : La guerre sur le porte-bagages - 1940
Auteur : Didier Dufresne
Editions : Oskar
Année de parution : 2015
Pages : 124 pages
Prix : 9,95 €

Résumé :

Juin 1940, l’armée allemande bombarde les environs de Troyes. Marguerite Comparot, 14 ans, voit sa ville traversée par les populations fuyant l’avancée ennemie. Comme des millions de Français, Marguerite et sa famille choisissent l’Exode. Commence alors un périple de plus de 400 kilomètres en vélo sur des routes encombrées de millions de réfugiés. Pour Marguerite, la route jusqu’à Aubusson dans la Creuse, sera longue, semée d’embûches, mais pleine de surprises...

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Angélique et les éditions Oskar pour ce bel envoi !

Si vous suivez le blog depuis un petit moment, vous connaissez ma curiosité insatiable à propos de tout ce qui a trait à la Seconde Guerre Mondiale. Aussi, lorsque j'eus l'occasion de découvrir ce court récit historique, basé sur des faits réels, je n'ai pas hésité une seule seconde, et je ne le regrette absolument pas.

Les personnages, ou plutôt les héros, puisqu'ils ont tous réellement existé, ont tous quelque chose de très attachant. La narratrice, Marguerite, est une adolescente solaire, très généreuse, solidaire, et simple. Elle est surtout très humaine, authentique, à l'image de toute sa famille, en fait. En effet, ses parents, oncle, tante, cousine, frères, sont toutes et tous des personnes relativement classiques, et pour une fois, cela ne pose aucun problème d'ennui à la lecture : Le simple fait de savoir que tout ce petit monde a bien été réel sm
Comme souvent dans les témoignages rédigés par une personne autre que le témoin, le style est très neutre, pas vraiment stylisé, justement, tout juste romancé. Et c'est parfait. La forme laisse toute la place au fond, et c'est ce qu'il y a de plus agréable pour bien apprécier la lecture. L'auteur s'efface humblement pour permettre à la famille Comparot d'être pratiquement le seul et unique intérêt notable de ce livre, et c'est clairement la meilleure recette possible pour ce genre d'ouvrages. Toutefois, l'écriture veille bien entendu à rester fluide et prenante, ce qui, une nouvelle fois, me permet d'affirmer que ce bouquin est très bien écrit.

Je vous l'ai déjà dit, ce récit se base sur une réelle histoire de famille, bel et bien vécue durant la Seconde Guerre Mondiale. De ce fait, je ne vais bien m'entendu pas vous donner mon avis sur l'intérêt de "l'intrigue" ; on n'a encore jamais vu quelqu'un juger la pertinence de la vie d'autrui. (Du moins, quelqu'un de sensé, ce que j'espère être) En revanche, ce que j'ai à vous dire, c'est que son originalité le rend d'emblée très pertinent à lire. Effectivement, l'exode est loin d'être la face de la Seconde Guerre Mondiale qui soit la plus abordée dans la Littérature, et surtout dans la Littérature jeunesse, bien que très importante dans la période. Grâce à ce témoignage, il est enfin possible de se rendre un peu compte de la violence de ces départs, d'un point de vue sentimental. Tout quitter, du jour au lendemain, quasiment sans bagages, partir sans savoir exactement où aller, et surtout, sans se retourner ; il s'agit d'une expérience très singulière dont l'existence est, à mon sens, fondamental à connaître. Les émotions de la famille sont très bien véhiculées, permettant au lecteur de se sentir sincèrement touché par cette aventure. Ce récit occasionne alors une forte prise de conscience, à la fois d'un point de vue plutôt historique, et d'un point de vue plutôt sentimental, en lien avec la matérialité parfois ridicule de notre société actuelle. Ce texte, c'est aussi une magnifique preuve de solidarité, d'entraide. La confiance et le soutien dont parviennent à faire preuve certains Français en ces temps de guerre sont puissants, et rappellent des valeurs trop souvent oubliées. Bien sûr, ce bouquin, c'est aussi une histoire de détermination, de force, de courage. Malgré la situation très précaire dans laquelle évolue les personnages, ils réussissent à s'en tirer grâce à l'amour qui unit cette famille qu'on tente de briser, et là encore, c'est un très beau message qui est délivré, un message vrai, pur, concret. La preuve qu'il n'y parfois pas besoin d'aller chercher très loin ou d'inventer tout et n'importe quoi pour réussir à captiver et marquer un lecteur... Par ailleurs, un des autres grands atouts de ce livre est de comporter, à la fin, un dossier contenant diverses photos de la famille Comparot, ainsi que des différents lieux qu'ils ont pu connaître au cours de leur exode. C'est peut-être un peu anecdotique, mais pour ma part, je trouve qu'il n'y a rien de mieux pour pleinement vivre la lecture. Bref, c'est un très beau témoignage, utile, juste, et enrichissant.

Le titre me plaît beaucoup, je trouve qu'en plus de bien refléter le contenu, il a quelque chose de poétique, faisant de la guerre quelque chose de presque trivial, léger, pour un effet des plus intéressants. De même pour la couverture, très classique, mais pourtant forte, car symbolique, et surtout saisissante, du fait de la présence du visage de Marguerite, la jeune narratrice.

En conclusion, je vous conseille vivement de vous pencher sur cet ouvrage, qui mérite d'être lu. Cette collection prouve une nouvelle fois sa pertinence, sa justesse et sa richesse, grâce à un texte à la fois différence, authentique et efficace. N'hésitez pas à vous pencher sur cette histoire, vous ne le regretterez pas : Vous vous instruirez, et vous serez touché. Pas mal, non ?

J'ai adoré !

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

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Livre reçu grâce aux éditions Oskar. Merci à eux !

7 mars 2017

L'échappée

Couverture L'échappéeL'échappée

Titre : L'échappée
Auteur : Allan Stratton
Edition : Milan (Pages Turners)
Année de parution : 2016
Pages : 252 pages
Prix : 13,90 €

Résumé :

"Comment peut-on ne pas vouloir sortir avec Jason ? il est ultra cool. [...] Jason, pour moi, c'est un rêve qui se réalise."
Hélas pour Leslie, son rêve va vite tourner au cauchemar...
Jason, le nouveau qui attire tous les regards, n'est pas le garçon bien qu'il paraît être. Lentement, il tisse sa toile autour d'elle.
Pour qu'elle ne puisse plus s'échapper. Pour qu'elle lui appartienne.
Corps et âme.

Mon opinion personnelle :

Je commence par remercier Céleste et les éditions Milan pour cet envoi percutant !

Ce roman m'a immédiatement intriguée, compte tenu de son résumé sombre et pourtant séduisant. Je sentais qu'il y avait quelque chose de très intéressant à exploiter entre ses pages, et j'ai eu raison sur ce point. Toutefois, je dois admettre avoir tout de même été assez déçue par la façon dont cela a été mis en scène...

J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages. La narratrice, Leslie, est une adolescente qu'on pourrait simplement qualifier de détestable. Capricieuse, prétentieuse, provocatrice, elle possède en plus un côté peste qu'il est difficile d'occulter. Du coup, par la suite, lorsqu'elle se révèle en danger, mais aveuglée et naïve, on ne parvient pas à s'émouvoir de sa situation ; au contraire, on est plus agacé par son stoïcisme, ce qui altère la qualité du message qu'on souhaite faire passer. En ce qui concerne le personnage de Jason, là encore, j'ai été déçue : Je l'ai trouvé plus grossier que crédible, presque trop caricaturé pour être vraiment inquiétant. Et c'est un problème récurrent, avec les personnages secondaires de ce roman. Pour moi, tous les personnages manquent cruellement de profondeur, ce qui est en quelque sorte du gâchis, quand on voit l'importance du sujet traité... Dommage, vraiment.

Le style de l'auteur est bon, mais là encore, je ne suis pas totalement satisfaite. Certes, il est fluide, il est efficace, il se lit bien, mais une nouvelle fois, j'insiste : Pour un sujet comme celui-ci, j'aurais aimé davantage. Je ne voulais pas simplement être intéressée, je voulais être bouleversée. A mon sens, l'auteur n'est pas parvenu à nous rapprocher suffisamment de ses personnages ; on se sent trop spectateur de l'intrigue, et pas assez acteur. Je dois admettre que j'avais du mal à me sentir concernée, à être touchée. L'écriture reste selon moi trop en surface, s'éloignant de la gravité du thème abordé pour proposer un résultat manquant d'authenticité et de réalisme. Toutefois, mon côté féministe tient à relever le fait que l'auteur soit un homme. Je ne sais pas pour vous, mais qu'un homme prenne le temps d'écrire un roman sur le viol et la perversité adolescents, je trouve ça très bien, car pas forcément fréquent.

Venons-en à l'intrigue. Une énième fois, je vais vous dire que mon ressenti est assez mitigé. Cependant, je tiens à préciser que là, bien que divisé, mon avis tend davantage vers le positif que le négatif. En effet, il est déjà très pertinent de mettre en scène pareille intrigue. Et puis, je ne peux pas dire que c'est vraiment mal fait. On aurait pu avoir mieux, mais on aurait aussi pu avoir bien pire. Il faut une certaine forme de courage pour se lancer dans un ouvrage pareil, qui représente certains risques. Il faut aussi parvenir à ne pas tomber dans le ridicule, dans le trop glauque, dans le drama... Bref, tout est question d'équilibre, et celui-ci est difficile à trouver, j'en conviens. Ce qui excuse probablement la déception que représente principalement cette lecture. En terme de rythme, j'ai trouvé qu'on était plutôt face à quelque chose de bien, qui prend le temps d'instaurer les choses, sans les brusquer, qui n'ennuie pas le lecteur, à aucun moment. Donc, globalement, l'histoire en elle-même bien réussie. Bien sûr, des choses auraient pu être améliorées : Les relations entre les personnages, notamment, auraient pu être approfondies, qu'elles soient amoureuses, amicales, ou familiales. C'est un peu le problème général de ce bouquin : Il fait bien les choses, alors que je suis persuadée qu'il aurait largement le potentiel pour très bien les faire. Un autre pilier de ma déception que je souhaite mentionner : Du début jusqu'à la fin, dans un livre sur le viol, l'auteur reste dans la suggestion. Oui, il est important de préserver une certaine pudeur, oui, il ne faut pas tomber dans l'archi-cru pour ne pas trop choquer. Mais à mes yeux, cela n'empêche pas d'appeler un chat un chat, du moins, un peu plus que ce qui est ici fait. L'atout de la fiction, c'est justement qu'elle n'existe pas, ou en tout cas pas avec ces noms, ces lieux, ces gestes précis. De ce fait, je pense qu'elle permet d'oser un peu plus, d'aller plus loin pour frapper, bouleverser, sans craindre de tomber dans le voyeurisme. Ici, j'ai trouvé que l'auteur restait trop en retrait, qu'il y avait trop de retenue pour un livre qui aurait au contraire besoin de quelque chose de cinglant, sans être vulgaire évidemment. Le message aurait pu être encore plus retentissant si l'auteur était allé encore plus loin dans la "provocation" au sein de la littérature jeunesse. Il en est de même pour l'aspect psychologique de l'ouvrage ; tout ce qui concerne l'emprise et la pression qu'exerce Jason sur Leslie. De nouveau, on aurait pu aller encore plus loin, pousser le vice jusqu'à ce que le lecteur lui-même perde ses repères, et ne sache plus à qui faire confiance. J'aurais aimé que l'auteur se joue de moi comme Jason se joue de Leslie, que la perversité soit menée encore plus loin. Bref, j'étais prête à être totalement torturée par ce livre, et malheureusement, ça n'a pas été le cas.

Sans surprise, la chute m'a à moitié convaincue. Il y a de bons éléments, c'est certain, mais il y a aussi et surtout beaucoup trop de facilité dans la résolution des divers problèmes du récit. Tout s'accélère et tout est miraculeusement arrangé. Dans un sens, ça m'arrangeait, car j'avais, je l'avoue, hâte de terminer, mais dans un autre, c'est vraiment dommage, car une nouvelle fois, nous avons la preuve que l'auteur reste trop en surface pour cette histoire qui mériterait davantage de profondeur. Mais ce qui m'a surtout gênée, c'est Leslie : L'auteur ne s'attarde pratiquement pas sur les séquelles d'un tel traumatisme, d'un piège si glaçant. On a presque l'impression qu'elle s'est simplement foulée la cheville. La reconstruction de l'adolescente aurait mérité quelques pages, voire chapitres, en plus. Pour moi, c'est aussi important à mettre en scène que le-dit traumatisme. Cependant, certains points de cette fin sont très pertinents, et offrent au lecteur une belle morale à retenir, tout en lui insufflant une précieuse bouffée d'espoir, ce qui me permet de vous dire qu'il s'agit tout de même d'une lecture nécessaire.

En conclusion, vous l'aurez saisi, c'est évidemment principalement un amer goût de déception que je retiens de cette lecture. Néanmoins, je salue l'initiative de l'auteur, qui reste, elle, importante. Peut-être en attendais-je beaucoup trop de la part de ce roman, c'est loin d'être impossible. Peut-être que vous, vous ne serez pas déçu, si vous êtes prévenu. Car malgré tout, il reste un livre fort, pertinent, assez réussi, et surtout, un livre qui a quelque chose d'important à vous dire. Alors, si le résumé vous tentait, donnez-lui sa chance, peut-être serez vous touché !

♥♥
Déception...

Livre se trouvant dans ma propre bibliothèque.

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Livre reçu grâce aux éditions Milan. Merci à eux !